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La valorisation d’une main d’oeuvre oubliée

Texte : Marie Genest

On entend souvent l’expression « plein emploi » ou « manque de main d’oeuvre » ces temps-ci et c’est drôle, mais moi ça me fait penser à plein de gens que je croise dans mon quotidien qui aimeraient contribuer et travailler, mais qui sont exclu.se.s du marché du travail pour différentes raisons. Ces personnes sont trop jeunes, trop vieilles, n’ont pas les capacités pour travailler à temps plein, vivent avec des limitations mentales, physiques, etc.

Je comprends et j’apprécie la fierté de travailler, de se sentir autonome, de contribuer à la société. Cette fierté devrait-elle être l’apanage des gens qui ont un emploi à 40 heures par semaine ? Est-ce que toute la population qui vit dans la marge, en dehors de ce que nous définissons comme succès, y est condamnée parce qu’elle n’a pas les capacités pour occuper ces emplois ? Et si la fierté que nous avons à travailler, à gagner notre vie, était accessible à ces oublié.e.s ? Je pense qu’ouvrir le marché du travail, et nos esprits, à des offres d’emploi adaptées à différentes réalités pourraient non seulement aider les entreprises à combler leurs postes vacants, mais aussi faire que ces personnes se sentent valorisées. Savez-vous ce qui arrive quand on se sent valorisé.e ? On est plus heureux.se, moins malade, plus généreux.se, plus indépendant.e et sociable à la fois, bref on coûte moins cher à la société.

Mais le hic, voyez-vous, est que travailler à temps partiel est vu comme de la paresse ou de l’incapacité. Les personnes qui par choix ou non, travaillent moins, sont souvent jugées, ostracisées même. Et si vous n’avez pas travaillé depuis un bon bout de temps, vous avez commencé à penser que vous valez moins que les autres, que vous ne méritez pas d’avoir du travail, vous vous êtes fait.e à l’idée que vous devrez être payé.e pour rester chez vous et être malheureux.se pour le reste de votre vie. Félix Leclerc le dit si bien dans une chanson : « La meilleure façon de tuer un homme, c’est de le payer à ne rien faire ».

Je me doute bien que de mettre un programme provincial ou fédéral en place pour supporter les entreprises qui voudraient faire de tels changements ne se réalisera pas du jour au lendemain. Les gouvernements sont de grosses machines qui prennent du temps à bouger, mais il me semble que ça vaudrait la peine pour une fois.

Arrêtons déjà de pénaliser les gens qui veulent travailler en leur assurant un revenu décent, au-delà de ce qu’il.elle.s pourront gagner comme salaire. Arrêtons de considérer les personnes âgées, les gens en situation de pauvreté, les personnes vivant avec des limitations mentales et/ou physiques, comme moindres parce qu’il.elle.s n’ont pas les mêmes capacités. Il.elle.s ont quelque chose à offrir d’aussi utile que n’importe qui d’autre, il.elle.s peuvent contribuer à leur façon à faire de notre société un milieu de vie respectueux, inclusif ET prospère ! Parce que la pauvreté et la misère, c’est bon pour personne.

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