Jean-Julien et Kathleen | MRC de Rivière-du-Loup

À Rivière-du-Loup, il y a des travailleur·euse·s de rue depuis 1995. C’est la Maison des jeunes Le Dôme (anciennement L’Entre-Jeunes) qui agit à titre d’organisme pivot (employeur et responsable de l’encadrement des travailleur·euse·s de rue). À cette époque, le travail de rue ne se fait que durant la période estivale. C’est en 2008 que l’organisme obtient le financement nécessaire pour assurer le service toute l’année. Notre mandat vise à venir en aide aux personnes de 12 à 30 ans et s’étend sur tout le territoire de la MRC de Rivière-du-Loup. Au fil des ans, nous avons développé des partenariats avec la plupart des acteurs du milieu (communautaire, institutionnel, privé, politique, etc.) dans la réalisation de nombreux projets et l’arrimage de services. Notre but, c’est surtout de s’insérer dans le quotidien des gens. On est un peu comme de la visite qu’on reçoit à la maison : on vient faire notre tour, on prend des nouvelles des gens, on s’intéresse à eux, à ce qu’ils font et vivent, on s’intègre à leur train de vie. On doit aussi adapter nos comportements selon les normes et les règles formelles ou informelles de chaque milieu, et ce, tout en respectant les fondements éthiques de notre travail. C’est un exercice de jonglerie que l’on apprend à perfectionner au fil du temps.

Dans notre pratique, on part à la rencontre de toutes sortes de personnes, avec chacune leur vécu, leur personnalité, leurs forces, leurs faiblesses, etc. Certaines personnes se retrouvent dans des situations que l’on dit précaires ou à risque. Chaque présence de notre part est sur une base volontaire, donc nous venons en aide aux gens qui acceptent notre implication dans leur vie. Si nous sommes présent·e·s dans des événements privés et dans certaines institutions du coin, c’est que les personnes responsables nous ont permis d’y être. On assiste les personnes dans la poursuite de leurs objectifs. Notre but n’est pas d’influencer leurs choix, mais plutôt de les guider vers une prise de décision libre et éclairée. Ainsi, nous les aidons à renforcer leur capacité à prendre du pouvoir sur leur vie.

Le travail de rue, c’est un service qui oeuvre souvent dans l’ombre. On rejoint les gens dans plein de milieux (appartements, commerces, parcs, rue, écoles, etc.) tout en respectant l’intimité et la confidentialité des personnes qui les fréquentent. On tente de faire « partie des meubles » de toute la MRC ! Nos actions sont souvent discrètes et passent inaperçues la plupart du temps. Par contre, l’influence que nous avons sur le bien-être de la personne et de la communauté est impressionnante, ce qui renforce l’importance de la présence de travailleur·euse·s de rue dans nos communautés.

Donc, si lors de vos sorties vous croisez deux têtes frisées, ne vous gênez pas pour nous interpeler. Nous serons ravi·e·s de vous parler et d’apprendre à vous connaître.

Photo | Nadine Boulianne

À propos Marie-Amélie Dubé

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