La densité à tout prix : Et s’il y avait, collectivement, d’autres questions à se poser?

Texte | Marie-Amélie Dubé

Le projet d’aménagement de 120 logements au coeur du centre-ville de Rivière-du-Loup secoue l’opinion publique depuis plusieurs semaines et a donné lieu à plusieurs débats, en ligne et sur la place publique. Il est évidemment important de se pencher sur les options pour densifier le centre-ville tout en répondant aux besoins criants de logements.

Toutefois, avant d’émettre un permis de démolition et de donner les clés du développement d’une ville à n’importe quel promoteur, n’y-a-t-il pas quelques questions à se poser pour évaluer la pertinence d’un projet, même si d’apparence il répond à des impératifs de densité et de logement ?

Voici donc quelques pistes de réflexion que nous pourrions prendre collectivement, comme citoyen·ne·s corporatif·ve·s de Rivière-du-Loup sur les impacts d’une telle implantation.

Quel sera l’impact fiscal des interventions autour des rues environnantes qui sera tributaire du nombre de véhicules qui y circuleront par la suite ? (Travaux nécessaires d’amélioration et d’entretien, amélioration de la capacité des équipements pompiers, baisse de la valeur des propriétés voisines, perte de qualité de vie secteur, etc.)

Est-ce qu’une étude d’impact de la circulation du secteur a été réalisée compte tenu du nombre d’unités de logement et d’offres commerciales prévues. Par ailleurs, nous ne connaissons pas l’impact des activités de la Maison des aînés qui se trouve à proximité.

Quels seront les coûts marginaux, s’il y a dépassement du seuil ?

Avons-nous des simulations visuelles de divers endroits en ville pour comprendre l’impact de ce bâtiment de 9 étages? Par exemple, à partir du Parc de la Croix et de la future passerelle. Ou encore le long de la rue Lafontaine, du boulevard Hôtel-de-ville, et du parc des chutes, etc.

Quelles sont les mesures prévues pour combattre les îlots de chaleur ?

Quels seront les efforts en matière de construction carboneutre ou zéro émission ?

Avons-nous évalué la perte d’intimité du voisinage en raison des balcons en hauteur ? Est-ce que le fait de briser la trame urbaine en reculant le bâtiment va permettre de respecter l’intimité du voisinage ?

Avons-nous évalué les effets environnants de ce type de bâtiments au niveau de la vélocité des vents et du potentiel de création de couloir de vent ? Est-ce que cela pourrait occasionner une perte d’ensoleillement ou de canopée pour le voisinage ?

Est-ce que les occupant·e·s envisagé·e·s envisagés sont la bonne clientèle pour ce secteur de la ville ? Vont-iels se plaindre de l’activité au centre-ville, par exemple des bruits des bars et des terrasses, des événements et autres, puisque le son sera très bien perçu aux étages.

Y-a-t-il une étude de marché qui a été réalisée pour déterminer le besoin détaillé du nombre de logements, par exemple pour déterminer le nombre de pièces, le prix, les accès avec ou sans automobiles et pour combien d’automobiles ? Ou alors pour le potentiel commercial réel en pieds carrés avec le prix des loyers commerciaux. Le nombre de locaux commerciaux disponibles sur la rue Lafontaine, et ailleurs dans la ville, est quand même élevé.

Est-ce que la capacité portante du site a bien été démontrée ? C’est sur le bord d’une falaise et d’une rivière et sur un site créé par remplissage à l’époque.

Est-ce vraiment la bonne densité au bon endroit ? (desserte routière, proximité pôle emplois, services, école pour transport actif sinon trop voitures)

Est-ce que les tarifs de location prévus permettront à toutes et tous d’y avoir accès, de sorte que l’offre soit prévue pour répondre à une diversité de clientèle ?

Est-ce que des mesures innovantes de chauffage et de climatisation, assurant une consommation d’énergie limitée sont plannifiées ?

La traçabilité des matériaux est-elle démontrée ?

L’acceptabilité sociale ne peut pas reposer uniquement sur les gens du quartier, puisque l’impact de ce type de projet sera fera sentir sur toute la ville.

Louperivois·e·s il est de notre / votre devoir d’aller poser ces questions au conseil municipal. Écrivez à vos conseillèr·e·s, à votre maire, osez poser ces questions !

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