Investissement responsable : avoir un impact sans négliger le rendement

Texte | Anabelle Dumais, Pl. Fin.
Image d’en-tête | Kevin Schneider de pixabay.com

Aujourd’hui plus que jamais, les investisseur·euse·s veulent que leurs placements reflètent les enjeux qui leur tiennent à coeur. Cette évolution dans le monde des placements a donné lieu à une croissance considérable de l’investissement responsable (IR) au cours des dernières années.

Il faut remonter en 2005 pour y retrouver les balbutiements alors que les Nations Unies se sont penchées sur la question. Ils ont défini les fondements de l’IR en établissant 17 objectifs de développement durable permettant d’éliminer la pauvreté, de protéger la planète et d’améliorer le quotidien de toutes personnes partout dans le monde.

POSER DES ACTIONS CONCRÈTES PAR L’ENTREMISE DE SES PLACEMENTS

Investir de façon responsable, c’est ajouter des critères de sélection supplémentaires au-delà des analyses financières traditionnelles de l’entreprise. Certes, les bénéfices sont importants, mais pas au détriment de certains critères liés à l’environnement (E), à la société (S) et à la gouvernance de l’entreprise (G) d’où provient l’acronyme ESG. On ne parle plus uniquement de performance selon un rapport de risque/rendement, mais bien d’optimisation du risque-rendement-retombées.

ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

Ce n’est plus un secret pour personne, les enjeux climatiques représentent aujourd’hui un défi de taille et le seront encore pour les décennies à venir. D’ailleurs, le Forum économique mondial publiait en janvier dernier son Global Risks Report(1) qui met en lumière les principales menaces pour la planète. On y constate que les risques environnementaux, en plus d’être les plus probables, sont également associés aux répercussions les plus importantes. Conséquemment, les changements climatiques et les énergies fossiles font partie des sujets les plus débattus et étudiés par le milieu de la finance à l’heure actuelle.

ENJEUX SOCIAUX

Bien des entreprises clament haut et fort que leurs employé·e·s représentent leur atout le plus précieux. Malheureusement, dans une optique de protection et de création de valeur actionnariale durable, les investisseurs disposent en général de peu d’informations sur la façon dont le personnel est géré. Ces informations sont pourtant essentielles pour analyser la performance sociale des entreprises, particulièrement en période critique comme celle que nous vivons actuellement. Les enjeux sociaux comprennent : la gestion de la chaîne d’approvisionnement, les relations avec les employé·e·s, les relations avec la communauté, les droits de la personne, la diversité, la sécurité du lieu de travail, le travail des enfants et l’esclavage, etc.

ENJEUX LIÉS À LA GOUVERNANCE

Les investisseurs responsables sont de plus en plus exigeants concernant les divulgations portant sur la composition des conseils d’administration et sur les critères d’élection. Les principales raisons de ces oppositions sont : une rémunération jugée excessive ou injustifiée, un manque de diversité au sein du conseil d’administration et des compétences jugées inadéquates. De plus, le Forum économique mondial estime que l’écart de rémunération entre les sexes coûte plusieurs milliards de dollars par année à l’économie(2). En effet, les recherches indiquent qu’un leadership diversifié conduit à des performances boursières et à un rendement des capitaux propres supérieurs(3). Toutefois, au Canada, les femmes constituent près de la moitié de la population active, mais elles occupent seulement 14,5 % des sièges aux conseils d’administration des entreprises du Financial Post 500 (FP500)(4).

QU’EN EST-IL DE LA PERFORMANCE ?

Bien des investisseurs craignent de devoir renoncer à un rendement supérieur au bénéfice de l’IR. C’est tout le contraire ! En effet, selon une étude de Morningstar, 24 des 26 fonds indiciels durables ont surpassé leurs pairs à la suite du krach boursier de mars dernier(5). De tels résultats contribuent à dissiper le mythe selon lequel les investisseurs ESG sacrifient les rendements. On remarque plutôt une surperformance des entreprises adoptant des pratiques en ligne avec l’investissement responsable.

CONCLUSION

Désormais, les entreprises doivent s’attendre à ce que la collectivité leur demande des comptes sur l’impact de leurs activités et de leurs produits sur les consommateur·trice·s, les citoyen·ne·s et les communautés. L’actuelle crise de la COVID-19 sera peut-être un premier test. La diversification géographique de votre portefeuille d’investissement était un concept innovateur, il y a de cela une génération, alors que c’est aujourd’hui pratique courante. C’est maintenant l’intégration des facteurs ESG qui finira par devenir un pilier important de la gestion de portefeuille.

Références :

(1) FORUM ÉCONOMIQUE MONDIAL. Global Risks Report 2020.
www3.weforum.org/docs/WEF_Global_Risk_Report_2020.pdf

(2) fr.weforum.org/agenda/2017/11/qu-est-ce-que-l-ecart-entre-les-genres-et-pourquoi-se-creuse-t-il/

(3) www.conferenceboard.ca/docs/default-source/public-pdfs/womenonboards_and-moment-pour-les-esg-2/

(4) https://www.finance-investissement.com/edition-papier/nouvelles-edition-papier/est-ce-le-grand-moment-pour-les-esg-2/

(5) https://www.morningstar.com/en-ca/lp/sustainable-investing-landscape?utm_source=morningstar.ca&utm_

À propos Marie-Amélie Dubé

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