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Le Bouc et le Taureau, ou la fable d’une rencontre gaie via Grindr

SLAM Tommy Lavoie

Un Bouc en voyage autre terre ; prit gîte sur la longue branche d’un arbre hôtelier. Le retour imminent ; belle semaine derrière lui, celui-ci avait eu du bon temps. Dans ce pré aux odeurs étrangères, de jour ou de soir durant, un Taureau, avait-il aperçu, se dressait fièrement. Trop dégonflé pour l’aborder, le Bouc ne cessait, au loin, de le fixer. À la veille du départ ; une fois le jour voilé, étonnamment d’audace il fut cramponné. Il se surprit donc à l’apostropher.

« Maintenant ! ? », chevrota-t-il perché dans son feuillu. L’oreille du Taureau se dressa ; appel réussi, il ne lui en fallut pas plus. Exhalation pour mieux humer, le nouveau venu flairé mit en émoi le Taureau déjà excité.

« Approche-toi ! », lui dit-il de but en blanc. Bien que confortablement niché, mais encore plus en appétit, le Bouc bondit de ses draps et sautilla vers cet animal intriguant. Naturellement, il s’égara en quête de son chemin. Celui-ci zigzaguant plus facilement en montagne que dans un champ.

Couché dans sa natte de joncs et de pailles jaunes entrelacés ; le Taureau nu attendait le petit invité. Préséance à leur instinct animal et faisant fi tous deux d’un autre ménage, ils gambadèrent sur place dans un vif plaisir ; attisés par leurs effluves respectifs. L’émanation du moment les séduit, mais le Bouc dut regagner son lit. Dans un dernier saut ; il s’éloigna. D’un dernier pivot ; un dernier regard il jeta. À reculons, il quitta son nouvel ami ; imprégné de son odeur tout comme de lui.

Pendant deux saisons, de brefs clins d’oeil s’échangèrent, avant de folâtrer de nouveau dans une autre clairière. Sur un matelas à même le sol posé ; prit naissance un amour inespéré. C’est ainsi que le Taureau fréquemment en déplacement, chez le Bouc, de plus en plus s’arrêta. Depuis, nos deux bêtes s’embrassent et s’enlacent accélérant ou repliant la trotte du temps. À l’heure présente, la route leur importe peu, sachant que sous le même toit, bientôt, ils feront chez eux. De beaux et vieux jours s’y dessineront ; une alliance à la clé pour le tout couronné.

Du charisme et de la force de l’un ; l’autre nourrit sa faim. De la folie et de l’agilité du second ; le premier étanche sa soif. Le Bovin et le Caprin offrant le meilleur bienveillamment ; deux amoureux se chérissant mutuellement. Dans cette relation entre deux bêtes cornues différemment ; nul n’aurait prédit qu’ils grandiraient conjointement.

Croyez-moi, mes amis, quand je dis qu’il est possible pour un Taureau de grimper aux branches et pour un Bouc de charger le vent. Ainsi voit-on la vie, lorsque convaincus d’être à jamais unis.

À propos Marie-Amélie Dubé

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