Gérer l’abondance et la sécurité alimentaire

Texte | Chantal Parenteau

J’aimerais vous parler d’abondance. Pour plusieurs, la porte du frigo ne ferme pas. Les comptoirs des épiceries sont tellement chargés qu’il y a toujours quantité de denrées à redonner au suivant. Le choix est si grand qu’évidemment, ce ne sont pas tous les produits qui trouvent preneur·euse. C’est un peu comme dans mon gardemanger. J’en achète toujours un peu plus pour la semaine où je ne pourrai pas sortir et où je devrai vivre sur mes réserves, mais elle n’arrive jamais cette semaine-là !

À la maison, j’ai le superpouvoir de gérer l’inventaire. Ça me sécurise.

Je fais la majorité des achats alimentaires de la maison. Je regarde les spéciaux, j’économise 1,50 $ sur le pot de tartinade choco-noisette sans huile de palme et je réinvestis dans un sac de crevettes de Matane. J’ai choisi un amoureux qui a pas mal le même type d’approche. Maintenant, on fait même pousser nos légumes à environ 30 % et nos fruits à 15 %. On savait faire notre pain avant la pandémie.

Je n’en ai jamais manqué. Je veux dire que je ne me souviens pas d’avoir souffert de la faim. De toute ma vie. Pourtant, j’ai un voyant « insécurité alimentaire » allumé souvent. Pourquoi ? Ma théorie est que je suis comme ça parce que je suis humaine. Manger est un besoin si vital qu’il s’assure d’occuper une grande place dans mon esprit. Mais aussi, c’est émotif. Et parfois difficile à contrôler.

Et vous, avez-vous déjà remis en question votre degré de sécurité alimentaire ? Avez-vous toujours eu assez à manger, de ce qui vous tente, de ce que vous avez besoin ? Avez-vous parfois vécu une fin de journée atroce en découvrant que le temps pour faire l’épicerie avait manqué, qu’un souper au resto était impensable avec le budget et qu’il ne restait qu’un fond de lait et une bouteille de ketchup pour nourrir la famille ? Ça arrive.

Parfois, la sécurité alimentaire, c’est de prévoir notre menu pour la semaine et de soulager notre esprit de la pensée « qu’est-ce qu’on va manger pour souper ? ». Parfois, c’est de faire des choix économiques à l’épicerie comme avoir le goût de manger du poulet, mais de prendre une boîte de thon. Parfois, ça ne le fait plus. Le budget se réduit à si peu, notre épicier n’a pas toujours les meilleurs prix, l’essence est dispendieuse pour aller en ville acheter à rabais.

Il faut s’organiser. Des moyens existent pour soutenir nos efforts à garnir le garde-manger ou à consommer tous ces bons aliments qui s’accumulent.

Ça peut arriver à tout le monde de n’avoir que le choix de manger ce qu’il y a. C’est à ce moment-là que de bonnes connaissances en cuisine, une capacité à faire des choix éclairés et peut-être même s’organiser une communauté de solidarité alimentaire sont nécessaires. J’ai la chance d’être tombée dans la grande marmite du Carrefour d’Initiatives Populaires qui permet de soutenir la sécurité alimentaire de bien des gens. À travers tous ses services tels que le comptoir de récupération, les frigos partagés, l’escouade alimenTerre ou les ateliers de cuisine, on peut augmenter notre capacité à bien manger et à sauver des denrées précieuses.

Et si comme moi vous êtes un écureuil avec des réserves, je vous invite à partager cette abondance pour ne rien gaspiller et pour soutenir la communauté. Les frigos partagés sont là pour ça ! C’est un peu comme la guignolée à l’année !

Pour plus d’informations :
Chantal Parenteau, chargée de projet en sécurité alimentaire au CIP
418 867-5735, poste 225
securitealimentairerdl@hotmail.com

À propos de Marie-Amélie Dubé

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