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La rumeur des dents

texte Frédérique Menager | Clinique Dentaire Saint-Antonin

Autour des dents, il y a…
Bien souvent un homme.
Il y a aussi des femmes… De plus en plus.
On les appelle les dentistes…
Vous savez, les mal-aimés du milieu médical…
Ceux qui souvent se font accueillir par un tonitruant : « Moi, je vous préviens, je n’aime pas les dentistes ! »
Ceux qui font mal…
En réalité, cette espèce rare, bipède devenu dentiste, est une bonne personne…

Assez pour avoir travaillé très fort pendant sa jeunesse (de nombreuses fins de semaine entre copains furent annulées pour travailler, et de nombreuses soirées étudiantes furent écourtées pour être en forme le lendemain
pour soigner…). Assez pour s’être endetté très fort aussi, pour avoir plein de beaux jouets hi-tech pour bien soigner ses patients selon les dernières données acquises de la science. Est-ce notre faute à nous, les dentistes quarantenaires, si la dentisterie, ces 20 dernières années, a connu une véritable révolution ? Matériaux, techniques, matériel, technologies et exigences de plus en plus pointues… Alors, s’il vous plaît, ne voyez pas dans le dentiste un nanti qui ne pense qu’à vous dévaliser le portefeuille. Car oui, les honoraires sont dispendieux, mais Dieu que les factures sont lourdes ! L’asepsie (pour que les petits microbes disparaissent partout), la radiologie (indispensable, car nos petits yeux ne traversent pas l’os des mâchoires), l’informatique (qui peut s’en passer de nos jours ?), les machines (le laser, la machine-qui-usinetoute- seule-les-couronnes, et bien d’autres), tous les instruments (le fameux miroir et la sonde) et les petits flacons de produits magiques, sans compter les cotisations nombreuses et multiples… Et les cotisations d’employeur le 15 du mois. Et le fameux septembre avec les commandites en plus ! Et… Je continue la liste ?

Derrière la caricature, il y a un homme ou une femme amoureux de son métier et respectueux de ses patients. Les dentistes aiment leur métier car, sans passion et amour, on ne peut supporter longtemps ce dur métier… Les dentistes se contorsionnent toute la journée sur leur fauteuil, donc ont mal au dos. Ils ont des loupes qui leur provoquent des douleurs dans le cou. Ils utilisent des instruments rotatifs bruyants qui les rendent sourds. Ils respirent (malgré le masque et l’aspiration puissante) des effluves de mercure en enlevant tous ces vieux plombages métalliques qui ont provoqué des fissures. C’est pourquoi ils souscrivent des assurances maladie en béton armé, car ils ne savent pas ce qui les attend… Sans amour ni passion, on ne peut continuer à faire de grands sourires à nos patients et à leur parler tranquillement tout en les rassurant quand ils nous font vivre (malgré eux) de grands moments de frustration et de solitude… au quotidien. Que répondrait un médecin de famille devant un adulte qui lui dirait « Docteur, comme je me suis cassé le coude, je veux que vous me le coupiez » ? Le médecin de famille penserait : « Est-il tombé sur la tête en plus du coude ? » Et il dirait : « Mais vous n’y pensez pas ! Une petite broche, un plâtre, et le tour est joué ! Vous gardez votre coude… » Et le coude serait gardé ! Mais la vie, le système de santé et les assurances font que très souvent dans notre pratique, alors que nous pourrions garder la dent, nous l’enlevons. Et cela nous attriste, car nous savons les répercussions sur la bouche et le corps, et la santé du patient.

Sans amour, passion et la conviction d’exercer un beau métier, le dentiste ne pourrait absorber longtemps la souffrance des gens. Personnellement, j’aurais fait un gros bisou à ma dentiste quand elle m’a fait mon traitement de canal… une telle délivrance ! Mais la bienséance m’a retenue ! Appréciez donc votre dentiste à sa juste valeur, faites-lui de beaux sourires même s’il vous manque une dent sur deux. Car le dentiste, lui, il aime la personne autour de ce sourire. Je vais vous expliquer dans les prochains mois ce qu’un ministre de la Santé astucieux, avec les pieds sur terre, ferait pour vos quenottes. Pourquoi une dent n’est pas blanche, pourquoi ce n’est pas « qu’une dent », pourquoi la salive est merveilleuse, pourquoi nous référons pour des traitements orthodontiques, etc. Bref, une petite incursion dans ce monde malaimé, car mal connu, de la dentisterie.

Et pour vous remercier d’être allé au bout de cette introduction, je partage avec vous une belle anecdote vécue il y a peu de temps. Une petite fille de 6 ans, en avance pour ses dents, grimpe sur le fauteuil avec son toutou dans les mains, me regarde et me dit en pointant de son petit doigt potelé une dent : « Aujourd’hui, on soigne une dent de parent. » Une dent de parent ! Eh oui ! Comme il s’agissait d’une dent permanente, dite d’adulte, pour elle, c’était une dent de parent. Un joli moment de bonheur…

À LA PROCHAINE !
Pensez à vous brosser les dents et n’oubliez pas la soie dentaire ! Pensez aussi à renouveler le stock de petites brossettes interdentaires et sortez votre hydro-jet dentaire du placard ! (Je vous assure qu’après quelques utilisations, le miroir de la salle de bain devrait ne pas être trop aspergé… En principe !)

À propos Marie-Amélie Dubé

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