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La culture. Un espace de réalisation.

texte Michel Lagacé | photos Imagerie Dubas

Pourquoi doit-on se réjouir d’un renouveau culturel dans la région ? De cette énergie plus visible avec de nouveaux.elles acteur.rice.s, ou d’autres déjà présent.e.s qui s’affirment encore plus, et des manières de faire dans lesquelles s’insinue, en haut de la liste, l’art, et avec lui l’imaginaire dans toutes ces variantes, mais aussi une sensibilité qui gravite autour. Cette sensibilité qui encourage et stimule l’engagement, le communautaire, les nouvelles rencontres, notre rapport aux autres, et même notre rapport à la nourriture. C’est réjouissant parce que ce renouveau devrait rejoindre plus de monde et dynamiser le milieu pour le mieux.

Dans ce renouveau, l’aspect économique est secondaire, même si ce renouveau culturel participe à sa stimulation et à l’achalandage touristique de la région. L’économie domine si souvent le discours : le bla bla… néolibéral.« C’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison ! » pour paraphraser le titre de l’anthologie de Jean-Pierre Boyer (Écosociété, 2018) que je rétrograde ce discours derrière l’épanouissement culturel du public.

Ici, c’est la culture qui s’affirme dans le paysage bas-laurentien et c’est elle, en relation avec un paysage hautement signifiant d’ailleurs encore protégé avec vigilance par ces citoyen.ne.s, qui est le nerf de la guerre, surtout à cette époque où tout est chambardé par le contexte climatique.

De quoi parle-t-on quand on parle de culture ? Comme le soulignait Odile Tremblay à la fin de l’un de ses articles (Le Devoir 11 et 12 mai 2019) « L’art n’est pas une panacée, mais une porte par où s’engouffrent ceux qui ont envie d’élargir leur champ de conscience. C’est peu et c’est énorme. On mise sur lui… ». Ce renouveau culturel est donc une ouverture vers de nouveaux horizons qui sollicitent l’imaginaire de chacun. Il y a de la musique dans L’OEil de la tempête, du cirque entrelacé au théâtre, à la musique dans l’amphithéâtre des conteneurs colorés de La pointe sèche, des visuels inventifs, de grandes signatures (même Borduas) dans les institutions (centres d’art, musées, galeries, cafés) et de nouveaux récits qui circulent pour le plus grand plaisir de tou.te.s, en plus de tout ce que j’oublie dans le contexte estival qui commence au Bas-Saint-Laurent.

C’est l’été, les artistes sortent, propagent leur lumière envoûtante. Après les plages de galets, les terrasses, la descente de rivières, les sentiers pédestres, les marchés de proximité, la visite des îles du fleuve et toutes les autres stimulations estivales que vous ferez, intégrez la culture dans vos plans et bagages. Pour les artistes, comme le conseillait Marcel Duchamp aux artistes de demain : « Prenez le maquis, ne laissez croire à personne que vous êtes en train de travailler. » C’est la meilleure façon d’éblouir.

Durant l’été et même le reste de l’année, quittons nos habitudes convenues, éclatons nos sens, festoyons au rythme de l’art. On se voit, on se rencontre, ensemble dans toutes ces manifestations artistiques. On ne consomme pas la culture, on y participe, et c’est par nous, le public, « monsieur et madame tout le monde », que la culture prend vie. Comme l’écrivait la chercheuse et essayiste belgo-française en communication : « Entre la culture de masse et la culture populaire, il y a toute la distance qui sépare un système fondé sur la subjugation des consciences et un système dans lequel les « masses » cessent d’être les spectateurs soumis d’une représentation contraire à leur intérêt et deviennent le sujet actif d’une expérience culturelle reliée à leur propre projet de libération. »

À propos Marie-Amélie Dubé

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