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Guérir la Terre

texte et illustrations Caroline Jacques, artiste engagée

Et si on faisait nos devoirs pour guérir la Terre ? Et si nous devenions pour elle de bons enfants ? Pour notre mère, celle qui nous berce, nous nourrit, nous abreuve…
Au-delà du crochet inscrit sur notre bulletin de vote, comment nos actions pourraient-elles nous faire sortir de l’amertume et de la torpeur, nous éviter de foncer dans le mur de la fin de la vie. Comment nos actions pourraient-elles soutenir les écosystèmes qui contribuent à notre bien-être ? Ces écosystèmes, qui, en silence, se détériorent à la vitesse grand V.

J’aimerais que mon gouvernement donne des devoirs.

J’aimerais sentir que mes actions ont un sens.

Le fait de recycler m’a jadis donné l’impression de faire ma part. Aujourd’hui, j’en doute…

Si je recycle, mais que les centres de tri ne parviennent plus à transformer les matières et à les vendre.

Si j’apprends qu’on jette le fruit de mon travail en tant que citoyenne, car nos structures ne sont plus en mesure de faire quoi que ce soit avec les matières que j’ai mises au recyclage… Si je m’efforce de ne plus acheter de bouteilles de plastique, tout en sachant que ceux qui les produisent gagnent des millions en embouteillant notre eau. Notre eau transformée en jus, en liqueur. Notre eau sur laquelle ils ne payent aucune redevance. Notre eau pillée. Notre eau grâce à laquelle ils gagnent des millions, tout en polluant avec leurs contenants. Je me demande toujours pourquoi ces entreprises à millions n’ont jamais de devoir à faire. Jamais !

Pourquoi ceux qui récoltent des millions n’ont rien à payer, alors qu’ils obligent notre société à gérer les déchets qu’eux-mêmes produisent ? Pourquoi notre société paie et peine à soutenir les centres qui gèrent LEURS DÉCHETS ? Si tous les utilisateurs et les fabricants des produits non biodégradables et dommageables pour l’environnement avaient à payer une taxe qui serait directement appliquée au centre de tri qui doit ensuite gérer leurs déchets, l’obsolescence programmée ne serait-t-elle pas ainsi tuée dans l’oeuf ?

Celui qui crée des produits durables et recyclables aurait donc moins de taxes à payer, représentant du même coup un incitatif. Les restaurants qui utilisent des styromousses se convertiraient plus rapidement aux contenants biodégradables en raison de cette taxe punitive pour les pollueurs.
Je suis tannée de faire mes devoirs de citoyenne, de veiller à ne pas utiliser ou acheter de produit suremballé, tout en constatant qu’aucune compagnie ne m’aide dans cette démarche. Oui, car tout est de plus en plus suremballé, jusqu’à la patate douce qui est emballée individuellement dans un contenant de styromousse… avec une pellicule cellophane !

Le comble de la haine envers notre planète se voit partout, tout le temps, pas juste dans cette lutte entre parti orange et bleu que nous avons vécue et récemment subie dans notre contrée. Tout le monde est sensible à l’environnement, à partir du moment où il en comprend l’étendue. Et si le gouvernement prenait la décision de créer un cours à l’école portant sur la protection de l’environnement. Nos dirigeants sont incultes, c’est un fait, sinon ils agiraient manifestement de manière plus drastique pour ralentir cette crise climatique. Cessons d’être ignorants. L’environnement et l’écologie sont des matières tout aussi importantes, sinon plus que l’histoire, la géographie, le français, les mathématiques ou la sexualité. La compréhension de notre planète, de la complexité et de l’importance de ses écosystèmes, de la protection du patrimoine vivant, de la façon dont les plantes poussent, ces plantes qui nous nourrissent…

Des éléments fondamentaux qui doivent être appris et appliqués dès le plus jeune âge, si on veut s’en sortir. Nous les enseignons en tant qu’artistes à travers divers projets dans les écoles, sur une base volontaire et sporadique, et constatons à quel point les enfants ont soif d’apprendre et de comprendre comment aider leur Terre mère. Eux aussi veulent agir pour éviter le pire.
Ne leur laissons pas en héritage une planète morte, car cette terre ne nous appartient pas. Nous l’empruntons aux générations futures.

Moi qui ai lu plusieurs articles traitant de ce sujet, moi qui effectue de nombreuses recherches sur l’environnement afin de créer les oeuvres en compagnie des jeunes, moi qui m’informe et écoute de nombreux documentaires, j’ignore tout ce que je dois connaître pour être une citoyenne consciente et responsable. Je peux donc comprendre qu’il y ait encore des climatoseptiques, car d’emblée, on n’apprend pas à comprendre et à respecter notre mère à l’école, notre maison. Cela doit changer !

Bref, tout le monde doit faire ses devoirs, pas juste ceux qui sont motivés par une quelconque lueur environnementaliste. J’aimerais que les entreprises, petites et grandes, les sociétés d’états, les hôpitaux, les écoles, les grandes institutions aient l’obligation de faire des devoirs. Les minières, les forestières aussi doivent être assujetties à des lois strictes. Dans le cas contraire, j’ai le sentiment de faire mes propres devoirs pour rien. Je déprime et j’ai l’impression que je nous regarde foncer directement dans le mur, sans que mes actions, petites et grandes, n’aient un quelconque impact sur cette importante crise environnementale que nous vivons présentement.

carolinejacques0.wixsite.com/art-portfolio

À propos Marie-Amélie Dubé

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