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La femme, le mouvement, le chaos d’une vie

Rencontre avec Lorraine Ouellet | texte Érica Richard

 

Née en 1935 à Rivière-du-Loup, Lorraine Ouellet fait partie d’une suite de quatre générations de femmes sans hommes, frères, fils, petits-fils ou arrière-petits-fils jusqu’à maintenant ! Une histoire unique de quatre générations de femmes, c’est rare ! Lorraine s’est mariée à l’âge de 21 ans et à 22 ans elle eut sa première fille. Sommairement, elle eut trois enfants dans le court laps de 3 ans et 9 mois ! La vie d’une femme est parsemée de bons et de mauvais moments. En effet, l’éboulis amorçant le chaos de sa vie débute avec le suicide de l’une de ses soeurs, suivi du suicide de son autre petite soeur et du décès insidieux de son enfant aîné de 20 ans face au cancer… « Perdre un enfant, c’est éternel… Voilà le chaos », qu’elle dit. La femme qui porte la vie en soi a une conscience sensibilisée de la vie. Pour Lorraine, le mariage, la maternité, le deuil, le retour aux études sont de grandes étapes imprégnées en elle. Son retour au cégep à 34 ans aboutit avec un diplôme en technique d’assistance sociale. Malheureusement, elle se rend vite compte qu’elle est sous-payée par rapport aux hommes et vivait les autres grandes injustices associées. Alors, elle continue à l’université pour de meilleures conditions et dans l’optique d’améliorer le sort d’autres femmes en besoin.

 

 

Elle commence l’université à 47 ans et sort diplômée d’un baccalauréat en Sciences sociales, option Travail social, à 50 ans. Avec ses études, Lorraine va travailler pour aider les femmes : « C’est important pour moi venant d’une famille vivant des défis. La femme a vécu dans le chaos et l’injustice sociale. Certaines d’entre nous se le cachent. Il est important de trouver de l’aide et de se soutenir entre nous », mentionne-t-elle. « Ce n’est pas toute seule qu’on se sort de situations, c’est en groupe. C’est grâce au réseau et au soutien que j’ai pu réapprendre à vivre et retrouver la joie de vivre. » La solidarité et l’entraide des femmes entre elles sont la clé pour se sortir du chao d’une vie. Un peu plus tard, pour se guérir, Lorraine se réfugie dans la forêt. La nature a été pour elle une sorte de remède inattendu. À 69 ans, elle est la première femme lauréate du prix Productrice forestière du Mérite forestier. Elle s’est construit un camp dans la forêt sans eau ni électricité, seule, pour se ressourcer et cicatriser : « La nature et la rencontre de femmes a été pour moi une forme de guérison. » Comme la vie est en mouvement constant, elle revient à Rivière-du-Loup à l’âge de 78 ans pour se rapprocher de la nature qui, depuis, lui fait tant de bien ainsi que pour la simplicité des gens. Depuis le 26 octobre, à l’âge de 83 ans, Lorraine a maintenant une arrière-petite-fille prénommée Alice, une suite à la génération de femmes.

 

Ce projet fut pour moi grandement agréable ! C’est vraiment intéressant d’apprendre à connaître quelqu’un et son histoire de la naissance jusqu’à présent. J’ai adoré le côté humain de l’expérience. – Érica

À propos Marie-Amélie Dubé

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