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Heille la Rumeur ça va bien ! La confession.

texte Marie-Amélie Dubé

Salut, ça fait deux ans déjà que j’ai acheté la Rumeur du Loup ! Sabrons le champagne, partons en voyage, prenons des vacances, yahoo !

On est le 29 août, il est 5 am et je dois terminer cet édito avant de partir à mon entraînement privé de 7 am. On part en impression aujourd’hui et Stéphanie entre à 8 am pour clancher les derniers détails. Marie, ma comptable arrive à 10 h pour fermer le mois de juillet et payer mes taxes. La veille, j’ai travaillé 13 heures en ligne pendant que la correctrice faisait la relecture de l’édition 125 (septembre) de la Rumeur du Loup et la journée s’est terminée avec la réunion de brainstorming pour l’édition d’octobre. Quelle belle gang de motivés ! Quelle chance j’ai de travailler avec des gens engagés, disponibles et là pour les bonnes raisons. La veille, le 27, le fichier Indesign a eu un bogue et on a dû réimplanter plein de texte, titres et styles… travailler en double, quand on a des courts délais de production, pas cool.

Bref, dans ce tourbillon je ne sais pas trop quel genre d’émotion me traverse ce matin à l’aube de l’accouchement de notre notre 25e numéro. C’est certain que j’ai hâte que ce soit réglé et qu’on passe à autre chose haha. Surement comme une femme enceinte qui est à sa 39e semaine et qui a hâte que le bébé sorte pour qu’elle puisse profiter de son petit trésor. Je suis fière une chose est sûre ! Mais je me sens aussi courbaturée mentalement comme une marathonienne qui pourrait avoir traversé le Canada à la course. Bon, ça ne prend peut-être pas deux ans traverser le Canada, mais vous comprenez l’image. En fait, j’essaie le plus souvent de ne pas trop me demander comment je me sens…

Jusqu’à maintenant nous avons vécu 25 montages, montés 1200 pages en 1500 heures de graphisme, produit 450 factures, procédé à 450 heures de correction, à 500 heures de programmation web et à 250 heures de publication Facebook, à 24 distributions et distribué 52 800 magazines papier GRATUITEMENT dans plus de 500 points de chute entre Saint-Jean-Port-Joli et Rimouski, en passant par le Témiscouata, Les Basques et bien évidemment à Rivière-du-Loup. Une équipe d’une dizaine de bénévoles en alternance, selon leur disponibilité, va à votre rencontre tous les mois pour déposer la Rumeur chez vous. Personnellement, je participe tous les mois à ce rituel de distribution du fruit de notre création et je trouve extraordinaire cette réception, cette hâte et cet amour que vous avez pour le magazine. Ça fait environ 12 500 « Bonjour voici la Rumeur du Loup » et tellement de MERCIS !

Combien de gens nous écrivent quand on fait la distribution pour nous dire : « On a pas reçu le magazine, oubliez-nous pas ! ». C’est super d’être attendu comme ça ! Mais après deux ans de logistique assez fastidieuse j’avoue rêver que plusieurs s’abonnent pour que soient envoyés par la poste le magazine à certains endroits ou pour avoir assez d’argent pour donner ce mandat à contrat. Et ce rêve je ne le souhaite pas pour faire plus d’argent, seulement pour avoir plus de temps et moins de casse-coco, mais aussi pour uniformiser ce cycle qui revient à chaque mois et éviter certains écueils tel que « On a pas reçu notre magazine. Pourtant on l’a mis dans votre entrée lundi pm. Ah on est fermé le lundi » Et découvrir que quelqu’un a dû passer par là et le prendre.

Mais en même temps, il est gratuit… il n’appartient à personne, mais à tout le monde ! Sauf si tu t’abonnes ! Hehe !

Vous me trouvez peut-être intense avec mes chiffres. L’artiste en moi trouve aussi ça dur de concilier au quotidien son désir de créer des contenus, de rencontrer des nouvelles personnes, de faire des shooting photos, de concevoir des nouveaux concepts visuels et d’écrire plein de récits ET de gérer de l’argent.

Bien que ce soit un magnifique vecteur communautaire et porteur de voix multiples, d’espoir, un électron libre en développement, la Rumeur du loup se porte sur des chiffres. C’est une entreprise. Nous avons connu une belle progression sur deux ans par rapport au passé. Nous avons délégué et réparti le travail sur plusieurs personnes. Nous sommes rendus à 10 contractuels qui font différentes tâches à tous les mois, mais personne n’est à temps plein, sauf moi-même. Même si on a de beaux résultats, comme dirait ma comptable, il est toutefois difficile de me verser un salaire fixe tous les mois en raison de la fluctuation des ventes, mais aussi de la rentrée des paiements.

Car certains partenaires paient sur réception de la facture, mais d’autres peuvent prendre des mois… je me vois donc dans l’obligation de prendre des mandats de gestion de projet, de communications ou de gestion de réseaux sociaux pour m’assurer un salaire. Il m’est arrivé de payer les contractuels avec ces autres mandats, en attendant que les chèques et paiements des partenaires de la Rumeur paient leur placement.

J’ai acheté la Rumeur du Loup sur deux ans et le profit que j’ai fait sur ces deux ans, il a servi à rembourser mon achat. En achetant, je prenais un pari dans lequel je devais avoir de bons résultats pour y arriver. Maintenant qu’elle est payée, que j’ai eu de bons résultats, que l’équipe a grossi, on ne peut pas arrêter n’est-ce pas ?

Quand je regarde ce qui se passe chez les médias papier traditionnels, chez Capitales Médias par exemple, je suis estomaquée de voir qu’ils ont juste eu à lever le drapeau et qu’on leur soit venu en aide aussi rapidement. Je crois définitivement que la presse écrite doit rester. Mais les défis de financement sont immenses. De mon côté c’est à recommencer tous les mois. Je ne peux pas m’asseoir sur un bon mois de vente et me dire : « Cool ça va payer les deux prochains magazines ! »

Donc quand vous me voyez optimiste, souriante et enjouée et que vous me dites « Heille la Rumeur ça va bien !» ma réponse est toujours, oui ça va bien car je suis persuadée que le positivisme apporte une énergie positive. Mais derrière ce sourire il y a la fille qui cherche comment financer son mois, celui d’après, qui espère que le chèque d’un tel va rentrer à temps pour payer son dernier magazine pour partir en impression ou pour payer ses contractuels.

Si vous croyez à la Rumeur du loup et souhaitez nous faciliter la tâche, participer ou assurer sa pérennité, abonnez-vous, prenez un placement publicitaire, faites un don, écrivez un article, venez faire de la distribution. Nous prenons toute aide.

Et oui ça va bien même si ce n’est pas facile!

À propos Marie-Amélie Dubé

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