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J’ai une histoire, pourquoi en faire une maladie ?

texte Hélène Chabot, La Bouffée d’Air du KRTB | photos RRASMQ

Quel beau slogan que le Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec (RRASMQ) nous a offert. Quelle est ton histoire au-delà des symptômes, du diagnostic et des médicaments, qui es-tu, d’où viens-tu ? J’aimerais parler de ce merveilleux mouvement social alternatif du Québec qui réunit des chercheur.se.s, des travailleur.se.s, des personnes impliquées, des groupes de défense de droits et des groupes de citoyen.ne.s engagé.e.s pour une vision élargie de la santé mentale et la promotion de pratiques inspirantes et innovantes. Les personnes utilisatrices sont au coeur de ce mouvement. Elles sont soutenues par des travailleur.se.s du communautaire désirant provoquer un changement dans l’approche de la santé mentale. De cette alliance, personnes utilisatrices et travailleur.se.s, sont issues des pratiques reconnues qui ont fait leurs preuves tant au Québec qu’ailleurs dans le monde. Je pense, entre autres, à la gestion autonome de la médication, aux groupes d’entraide et aux groupes d’entendeur.se.s de voix. Notons que l’art, la créativité et la culture ont une place importante dans l’ensemble du mouvement et des pratiques des ressources membres.

Ces membres du RRASMQ sont des milieux de vie, des ressources en logements ou en hébergement, des groupes d’entraide, des centres de traitements alternatifs ou des centres de crise. Ils prennent en compte l’influence des déterminants sociaux dans leurs pratiques et travaillent pour outiller les personnes utilisatrices à reprendre du pouvoir sur leur vie. Ces ressources alternatives sont nées dans la foulée de la désinstitutionnalisation. Elles ont grandement contribué à l’évolution des pratiques au Québec. Mais le travail est loin d’être terminé. Les préjugés sont coriaces. Le regard que l’on pose sur les personnes qui vivent avec un problème de santé mentale est encore trop souvent teinté de peur et d’incompréhension. Ainsi, au quotidien, partout au Québec des personnes sont investies à transformer les mentalités et à agir sur les déterminants sociaux afin de contribuer à une société plus équitable et plus en santé.

La Bouffée d’Air est membre du RRASMQ depuis ses tout débuts. Nous sommes fières de faire partie de cette grande famille alternative qui inspire nos pratiques, nourrit notre critique sociale et alimente notre espoir d’un espace commun où règnent la solidarité, la justice et la compassion. Une société qui accueille la personne dans sa globalité et sa différence. Pas toujours simple la différence en ces temps chaotiques ! Possible, par contre, si ensemble on fait le choix de ne pas se laisser guider par nos peurs, mais bien par nos valeurs.

Le témoignage qui suit est celui d’un résident qui nous adresse ce que la Bouffée d’Air représente pour lui. « C’est la porte ouverte sur le seuil de ma souffrance. C’est le lit douillet où j’ai pu reposer mon corps et ma tête fatigués. C’est l’oreille et l’épaule qui ont supporté mes secrets et mes larmes. Et cela a été le tremplin du courage qui m’a nourri chaque jour ».

À toi qui me lis, s’il arrivait un matin que ton histoire te pèse trop lourd, je t’encourage à faire le détour. À la Bouffée d’Air, il y aura quelqu’un pour t’accueillir et t’écouter.

Consultez notre site Web pour mieux nous connaitre. www.labouffeedair.com

Au KRTB, en plus du centre de crise La Bouffée d’Air, quatre autres groupes communautaires sont membres du RRASMQ soit : Le Périscope des Basques à Trois-Pistoles, Source d’Espoir Témis à Témiscouata-sur-le-Lac, le Centre d’entraide l’Horizon à Rivière-du-Loup et la Traversée Association Kamouraskoise en santé mentale à La Pocatière.

À propos Marie-Amélie Dubé

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Un commentaire

  1. J’ai une histoire. Pourquoi en faire une maladie?
    est un titre génial!

    Le texte signé par Hélène Chabot m’intéresse beaucoup. Merci.

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