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La musique comme moteur d’épanouissement de la jeunesse

texte et photo Marie-Amélie Dubé

Le Festival-concours de musique de Rivière-du-Loup et de la région du Bas-Saint-Laurent, en sera à sa 13e édition cette année, du 24 au 30 avril. C’est plus de 500 musicien.ne.s de tous âges qui viendront de partout au Québec pour faire vivre leur passion pour la musique dans l’une des 15 catégories du concours. Ils auront la chance de rencontrer un très grand chef d’orchestre irlandais, M. Robert Houlihan, qui sera le président d’honneur de cette édition. Nous avons échangé avec Mme Manon Thériault, présidente et directrice générale du Festival-concours, pour en savoir davantage.

Rumeur du Loup : Depuis combien de temps investis-tu tes énergies dans le Festivalconcours de musique ?
Manon Thériault : J’ai commencé à écrire comment je le voyais en 2004. Je me projetais dans le futur et j’ai couché sur papier une vision sur les 10 premières années. Le Festival a été incorporé en 2006. Pour m’appuyer dans ce projet, j’ai choisi trois personnes courageuses pour former le premier conseil d’administration soit : Marie-Paule Joncas, Carmen Larouche et Réal Chouirnard. En 2007, nous avons eu la première édition. Cette année, nous fêtons la 13e édition du festival, mais pour moi, ça fait plus de 15 ans que je m’y consacre. Maintenant, nous sommes 7 au CA. Avec les années, nous avons ajouté beaucoup de comités qui permettent de bien déléguer les tâches entre diverses personnes, tels que le comité artistique, le comité des bénévoles, le comité de logistique. C’est plus facile ainsi.

R.L. : As-tu des collaborateurs ? Tu ne dois pas tout gérer cela à bout de bras (rires).
M.T. : Mathieu Rivest du Camp musical Saint- Alexandre est impliqué depuis les débuts. C’est un collaborateur précieux. Nous avons la chance de bénéficier de la collaboration inestimable de la formidable équipe du Camp musical, qui par son savoir-faire contribue à notre noble cause en administration, développement durable et logistique. Depuis quelques années, avons la même adjointe administrative (rires). De plus, toutes les inscriptions sont colligées par l’équipe du Camp. Mathieu a offert des bourses et conjointement nous avons ouvert la catégorie des harmonies/stage band pour le primaire et secondaire. Cette dernière a lieu au camp musical puisque les infrastructures sont déjà en place. C’est un grand partenariat qui nous permet de développer conjointement l’engagement et l’attachement de nos participants à nos activités musicales.

La MRC de Rivière-du-Loup est également un partenaire très précieux. Au début, nous avions 59 inscriptions et, l’an dernier, nous étions rendus à 506. C’est un bond magistral qui nous fait prendre conscience que la musique est très vivante et présente au Bas-Saint-Laurent. Il y a quelques années, on nous a approchés pour déplacer le Festival concours en dehors de la région, mais la MRC de Rivière-du-Loup a tout de suite réagi en investissant pour garder l’événement ici. C’est un rendez-vous pour les jeunes chaque année. Notre événement est rendu d’une durée d’une semaine, ce n’est pas rien. Puis, les jeunes arrivent à la Maison de la culture et se voient comme dans un beau château (rires). Année après année, il se crée un sentiment d’appartenance entre les jeunes, ils se revoient et s’informent de l’évolution de leurs comparses. L’an passé, nous avons eu les moyens de nous acheter une bannière pour mettre sur la rue Lafontaine. C’était tellement touchant d’entendre les jeunes dire : « Hé ! Nous avons une bannière ! », comme si c’était à eux, cet événement… Ça en dit long ! Ils s’approprient l’événement. Aussi, l’indispensable soutien des généreux partenaires et donateurs contribue à améliorer la vitalité musicale. Ils sont la mèche qui rend possible l’allumage collectif.

Source : www.roberthoulihan.ie

« J’ai toujours pensé que la musique faisait de meilleurs humains ! »

R.L. : Quelles sont les catégories d’âge et d’instruments ?
M.T. : Nous avons 15 catégories et cela s’adresse aux jeunes musiciens âgés de 5 à 25 ans et jusqu’à 30 ans pour le chant. Nous avons les cordes, le chant classique, la comédie musicale, la création musicale, le piano, la guitare, les percussions à clavier, les vents (les bois et les cuivres), le clavecin, l’orgue classique (d’église), la musique de chambre/ensembles et les harmonies/stage band. Nous avons six organistes et deux clavecinistes cette année. C’est un record dans cette catégorie.

R.L. : Le public est convié à quel moment durant la semaine ?
M.T. : Les citoyen.ne.s peuvent assister à toutes les auditions et formations s’ils veulent, c’est gratuit ! Ils pourront entendre et voir les participants des classes régulières, avancées et festival. Cette dernière permet aux jeunes de vivre une première expérience de scène. Il n’y a pas de concours dans cette section. Ils reçoivent tous une médaille de participation et aiment recevoir les commentaires des juges, mais ne veulent pas être en compétition. Nous avons ajouté cette année, une classe scolairePlus. Celle-ci est réservée aux ensembles scolaires formés dans le cadre de programmes enrichis, mais qui ne font pas partie de l’élite.

Photo : Sébastien Thériault-Deschênes

R.L. : Comment le pointage est-il géré ?
M.T. : Les membres du jury évaluent les jeunes selon leur degré d’apprentissage afin de ne pas pénaliser celui qui a moins d’expérience Exemple : on peut avoir trois jeunes de 12 ans en violon, un.e en première année, un.e en 2e et un.e en 5e. Un.e jeune qui est en première année peut avoir un niveau d’intégration technique plus élevé qu’un.e jeune qui pratique depuis 2 ans. Il se peut que les trois obtiennent une note de 82 % à la fin et aient une médaille de bronze. Ils.elles ne sont pas en compétition l’un.e contre l’autre.

R.L. : Des nouveautés pour cette année ?
M.T. : Oui, nous avons trois membres du jury qui viennent du Conservatoire de Val-d’Or, dont Frédéric St-Pierre, qui a été actif dans le milieu culturel de la région. Ils forment un trio qui se nomme les Eskers. Nous avons décidé de faire un arrêt des auditions le jeudi aprèsmidi à 13 h 30, et ces musiciens présenteront un concert interactif ayant pour objectif de démystifier la performance. Donc, les juges se mettent en danger eux-mêmes et vont jouer devant les jeunes ! (Rires) C’est gratuit, donc tout le monde peut assister à cette première expérience du genre au Festival-concours.

Photo : Sébastien Thériault-Deschênes

R.L. : Vous avez un chef d’orchestre émérite cette année, n’est-ce pas ?
M.T. : Oui, notre président d’honneur sera Robert Houlihan, un grand chef irlandais qui parle couramment 4 langues. Français, allemand, anglais et hongrois ! Il a une feuille de route impressionnante. Il a dirigé plusieurs orchestres à travers le monde, notamment en France, en Hongrie et en Roumanie. Il sera notre juge principal au niveau des harmonies et juge secondaire pendant toutes les autres journées. Nous sommes vraiment très impressionnés qu’il ait accepté de venir participer au Festivalconcours. En plus, c’est sa première visite au Québec. Pouvoir accueillir une personnalité de ce calibre… c’est impressionnant et stimulant pour nos jeunes, mais aussi pour la valorisation et la crédibilité de notre événement.

R.L. : Il y a un gala de clôture aussi ?
M.T. : O ui, c e s era l e 5 mai a u C entre Culturel Berger. Les lauréat.e.s qui se seront distingué.e.s durant la semaine de concours viendront présenter leur pièce. C’est certain que les participants ayant récolté les plus hauts résultats de chacune des catégories seront présentés, mais il y aura aussi les coups de coeur des juges.

R.L. : Dans 5 ans, dans 10 ans, dans 15 ans, où vois-tu l’événement ?
M.T. : Je veux ouvrir l’événement le plus possible à tous les apprenant.e.s. À l’heure actuelle, on n’a pas la musique populaire. Volontairement, je ne l’ai pas ouvert. Parmi mes collègues, on est quatre directeur. rice.s de festivals à faire affaire ensemble : Québec, Sherbrooke et Saguenay–Lac- Saint-Jean. Au Saguenay et à Québec, ils ont ouvert la musique populaire. Ici, au niveau de la musique populaire, il y a déjà beaucoup d’opportunités : le Tremplin de Dégelis, Trois-Pistoles en chansons, Festival en chanson de Petite-Vallée, donc j’attends encore un peu. Mais avant d’ouvrir le créneau de la musique populaire, je vais ouvrir celui du jazz. C’est un créneau beaucoup plus structuré, super intéressant, moins exploité. Développer, c’est intéressant, mais il faut quand même que je puisse avoir assez de bénévoles pour supporter ces nouvelles initiatives. J’ai présentement 90 bénévoles et j’en prends soin. C’est important de ne pas épuiser mon équipe. L’événement se déroule déjà sur une semaine, plus un Concertgala la semaine suivante. C’est exigeant pour une équipe d’être en service durant autant de jours consécutifs. J’écoute beaucoup mes bénévoles, sans eux.elles, le Festival ne serait rien.

Photo : Sébastien Thériault-Deschênes

R.L. : Tes plus beaux souvenirs du Festivalconcours, c’est quoi ?
M.T. : Hum… Un jour, une jeune guitariste m’a dit, en parlant du Concert-gala : « Avant, c’était comme si on était sur du gazon synthétique. Maintenant, c’est comme si on jouait sur du vrai gazon » en faisant référence à la salle Alphonse-Desjardins du Centre Culturel Berger. D’avoir une salle professionnelle pour donner notre Concert-gala, c’est la cerise sur le sundae. Ça marque nos jeunes pour toute leur vie. Puis le jour où j’ai vu arriver un autobus jaune à la Maison de la culture ! Il y a une école qui avait mobilisé 17 jeunes pour venir au Festival ! Ça, j’ai trouvé ça extraordinaire !

R.L. : Qu’est-ce qui t’anime dans ce projet ? Pourquoi le fais-tu ?
M.T. : J ’ai t oujours p ensé q ue l a m usique faisait de meilleurs humains ! J’y crois fondamentalement parce que ça ouvre les horizons. Aider les jeunes à s’épanouir, à développer leur amour de la musique et leur rigueur dans leur pratique, c’est ça qui me stimule.

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