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Hisser les voiles vers le fantastique

Texte Geneviève Malenfant-Robichaud | Photo Jeff Papillon

Au cours de l’été, le Cirque de la Pointe-Sèche a présenté son spectacle à St-Germain-de-Kamouraska. J’ai eu la chance d’assister à la dernière représentation, le 1er septembre. Je vous offre un résumé de mon expérience, en espérant que l’aventure se poursuivra l’an prochain !

QUAND LA FORÊT RENCONTRE LA MER

Comme je suis arrivée à pied à partir du camping avoisinant, mon premier contact a été les peintures sur les conteneurs. L’amphithéâtre est en effet constitué de trois étages de conteneurs magnifiquement décorés par des artistes professionnel.le.s selon une thématique maritime fantaisiste. On y retrouve décor maritime, monstres marins et moyens de transport stylisés. Je vous conseille de jeter aussi un coup d’oeil au côté qui donne sur la route.

Toutefois, une deuxième surprise m’attendait une fois passée la file d’attente pour entrer. Je savais qu’il y avait une petite promenade en forêt, mais je ne m’attendais pas cependant à y croiser les artistes. Les petits tableaux étaient assez simples, mais suffisamment intrigants pour faire ralentir la foule. Créer une atmosphère est un art que le Cirque de la Pointe-Sèche maîtrise avec aplomb !

UNE MISE EN SCÈNE DE QUALITÉ

Avouons-le, généralement, on retient plus les prouesses des artistes que la mise en scène. Mais ici, l’intégration de la théâtralité et de l’art circassien se fait de manière naturelle. La mise en scène devient prétexte aux acrobaties et les acrobaties amènent des éléments qui font progresser l’histoire. L’histoire est assez simple : un capitaine se désole après un naufrage et son équipage se met rapidement au travail pour l’aider à reconstruire. Globalement, on saisit assez rapidement dans chaque numéro où on en est dans l’histoire (le costume de la trapéziste dont la large traîne se transforme en voile, par exemple).

Le choix de la thématique s’intègre également dans l’histoire de la région et s’incarne dans le territoire, le cirque étant situé sur le site d’un ancien chantier naval.

DES ARTISTES IMPRESSIONNANT.E.S

J’aime beaucoup les spectacles de cirque, mais je ne suis pas très versée dans le domaine. Je peux donc difficilement critiquer la performance, mais j’ai été agréablement surprise par l’ensemble du spectacle. Voici mes points marquants :

• Le gars qui marche sur un fil. Il y marche, s’y suspend, s’y balance… avant de faire monter un monocycle (et deux bananes, pour une raison quelconque). Parce que pourquoi se contenter de marcher sur un fil suspendu à hauteur de trois conteneurs quand on peut y faire du monocycle ?

• L’utilisation de la falaise. Lors d’un numéro, trois artistes escaladent la paroi rocheuse de 60 pieds multipliant les pirouettes. Un numéro original qui utilise le territoire malgré les difficultés liées à travailler sur une surface irrégulière.

• Les barres russes. J’avoue que je ne connaissais pas cette discipline. Une planche souple est tenue par deux hommes. L’artiste se sert de la planche comme d’un trampoline. C’est assez surprenant.

• Le jeu des autres artistes pendant une performance. Personne n’oublie qu’il est sur scène. Tout le monde reste un personnage en tout temps. Ah, une performance de barre russe est en cours ? Et si on faisait une petite pyramide humaine pour regarder ?

QUELQUES ÉLÉMENTS À SAVOIR

Je n’ai pas été mandatée par le Cirque pour écrire cet article. J’ignore donc si le spectacle reviendra l’an prochain ou s’il y aura des changements. Mais, si l’aventure se poursuit, voici quelques éléments à tenir en compte avant d’acheter un billet (surtout considérant qu’il n’y avait pas de remboursement possible) :

  1. Il y a peu de stationnements. Un service de navette (des autobus scolaires) est donc offert à partir de trois villages avoisinants (St-Pascal-de-Kamouraska, St-André-de- Kamouraska et Kamouraska). Il y a un petit supplément pour la navette.
  2. C’est tard. L’heure officielle est 21 h, mais lors de ma visite, le spectacle a commencé environ 15 minutes plus tard, pour une durée d’environ 1 h 20. Il peut donc être intéressant de prévoir un hébergement à proximité et profiter d’une navette. Il y a aussi possibilité de dormir à St-Germain au très joli Camping Le Racoin comme je l’ai fait (mais tente seulement).
  3. C’est principalement debout. Le cirque possède quelques tabourets qu’ils réservent surtout aux enfants (la hauteur du comptoir les empêchant de voir). Si vous êtes en forme, même fatigué.e, je vous promets que vous ne verrez pas le temps passer. Mais espérons tout de même qu’ils pourront accommoder davantage de gens avec des places assises dans le futur
  4. C’est à moitié à l’extérieur. Il y a une moustiquaire et des bouteilles d’antimoustiques à l’entrée, mais les insectes sont voraces. Les murs du conteneur et la falaise à l’avant protègent du vent, mais ça reste une salle semiextérieure. Il y a aussi un 200 mètres de sentier à parcourir au début et vous allez probablement rester debout pour le spectacle. Des vêtements appropriés pour rester immobiles dans la fraîcheur de la nuit et des souliers confortables sont recommandés.
  5. Si vous voulez vous y rendre en vélo comme je l’ai fait, n’oubliez pas d’apporter de quoi réparer une crevaison ! En passant, le camping Le Racoin offre un coin vélo et la compagnie de taxi de Rivière-du-Loup a équipé tous ses taxis avec un support à vélo. Sinon, je remercie encore la VieilleÉcole à St-André-de-Kamouraska pour avoir hébergé temporairement mon vélo et les gens qui m’ont amené ou ramené entre St-Germain et St-André sur le pouce ! Le trajet n’a pas été de tout repos, mais ça en a valu la peine !

À propos Marie-Amélie Dubé

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Texte : Marc Gagnon La BD peut parler de tout : d’amour, d’action, d’espionnage, d’humour …

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