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La ruralité autrement

texte Priscilla Winling

 

 

Je me souviens bien de la fin de semaine du 21 janvier 2018. Je peux même vous dire où j’étais, avec qui, et ce que je faisais. De la température qu’il faisait aussi. Je me souviens que, sur le chemin vers Saint- Cyprien, j’ai vu ma première poudrerie. Que j’ai compris pourquoi ça pouvait être dangereux, la nuit surtout. Et à quel point j’ai trouvé ça magique. Et cinématographique. C’est à cause du cinéma que Céline, Anouk et moi nous retrouvions là. Étudiantes françaises en réalisation documentaire à l’École des métiers du cinéma et de la vidéo, nous constituions l’équipe technique jumelée à la gang rassemblée autour de Zach Ouellet, jeune scénariste de 15 ans. Il participait au concours Ville et villages en images, du festival Vues dans la tête de… Son projet avait été retenu. L’équipe technique dont j’étais la réalisatrice était là pour collaborer avec lui et produire un film. Il allait être projeté trois semaines plus tard, au Cinéma Princesse. C’est son histoire, un court métrage dramatique sur les conséquences de l’intimidation scolaire, qui se tournait cette fin de semaine de l’hiver 2018. J’avais passé le samedi après-midi et soir dehors, à moins vingt degrés Celsius, à tourner une scène de poursuite et d’accident de circulation.

 

 

C’était mon premier hiver au Québec. J’ai découvert Saint-Cyprien, son école, sa maison des jeunes, son aréna. L’implication de ses habitants aussi, de la famille des jeunes comédiens avec qui nous tournions à l’hospitalité chaleureuse du maire et de sa conjointe qui nous avaient logées, en passant par l’animateur de la maison des jeunes, toujours présent, attentif à nous aider pour ces mille petits détails qui s’accumulent et qu’il faut régler pendant un tournage. C’était une expérience intense, beaucoup de travail, de concentration et de rires aussi. J’étais surprise de voir cette vie, ce dynamisme dans un petit village. Il y a une mine culturelle par ici, un patrimoine vivant qui habite le territoire. Ce sont les gens qui le peuplent, avec leurs histoires, leurs initiatives, leurs souvenirs, les lieux qu’ils parcourent et dont pourtant, on découvre (dans mon cas !) ou redécouvre les contours sous un regard différent, tout ça grâce à la rencontre de leur monde et du cinéma. Elle est là, la beauté du concours : l’occasion de porter ces voix, ces histoires sur grand écran. Pour les citoyens impliqués, c’est vivre le cinéma de l’intérieur, le temps d’une fin de semaine. Et d’avoir le plaisir de voir son idée projetée sur la toile d’une salle de cinéma, pendant un festival. C’est faire du cinéma ensemble, et apprendre de chacun. J’ai décidé de m’impliquer à nouveau dans le concours Ville et villages en images, du côté de l’organisation, cette fois-ci. Il reste une semaine avant la fin de la période d’inscription. Vous avez une envie, une idée, une initiative que vous voulez voir sur grand écran ? Écrivez-nous !
Le thème cette année ? L’hiver.
Mon deuxième ici.

À propos Marie-Amélie Dubé

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