La maison familiale rurale : Là où école et communauté travaillent de pair!

Texte | Hubert Cotton
Photo | Sara Dumais-April

Marimaud Morin-Dupras est coordonnatrice du milieu de vie éducatif lié à l’organisme de lutte au décrochage scolaire de la Fondation de la Maison familiale rurale (MFR) du KRTB. Jacques Sansfaçon est agent de développement pour l’école de la MFR du KRTB, rattachée au Centre d’éducation des adultes du Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs. Nous leur avons demandé de nous faire part des pratiques gagnantes de la MFR du KRTB, celles qui contribuent significativement à la réussite scolaire des garçons au CSSFL.

Nous vous proposons un extrait de l’échange éclairant et enthousiasmant auquel nous avons assisté, et qui témoigne de la dynamique de collaboration établie entre l’école, l’organisme et la communauté.

MMD : La structure de la MFR est unique. Deux organisations partenaires, la Fondation de la MFR du KRTB et le Centre de services scolaire du Fleuve-et-des-Lacs, sont impliquées dans l’offre de services. L’organisme administre le milieu de vie éducatif de la résidence étudiante ; le CSSFL est responsable de l’école, de l’enseignement, de l’encadrement des stages et de la diplomation.

JS : La formule d’alternance stage-études unique à la MFR répond à un besoin des jeunes d’apprendre dans l’action. C’est une motivation pour les élèves en situation de décrochage scolaire. Plusieurs présentent des difficultés d’apprentissage ou de comportement et évoluent plus aisément en petit groupe. D’autres souhaitent reprendre l’entreprise familiale. Nos élèves sont des garçons à 88 %. Ils arrivent avec nous entre 15 et 18 ans. À cet âge, il est encore temps de les raccrocher à l’école et de leur redonner le goût d’apprendre !

MMD : Nos élèves sont considérés à très haut risque de décrochage scolaire parce qu’ils présentent plusieurs facteurs de risque sur les plans individuel, familial et social, de même que sur le plan scolaire. Ils peuvent venir d’une famille avec un faible niveau de littératie, ou rencontrer des difficultés dans leur parcours de vie. C’est pour cette raison qu’à la MFR, on va mettre en place une approche globale d’accompagnement. L’école et le milieu de vie vont arrimer leurs interventions et partager un plan de soutien concerté pour chaque élève.

JS : Toute une équipe dévouée va se mobiliser autour des jeunes pour les aider à vivre des réussites : orthopédagogue, intervenant·e, travailleur·euse social·e, conseiller·ère en orientation, conseiller·ère en formation, enseignant·e·s et, bien entendu, la direction. Au-delà des matières scolaires, à l’école comme dans le milieu de vie, on va outiller les élèves pour qu’ils deviennent autonomes, responsables et qu’ils soient en mesure de s’engager dans leur parcours scolaire, tout comme dans leur parcours de vie.

MMD : Le taux de réussite de nos élèves est très élevé. Surtout si l’on considère leur niveau de risque de décrochage et les difficultés vécues. C’est incroyable ! Un taux de 78 % de nos élèves présentent des difficultés d’apprentissage et, à l’inverse, 76 % de nos élèves vont obtenir une première certification ou diplomation, ou vont poursuivre leurs études dans un autre centre de formation après la MFR. Et le taux de placement en emploi est élevé également. Plusieurs d’entre eux vont être engagés directement dans l’entreprise où ils ont évolué en stage, ou vont prendre la relève de l’entreprise familiale.

JS : Notre slogan, c’est « Réussir autrement ». Pour y arriver, la force de la MFR, c’est l’accueil, l’accompagnement et le suivi personnalisé pour chacun de nos élèves. Avec l’équipe professionnelle, les élèves, les maîtres de stage, les organismes partenaires de notre communauté et les parents qu’on implique aussi, on va valoriser leurs forces et leurs compétences pour leur faire vivre des réussites.

MMD : Les parcours sont entièrement individualisés à la MFR. L’école offre trois régimes pédagogiques : le secteur « jeunes », le secteur « adultes », et l’enseignement professionnel. Il n’y a pas de date limite d’inscription ici. Selon les places disponibles, un élève peut arriver avec nous au courant de l’année, n’importe quand, pour éviter un décrochage imminent. Son dossier scolaire, sa situation personnelle et ses besoins sont évalués et un plan de formation individualisé va être élaboré pour permettre à l’élève d’arriver le plus rapidement possible à ses objectifs. Pour certains, c’est rattraper un retard qui s’est creusé entre différentes matières scolaires, c’est aussi obtenir leurs prérequis pour accéder à la formation professionnelle pour compléter un DEP et, ultimement, obtenir aussi leur DES.

JS : L’expérience professionnelle en milieu de stage permet aux élèves d’augmenter leur engagement dans leur parcours. On les rapproche du milieu du travail pour leur permettre de trouver la motivation nécessaire dans leurs matières scolaires. On les met en action. Et ça, c’est grâce à la collaboration précieuse entre l’école, l’organisme, les familles, les entreprises et la communauté. C’est le facteur le plus important du développement et de la réussite éducative de nos jeunes.

MMD : Les parents nous témoignent de la différence qu’on fait dans la vie de leur enfant. Une forte proportion de notre clientèle, élèves comme parents, a vécu une expérience passée négative en lien avec l’école. Certains parents nous confient que leur enfant a maintenant hâte d’aller en classe et d’arriver à la résidence le dimanche soir ! On veut que nos élèves trouvent ici la place qu’ils n’ont pas trouvée ailleurs.

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