La menace des fêtes

Texte | Max Belisle, préposé au délire

L’automne, les premières neiges, les fêtes qui arrivent, toué chose ! Small talk, check ! Farce à part, ce qui s’en vient à grands pas, c’est les échanges de cadeaux. Source d’excitation pour plusieurs, ceux et celles-ci vivent dans un autre monde que le mien ! Les échanges de cadeaux sont une source plutôt intarissable de soupirs pour ma part. Une seule raison à cet état de fait : je suis un mauvais donneur de cadeaux. On en connaît tous dans notre entourage, des bonnes personnes. Mais systématiquement, chaque cadeau que je donne se « kijije » dans l’heure. C’est moi, ça ! Celui qui te donne exactement l’item que tu possèdes déjà, mais en plus cheap ! Celui à qui tu fournis une liste de ce qui te plairait juste parce que tu le sais ben trop qu’il faut me baliser si on veut éviter une catastrophe malaisante, mais qui opte quand même pour l’extérieur de la boîte et l’échec ! Un mauvais donneur de cadeaux.

C’est pas un mythe, ça existe, c’est clair ; le contraire existe en tout cas ! Il existe des bon·ne·s donneur·euse·s de cadeaux. On les reconnaît ; ils ont des filleul·e·s. On l’a tous vu·e, c’est le·la +1 de l’ami·e d’un·e ami·e chez qui tu soupes. Il·Elle·s se connaissent depuis 10 minutes pis son cadeau d’hôte torche le cadeau de Saint-Valentin que t’as offert à ta blonde ! Ça lit dans les auras ces crisses-là, vous le savez ? Comment il·elle·s font ? Comment tu fais pour deviner qu’un objet X que TU choisis va être complètement débile chez la personne Y ? Ça, c’est en admettant que c’est un objet. Si c’est, disons, des billets de spectacles. Si tu choisis le mauvais show, soit ton cadeau est revendu comme tous les autres, soit tu viens de gâcher une soirée dans son année ! Game over. Je suis jaloux ; voilà, c’est dit ! Je la trouve nice cette convention-là de faire « Tiens, une petite pensée pour toi, matérialisée pis emballée ! » J’aimerais ça la maîtriser, ne serait-ce que pour que mon sourire ne s’accompagne pas de sueur quand vient le temps de l’offrande.

Fait que ça me prend un cours ! Combien faut dépenser ? C’est-tu comme un pourcentage de ton salaire ? Si t’es plein aux as, on s’attend à plus qu’un paquet de gommes, non ? Comment ça se calcule ? Une heure et demie de salaire brut ? Comment ça marche ? Comment l’idéecadeau se trouve ? C’est-tu un flash ? Une épiphanie ? Ça arrive, comme ça, 1 h 30 du matin, t’es dans ton lit, tu t’assois drette comme une barre comme l’Undertaker pis t’écris sur ton cell « Des mitaines en alpaga pour maman »? Ça prend-tu plus de travail que ça ? Passez-vous vos nuits d’insomnie à constamment magasiner en ligne pour vous donner des idées ? C’est-tu à ça que ça sert Pinterest, pis c’est là que je le découvre ? Tsé, la personne que t’as l’impression qu’elle a déjà toute ? Je vous confonds avec, je pense !

« Mais oui, mais Max, faut juste que tu sois plus sensible aux autres pour leur offrir des trucs convenables ! » À ceci, je répondrai : pas mal plus compliqué que ça ! Comprendre ce que les autres ont besoin, c’est pas trop trop compliqué : 90 % du monde, c’est « moins stresser » ! C’est matériellement que ça se complique ! Rendu au 18e snuggie que t’offres en cadeau, le mot se passe, tsé ! Pas pour rien que le minimalisme gagne en popularité : les mauvais·e·s donneur·euse·s de cadeaux !

« De toute façon, on est bien trop matérialiste. Donne de ton temps à la place, offre un événement ! » Pour les événements, disons que la plus-value a pris une drop récemment… ! Pour ce qui est d’offrir mon temps, comment je dirais ben ça… ? Pour que ce soit un cadeau d’offrir mon temps, faudrait que de prime abord, je veuille pas t’en donner pis que je change d’idée juste pour ton cadeau ! Autrement, t’as juste à demander !

« Oui, mais Max, arrête, je suis sur le bord de la crise de panique juste à te lire. C’est l’intention qui compte ! » Ah, ouan ? Comment t’expliques ça à quelqu’un qui essaie de cacher sa déception derrière ses larmes pour le fun ? « Je le sais qu’elles sont 4 fois trop grandes les mitaines en alpaga maman, mais faut pas que t’oublies que moi, dans l’fond, je voulais juste que t’ailles chaud ! Fait que tu vas m’arrêter ça, ces p’tits regards de “kessé j’ai faite au bon yeu”, pis tu vas être contente, OKAY ? ! »

Donc là gang, vous avez quelques semaines pour préparer vos faces ! Vous connaissez la menace. Le fléau du·de la mauvais ·e donneur·euse de cadeau arrive comme chaque année. Vous êtes averti·e·s. Ayez pitié des ces êtres maladroit·e·s, parrainez-en un si vous avez le temps. Mais de grâce, ne devenez pas pire qu’eux et elles ; ne devenez pas un·e mauvais·e receveur·euse de cadeaux !

À propos de Marie-Amélie Dubé

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