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Intergénération : quand notre vision est obstruée

texte Annie-Claude Pineault

 

La notion d’intergénération m’interpelle, car elle recèle une richesse inexploitée qu’on enterre sous le poids de l’ego, de préjugés et de notre propre manque d’écoute. L’ego est un sujet peu apprécié dont chacun se défend bien d’avoir des comportements. Quel est le lien avec l’intergénérationnel ? Plus que vous ne pouvez le croire. Tout d’abord, qu’est-ce que l’ego ? En fait, ce sont toutes les histoires dont vous êtes le héros qui défilent dans votre tête. Celles qui vous rendent méritant, celles qui démontrent votre supériorité. Celles qui vous confirment un statut. En quoi l’ego interfère-t-il entre les générations ? Eh bien, c’est l’idée de savoir plus que l’autre. Cela a pour effet de couper la communication. Pas seulement avec les autres générations, mais avec tous ceux que l’on perçoit différents de nous. De là découle une série de préjugés qui nuisent au contact avec l’autre. « Regardez-moi ces jeunes qui ne veulent plus travailler, regardez-moi ces jeunes qui veulent vivre sans engagement, qui veulent tout, tout de suite… » « Regardez-moi ce vieux qui veut encore nous faire croire que l’on doit se tuer au travail pour exister, prisonnier de son propre choix. » Chaque génération revendique ce qu’elle désire, ce à quoi elle aspire. Ce qui a pour conséquence qu’au lieu de vouloir comprendre l’autre, on cherche dans sa réaction la confirmation de notre préjugé, la confirmation de l’histoire construite dans notre tête. Le cerveau est ainsi fait, il cherche toujours à corroborer les faits avec nos croyances. Nos préjugés, nos peurs, nos biais cognitifs nous font émettre des jugements qui blessent ceux qui auraient tellement à s’apporter mutuellement au profit de notre histoire.

 


Annie-Claude Pineault

 

Empêtré dans nos biais, dans nos croyances qui protègent de nos propres écueils, le jugement devient le choix facile. Alors comment peut-on, tant comme travailleur que comme individu, transformer nos biais ? Et si la réponse était dans la découverte de l’autre, dans le profit des échanges d’une ouverture sans jugement ? À l’heure où tout s’accélère, si on faisait le choix d’arrêter et d’écouter ? Sans jugement, sans penser à notre réponse, sans préparer d’argumentaire, juste par intérêt de découvrir l’autre et ce qui l’anime. Peu importe la génération, je crois qu’au fond, les revendications viennent de notre manque d’écoute. Au-delà des préjugés se cachent la peur et l’incompréhension. Quand on écoute réellement, on est en mesure de créer des liens, de tisser une toile qui relie les vies, de voir le fil rouge des gens que l’on croise dans notre vie. On est en mesure de rêver ensemble, de voir comment les uns peuvent contribuer aux autres. Quand on arrête le temps pour voir et entendre sans que notre propre histoire prenne le dessus, on devient présent à soi et à l’autre. Cette acuité devient une ouverture dans laquelle plusieurs idées peuvent transiter sans heurt et sans jugement. Mon plus grand souhait est que nous prenions le temps d’écouter réellement les autres et surtout nous-même. Une meilleure connaissance de soi amène inévitablement une plus grande ouverture à l’autre. Dans mon travail, j’ai la chance de travailler avec plus d’une génération et je vous assure qu’on recherche tous la même chose, vivre une vie à son image, s’épanouir professionnellement et personnellement ! Je vous propose un défi : quand vous sentirez le jugement poindre, demandez-vous quel petit pas vous pouvez faire vers l’autre aujourd’hui.

À propos Marie-Amélie Dubé

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