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La dyade créative

Texte Marie-Amélie Dubé

Elles sont deux. Deux amies. Deux mères. Deux créatrices. Deux innovatrices.

Elles forment une entreprise : L’atelier – Boutique | Mélusine. Elles sont l’incarnation parfaite pour mettre en lumière l’empreinte réelle du slowpreuneuriat à Rivière-du-Loup. Leur véritable havre de paix et safespace inspirant est situé au 484, rue Lafontaine.

J’ai eu la chance de m’immiscer durant quelques heures au sein de la dyade créative et entreupreunariale composée de Rachel Gagnon et d’Émilie Boucher. Quoi de mieux qu’un roadtrip à Rimouski pour faire la causette sur la route pour ensuite manger et faire un peu de shopping à la galerie Georges-Émile ? Je les ai épiée, un peu jalousement, je l’avoue, afin de comprendre comment s’opère la magie entre ces deux belles humaines.

Nous avons pris le temps de se donner du temps pour nourrir sainement notre collaboration. Résultat : j’ai été témoin de cet étincelle particulière qui les fait briller. Ce lien invisible qui fait que de cette union peut naître un modèle de gestion bicéphale, tout en équilibre. L’une dont la dextérité et la patience font la marque, l’autre dont la mise en espace du beau est la force. Des pieds bien en terre, ancrés, des bras dans les airs, prêts à tout saisir ce qu’il y a de doux, fleuri et inspirant. Pas besoin de mise au point, elles se comprennent, tout va de soi. Rachel et Émilie ont inventé leur quotidien autour de leur passion, de sorte qu’aujourd’hui elles partagent un univers viable et épanouissant. Toutes deux mamans, elles concilient l’horaire à merveille.

Photos dossier : JHA Photographie

Depuis l’ouverture de la boutique, elles ont développé une relation différente avec leur clientèle. « Auparavant on devait prendre rendez-vous avec les clients, se donner rendez-vous et ce n’était pas une logistique simple. Maintenant, ils. elles viennent directement à la boutique. On est plus accessible. » explique Émilie Boucher qui a longtemps tenu l’atelier chez elle.

Les créatrices sont complètement ravies de ce nouvel espace qui est devenu un atelier créatif où leurs intuitions, leurs impulsions et inspirations peuvent s’étaler. Plus qu’une boutique, c’est un lieu d’échanges et de ressourcement pour les artisanes. Une bulle de beauté béante, ouverte à tous ! Le tableau aéré et pur qui leur permet de laisser l’instinct agir de collection en collection. Il est même possible d’y confectionner son propre bijoux et de se nourrir de leurs pastels vibrantes.

La portion boutique, qui inclue d’autres créations d’artisans.nes locaux et québécois.se (le Tenon et la mortaise, Stéphanie Robert, Atelier La Louve, Marie-Eve Dompierre, Atelier MAKE…) insuffle une autre dimension aux activités de Mélusine. « Le fait d’être en contact avec ces oeuvres tous les jours, c’est tellement inspirant ! », explique Émilie, qui a fondé Mélusine il y a 15 ans. Chaque collection est issue d’une étroite collaboration avec une muse. Il s’agit du modus operandi privilégié par les deux artisanes dans leurs créations. Ainsi, chaque thème de collection est influencé et travaillé selon un artiste choisi. Jusqu’à maintenant, la céramiste Marie-Eve Dompierre, l’Atelier la Louve, ébéniste, Nicolas Paquet, documentariste et photographe, Gabrielle Filteau-Chiba, autrice, font partis de leurs co-créateurs.trices.

ENTRE L’ART ET LES AFFAIRES
Concilier la pulsion créative à l’aspect business n’est pas chose simple mais l’expérience démontre qu’écouter son intuition a, jusqu’à maintenant, été bénéfique. « Si je me mets à penser à l’aspect rentabilité et à la business derrière la chose, ça tue mon inspiration. Sans vouloir avoir l’air prétentieuse, on fait de l’art. Notre processus artistique n’est pas régi par la rigueur ou par des cadres strictes. », explique Émilie. « On est toujours à la recherche d’inspiration, on est sensible à tout ce que l’on voit. On a des flash et on se laisse porter par notre sensibilité à telles ou telles images. Ce n’est pas organisé ou soumis à une discipline stricte. », poursuit Rachel.

Évidemment, la rigueur se trouve dans le choix des matériaux qui sont sélectionnés avec soin chez des petits fournisseurs, dont les valeurs sont communes à l’entreprise, et dans l’évaluation des coûts de chaque morceaux acquis. « On fait aussi une évaluation juste des quantités, du moins on essaie, pour ne pas tenir trop d’inventaire et avoir le moins possible d’invendus. Ce qui crée aussi un effet de rareté .», précise Rachel, qui est chargée de cette portion du travail la majorité du temps. La recherche des artistes pour venir en boutique s’opère aussi par coup de coeur. « Parfois on rencontre les créateurs et on le sent tout de suite qu’on est sur la même longueur d’ondes, parfois on les trouve sur Instagram. On leur écrit et ça peut fonctionner. Mais surtout on ne force rien. Ça va de soi. »

Leur double chapeau de créatrices de bijoux et de boutique, leur permet de développer une relation particulière avec les autres boutiques où leurs propres bijoux sont en vente. « C’est inspirant de voir ce qui se fait ailleurs, mais c’est aussi confrontant. Ça nous amène souvent à se remettre en question et à revalider notre modèle et nos créations. » souligne Émilie. Cet aspect de la création est définitivement un point culminant qui rallie le monde des arts et le milieu entrepreneurial. Savoir se démarquer, se renouveler, rester attractif pour nourrir continuellement le besoin de la communauté tout en restant ancré à sa vision. Pas simple n’est-ce pas ?

CRÉATIONS SUR MESURE
Certaines demandes de production sur mesure représentent de réel défi. « Quand les gens viennent nous voir, c’est parce qu’ils veulent du Mélusine, mais il faut trouver comment intégrer notre vision à leur besoin.» Beaucoup de femmes nous font faire leur réparation sur place ou veulent offrir un cadeau à partir d’une pièce ou matériaux qu’ils.elles affectionnent. «Ça nous touche énormément qu’ils aient confiance en nous ! Pis on aime vraiment ça faire ça, car ça nous permet de prolonger la vie de certains bijoux ou de conserver le souvenir d’un être cher ! », explique Rachel.

ÉCOLOGIE DE MARCHÉ
Les créatrices sont conscientes qu’elles évoluent dans un petit marché qui peut se fragiliser rapidement. Elles ont le souci de porter attention aux produits qu’elles entrent en boutique afin de respecter ce qui se fait ailleurs, pour assurer la pérennité des commerces avoisinants de la région.

Nourrir des relations de proximité avec les autres petites entreprises est vital et essentiel pour maintenir cette communauté riche. Investir chez vous, c’est vous, nous, rendre plus riches TOUS. Riches en contacts humains, en collaborations et en ancrage local financier.

LES PIERRES VEILLEUSES
abeille mienne
à l’orée du coeur
sous la lune d’ébène
ose les ailes
onyx

petite reine
douce soleille
lampion de mouvance
battements étincelants
entre monts et miels
flavescents

déploie l’or
et dès l’heure bleue
noue bouquets d’éclats
aux semailles de voeux

agathe aux soies grises
marie scintillance lactée
aux braises de sentiment
aux perles attisées

car la nuit noire vient
et les étincelles réverbères
chatoient l’hiver malachite
vestales et pierres
veilleuses qui
abritent

Collaboration Gabrielle Filteau-Chiba et Mélusine

À propos Marie-Amélie Dubé

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