Juliette

Texte | Louis Bellemare
Illustration | Léa Delignies

D’une auguste beauté,
Émanant la féminité
Elle ne connut que les deniers
Et les SOS d’un terrien en détresse
Jugée et prisée
Elle transcendait l’humanité
S’élevant au simple degré
D’une des plus importantes déesses

Aimée et détestée
Elle ne pouvait s’empêcher
Dans un gain de foi
De jouer avec ses proies
Victimes de ses charmes
Elles finirent par verser quelques larmes

Changeant d’identité,
Oubliant ses papiers
Elle faisait son allonyme,
Puis monnayait son pseudonyme

Profitant le soir
De ses douces machinations
Comptant alors ses avoirs
Gagnés sur exploitation
Rien n’est blanc, rien n’est noir
Tout est dans l’occultation

D’une facette à une autre
D’un endroit à un autre
Elle se faisait remarquer

Par la tristesse de son passage
Qui ne laissait dans son sillage
Qu’une couleur de gris teinté

Misant sur son hypocrisie
Elle vivait la tragédie
Criait à la folie
Et jouait la comédie

Plus tard dans la nuit
Elle ferait sa poète
Mais aujourd’hui
Elle se nommait Juliette

En effet, elle lança l’arnaque
D’une pratique aphrodisiaque
La dernière des tromperies
L’apogée des escroqueries
En fait, elle allait performer
Tel le Songe d’une nuit d’été
Le Prométhée enchaîné
D’une époque bouleversée
Cachée derrière la frontière
Entre le calme et la magie

Elle attendit l’heure J
Puis les lumières se fermèrent
Doucement, elle s’avança
Lentement, pas à pas
Guettant le moindre mouvement
D’un lointain avertissement

Concentration, précaution
Attention, rotation
Il ne faut que vivre la malédiction
De cette fausse tribulation

Alors que tout se passait bien,
Elle se sentit écrasée
Elle ne voyait plus rien
Que des points noirs effacés

Cette force qui la tourmentait
Elle la vivait, la ressentait
Se sentant accablée
Elle tomba, paralysée
Essoufflée, épuisée
Elle se sentait oppressée
Angoissée, asphyxiée
Elle exhaussait sa mortalité

Finalement, elle le subit
Répondant à l’agonie
En un souffle, elle exhala
Mettant fin à l’opéra

En un bond, elle se relevait
Sous les tonnerres d’acclamations
Se succédèrent les ovations
D’un public satisfait
N’était plus une mémoire
Mais rentrant dans l’histoire
C’étaient ses espoirs
Qui lui permirent d’avoir la gloire

D’une pièce triomphale
À une actrice phénoménale
Ses talents oratoires
Convainquirent l’auditoire
La deutéragoniste d’une épopée
Devenait le Shakespeare d’une éternité

Il fallait être Juliette
Avait-elle dit
Pour être interprète

Il fallait vivre l’art
Avait-elle dit
Pour gagner des milliards

À propos de Marie-Amélie Dubé

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