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La liberté avant tout : Robert Roussil

Texte Oriane A.-Van Coppenolle, Musée du Bas-Saint-Laurent

Bucheron. Soudeur. Soldat. Artiste. Artiste jusqu’au bout des ongles. Artiste sans concession. Robert Roussil investit la matière, la transforme. Il sculpte, écrit, dessine, modèle, assemble, expérimente. L’exposition interdisciplinaire Robert Roussil, La liberté de l’imagination met en valeur cette création débordante, empreinte d’une liberté contagieuse d’un artiste ayant marqué la sculpture moderne au Québec dans les années cinquante.

Né en 1925 dans un quartier défavorisé de Montréal, il développe dès son jeune âge un intérêt pour les arts. Toutefois, il n’aura la chance de déployer son talent qu’au retour de la guerre où, grâce à un plan de réinsertion, il intègre l’École d’art et de design de la Art Association en 1945. C’est par ses sculptures sur bois qu’il se démarque grâce à son style et au fait qu’il délaisse la figuration pour développer un art abstrait. Bien que ses contemporains soient les instigateurs du Refus global et du mouvement automatiste, Roussil refuse l’idée d’appartenir à un groupe. Cependant, Roussil ne fait partie d’aucun groupe. Il est anarchiste dans sa façon de concevoir la création, qui selon lui ne doit être brimée par aucun cadre.
L’exposition Robert Roussil, La liberté de l’imagination rassemble des oeuvres dont la création s’échelonne entre 1954 et 2011. Présentée de manière non chronologique, elle se divise en thématiques – Big Bang, Germination, Osmoses et Cosmogonie – chacune évoquant une iconographie commune inspirée de la nature. Des artistes du Bas-Saint-Laurent ont été invité.e.s à créer des oeuvres originales et ainsi d’offrir un regard actuel sur la pratique de Roussil. Ainsi, un poète ou une poétesse et un.e auteur.trice ont été jumelé.e.s avec chaque section de l’exposition.

BIG BANG

Tom Jacques et Lysane Picker-Paquin nous invitent dans deux espaces distincts. D’une part, Tom Jacques nous projette dans un univers sonore post Big Bang qui contraste avec les dessins explosifs de Roussil et d’autre part, Lysane Picker-Paquin révèle les critiques sociales de Roussil par une verve enflammée.

GERMINATION

Les Monocytes, groupe composé de Brigitte Lacasse et Olivier D’Amours, ont créé une pièce musicale improvisée où s’entremêlent différentes sonorités inspirées par la thématique. Stéphanie Pelletier s’est quant à elle laissée imprégner par la liberté inhérente dans la création de Roussil en créant une oeuvre picturale où elle a intégré de courtes phrases, de la même manière que le faisait fréquemment Roussil.

OSMOSES

Annie Landreville nous livre un poème à l’image des oeuvres de Roussil d’où émane sensualité et rudesse. Olivier Martin traduit en son la douceur des corps qui se rencontrent, la chaleur qui s’en dégage et la fragilité qui en découle.

COSMOGONIE

Jean-Philippe Chabot, inspiré par le terme Cosmogonie, qui signifie « Ensembles de récits mythiques ou de conjectures scientifiques, cherchant à expliquer l’origine et l’évolution de l’univers », nous livre le récit de la création de Robert Roussil. Le fruit de l’exploration sonore créée par Baomoon, duo composé de Mathieu Stellaire et Bass Baobarbe, nous renvoie aux lignes sinueuses et lumineuses des dessins de Roussil qui s’entremêlent dans un mouvement sans fin.

À propos Marie-Amélie Dubé

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