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Le cancre d’Amérique

texte et illustrations Pierre Sénéchal

J’ai choisi aujourd’hui de vous entretenir d’une espèce en voie d’expansion. Et j’ai nommé : « Le cancre d’Amérique ». Une drôle de créature en proie aux dérives populistes et démagogues, qui se nourrit de préjugés, d’informations approximatives qui s’articulent avec une bonne dose de haine, de peur, de mauvaise foi et de raccourcis intellectuels.
Ils ont toujours été présents, mais beaucoup plus discrets, peut-être en moins grand nombre. Par contre, la technologie leur a fourni un habitat naturel prospère, un éden où ils peuvent se rencontrer, se nourrir et se multiplier… INTERNET ! ! !
Cette plateforme a, dans la dernière décennie, contribué à la prolifération de cette espèce nuisible qui peut maintenant afficher fièrement son opinion sur tous les sujets, souvent de façon médiocre, mais parfois d’une façon plus inquiétante, par la haine, la menace et l’intimidation… Parler du cancre d’Amérique, c’est aussi parler de la dégradation de la paix sociale et de l’impact négatif qu’ils ont sur la société en général. Polarisation des débats, pensée manichéenne, absence de réflexion au mépris de la vérité, des faits et du respect de l’autre. L’immense « habitat » d’Internet et des médias sociaux offre donc aux cancres (dont la caste informatique est généralement qualifiée de trolls) l’opportunité d’afficher fièrement leur ignorance.

UNE ESPÈCE NUISIBLE
Cette montée de l’intolérance, de la haine et de l’altération des faits par les cancres d’Amérique crée un climat toxique propice à la division ainsi qu’à la normalisation du mensonge, de la grossièreté et de l’incompétence. Ce climat contribue même à l’élection de cancres en chef dans des systèmes démocratiques avec des conséquences désastreuses. Parce que s’il y a une chose que le cancre d’Amérique ne néglige pas de faire… c’est de voter. Et ces présidents médiocres ne négligeront pas de nourrir leurs régiments de cancres. Je reviens à la citation de Zappa qui en guise d’introduction fait figure de prophétie. J’avoue être hanté par cette réflexion. Il y a quelque chose de profondément désespérant dans toute cette faillite éthique et sociale que rien ne semble pouvoir éradiquer.

« Ne méprisez pas l’ignorance, c’est ce qui fait la grandeur de l’Amérique ».

Frank Zappa

ANTIDOTE ET GESTION DE L’ESPÈCE
Pour gérer et contrôler la propagation d’une espèce nuisible en expansion, il faut adopter des stratégies gagnantes et surtout se ramener à une certaine rigueur basée sur un principe tout simple : le respect. Vous avez compris que le cancre d’Amérique n’est pas une espèce au sens propre, mais bien plus un état d’esprit. Du territoire confortable qu’il occupe présentement sans nuance tout en noir et blanc, le cancre d’Amérique doit être ramené dans un endroit où il fera beaucoup moins de dégât : la zone grise… Un endroit qui requiert des attributs tels que le respect, l’intellect, l’humanisme, l’introspection, entre autres, pour survivre. Voilà clairement un appel à la réflexion, un retour au gros bon sens. Une prise de conscience, de l’importance capitale de l’éducation, de l’instruction et du retour de hauts standards éthiques et moraux ; antidotes efficaces à l’ignorance et à la malveillance. À ce jour, on n’a rien trouvé de mieux.
Incapable de résister à l’envie de vous laisser sur une autre réflexion du formidable Frank Zappa qui disait que « L’esprit, c’est comme un parachute, si tu ne l’ouvres pas, tu t’écrases ».À cela, j’ajouterais que le cerveau est un muscle et que comme tous les autres muscles, il demande de l’entraînement.

À propos Marie-Amélie Dubé

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