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Implication citoyenne et politique

Texte : Amélie Bureau

Si le système de « démocratie représentative » propre au Canada représente un modèle d’implication politique qui ne fait pas l’unanimité, il y a davantage de façons de s’impliquer qu’en cochant simplement un bulletin de vote. Des citoyen.ne.s que j’ai rencontré.e.s m’ont partagé leurs espoirs et leurs visions politiques.

Les gens font d’abord une distinction entre la politique (organisation des structures de pouvoir, soit ici notre système électoral, et l’appareil gouvernemental) et le politique (toutes les sphères qui régissent le fonctionnement de la vie en société et qui ont une dimension collective, dans une visée de « bien commun »).

Pour exercer notre voix citoyenne, on peut s’inscrire dans la politique traditionnelle et utiliser les canaux de communication classiques, comme la pétition ou les rencontres avec nos député.e.s, mais on reste dépendant des décisions prises par le pouvoir en place. Si on veut avoir un impact direct sur le monde dans lequel on vit, une multitude d’opportunités s’offrent à nous pour réaliser des actions concrètes qui rejoignent nos valeurs et notre vision du monde.

TERRITOIRE ET ENTRAIDE

C’est un acte politique en soi d’habiter le territoire et de contribuer au développement de son milieu, spécialement dans la ruralité. Lorsque des lieux sont perçus comme des zones exploitables, une ruralité forte et une communauté dynamique permettent de faire un pied de nez aux projets d’exploitation du territoire. C’est beaucoup plus complexe de s’approprier l’espace et les ressources d’un lieu, ou même de justifier une « tentative de fermeture » d’un village, lorsque celui-ci est dynamique, vivant, habité à l’année, animé par des projets et des perspectives de développement… L’implication citoyenne et politique passe également par la création de liens sociaux qui se traduisent par des réseaux d’entraide et de solidarité, car la création de relations humaines et d’un tissu social est une base sur laquelle on peut construire des projets rassembleurs.

ÉDUCATION ET PROJETS ALTERNATIFS

Certaines initiatives communautaires, militantes, écologiques ou culturelles ont un ancrage résolument politique en ce sens qu’elles sont des lieux d’apprentissage et d’organisation qui permettent d’avoir accès à la richesse collective et d’améliorer la qualité de vie des personnes. L’organisation non hiérarchique au sein d’un collectif ou d’un projet amène à réaliser qu’on peut s’appuyer sur les forces de chacun.e et qu’on a la capacité de se débrouiller sans l’implication d’un gouvernement éloigné des réalités tangibles du milieu. Ça devient politique parce que ce sont des lieux de partage de savoirs et de développement individuel et collectif, qui contribuent à l’atteinte d’un bien-être commun. Ce sont des opportunités d’engagement palpables, à échelle humaine, qui ont un impact direct sur la vie quotidienne. Il peut s’agir d’un projet de création artistique, de valorisation environnementale, de circuit alimentaire court, etc. Outre le développement du pouvoir d’agir (individuel et collectif), ces initiatives valorisent les personnes, créent davantage de solidarité et solidifient les liens sociaux.

DIALOGUE ET ACTIONS DE PERTURBATIONS

Certaines décisions, qu’elles soient économiques, politiques ou sociales, peuvent avoir un impact direct sur la vie quotidienne des gens. Interdire le port de signe religieux. Imposer un pipeline. Augmenter des tarifs. Couper dans des services publics. Abolir des postes. Lorsqu’une décision nous touche et a une conséquence sur notre vie, notre voix est rarement entendue. Le pouvoir des citoyen.ne.s étant limité, la réponse à une injustice peut être de prendre la rue, de placarder des autocollants dans des vitres, de mettre le feu dans une poubelle ou de crier des bêtises. On a peu d’espaces de dialogue, de réflexion, de débat ou de prise de décisions collectives. Les consultations se font rares et les dés sont souvent pipés. Tant que les citoyen.ne.s n’auront pas de lieux inclusifs où l’on valorise le débat d’idées et une culture de discussion, les réactions de colère et la désobéissance civile seront monnaie courante.

POUR CHANGER LE MONDE

Au-delà des différentes formes d’implication politique et citoyenne existantes, il y a de nombreux modèles qui sont encore à inventer, à explorer, à expérimenter. En tant que personne, on ne peut pas tout faire, mais on doit s’impliquer à la mesure de nos valeurs, de nos visions du monde et de nos aspirations. Pour réellement avoir un impact sur notre milieu, c’est parfois nécessaire d’accepter qu’on ait besoin d’être plusieurs, et d’avoir différents modes d’action. Une diversité de tactiques. C’est ce qui rend le pluriel si fort !

À propos Marie-Amélie Dubé

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