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L’apologie de la lenteur

par Line Petitclerc

 

Nombreux sont ceux qui vivent à toute allure, sans s’arrêter, comme dans une course folle contre les obligations de la vie. Pourtant, ajouter à son agenda des moments pour ne rien faire ou même pour faire des activités dites « lentes » pourrait s’avérer plus bénéfique que vous ne le pensez.

J’ai découvert les bienfaits de la lenteur par la méditation en pleine conscience et le yoga traditionnel. Au début, ces disciplines peuvent paraître ésotériques, hermétiques et déstabilisantes. Mais prendre le temps d’être juste là, dans le moment présent, et de renouer avec les sensations simples de son corps, tout en étant en pleine conscience, est une expérience apaisante. La lenteur change notre perception du temps et arrive à nous sortir de la frénésie quotidienne créée par nos emplois du temps trop chargés. Je me souviens encore comment j’étais surprise et déstabilisée dans mes premiers cours de yoga, mais je continuais d’y aller, car je voyais le bien que cela me faisait. Peu à peu, je me suis mise à avoir une pratique quotidienne. Cela a tellement modifié ma vie que je suis devenue professeure de yoga. Le yoga que j’enseigne n’est pas celui qui est en vogue depuis une dizaine d’années. Il n’est pas fitness ou acrobatique. Ce n’est pas un yoga qui répond à cette demande de résultats rapides et de sensations fortes qui va avec nos styles de vie intenses. C’est justement par son décalage avec la vie quotidienne et sa lenteur qu’il impacte profondément le corps et l’esprit tout en permettant de développer force et souplesse. Car quand on prend le temps, on respire mieux, on est plus précis dans les postures et l’on en ressent donc davantage les bénéfices. Sur le plan émotionnel, le yoga nous amène vers une meilleure connaissance de soi. On apprend à lâcher prise avec les émotions et les pensées tourbillonnantes, on apprend à devenir patient et tolérant envers soi et, bien sûr, envers les autres. Il n’y a pas de performance ou de compétition, mais un travail sur soi qui permet de saisir nos limites physiques et nos tensions intérieures. Sur le plan physique, le yoga dans la lenteur, mais pas dans le relâchement physique, permet de garder une respiration naturelle et de se concentrer complètement dans les mouvements, de maîtriser avec plus d’acuité les postures et de créer de l’espace et de l’amplitude en nous. C’est le message que j’aimerais passer : une activité lente peut être intense pour les muscles et nous transformer physiquement et intérieurement tout autant. Arrêtons de vouloir aller trop vite et trop fort dans tout ce que nous faisons. Livrons-nous aux douceurs de la lenteur ! Je vous souhaite donc de trouver votre « yoga » à vous !

mai16

À propos Marie-Amélie Dubé

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