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dec46

Fred Fortin

par Olivier Martin – Photos Centre Culturel Berger

 

Sans aucune retenue, j’utiliserai ici une expression imparfaite et assez convenue, mais on ne peut plus appropriée à la situation : les absents ont toujours tort. Il fallait être là pour comprendre que Fred Fortin a mûri. Nous y reviendrons.

 

Habitué que j’étais au mur de son que le Lac-Saint-Jean sait produire, comment ne pas être charmé par la nuance et la précision musicale que nous pouvions littéralement palper à la Maison de la culture de Rivière-du-Loup, le 15 novembre dernier ? Fred Fortin, ce n’est pas qu’un gars qui chante des chansons. Ça vient avec son armée de musiciens exceptionnels, et si le spectacle, rodé au quart de tour, nous était si agréable, c’est bien parce que Fred n’était pas seul sur scène. Non pas que, dans la formule solo avec laquelle il amorce d’ailleurs une tournée, celuici ne rend pas justice à la qualité de ses chansons, mais plutôt que ses musiciens ne sont pas ici qu’accompagnateurs ; ils jouent, eux aussi, en même temps que lui, ses chansons. Ils vivent intensément chaque chanson, et c’est à tour de rôle que chacun des musiciens se voit mis à l’avant-plan dans l’enchaînement des chansons. Tout le monde a son moment. Un espace d’improvisation au cours duquel les chansons se connectent entre elles afin que nous ne voyions pas le temps passer. Sur scène, tout se passait bien. Le son était excellent. Conseil du vieux : toujours – être – à côté – de – la console de son. C’est la tournée d’Ultramarr ? Faut faire le plein ! François Lafontaine prend une pause, et dans sa quête d’alcool, revient bredouille, rapportant avec lui ses envies de cognac. Voulez-vous du vin blanc les boys ? Déjà le rappel ? J’en aurais pris une heure de plus. Ils n’ont pas joué « Dollorama » ! J’aurai dû lui demander s’il fait des shows privés…

 

Donc, Fred Fortin a mûri.

 

On était rendu à « Ultramarr », ça sentait la fin, le gaz et le rubber brûlé. Fred, lui, avait la voix claironnante. Assurément, on peut croire qu’après avoir remporté le Félix de l’auteur ou compositeur de l’année, on souhaite soigner sa voix. À force de jouer trop fort, on se fatigue. Cette fois-ci, il semblerait qu’il ait trouvé une constance vocale, professionnelle, implacable. On veut entendre sa voix, ses textes, et pas seulement des riffs de guitares à mille piastres pleines de fuzz, même si on aime ça pas mal beaucoup. (Gros Méné. Deux albums. Il y a une place dans votre discothèque. Sinon, faites-en une. Ça vaut le coup.) Après la première chanson, il a dit : « Heille, ça sonne ben icitte. » Eh bien, Fred, ça sonnait bien pour nous aussi.

 

Reviens jouer quand tu veux, man. Promis, on aura du scotch.

 

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Les chansons
1— Oiseaux
2— 10 $
3 — Douche
4 — Bobbie [Belle introduction d’Olivier Langevin, un peu plus lente que sur l’album, mais ça groove.] 5 — Madame Rose [Un gros shuffle, bien senti.] 6 — Gratte
Là, Lafontaine se gâte : orgie de synthétiseurs. Il maîtrise ses pitons, les touches blanches et les noires aussi. On s’essuie le front. C’est reparti.
7 — Tapis noir
8 — Molly
9 — Tête perdue
10 — Chaouin [Fred, tout seul. Difficile de ne pas chanter avec lui.] 11 — Ti-chien aveugle
12 — Scotch
Rappel, enwaille-donc !
13 — Mélane [Hallelujah!] 14 — L’amour à l’échelle 1/60 [C’est ça que je disais. Gros Méné. Pas le choix.] 15 — Le cinéma des vieux garçons
16 — Ultramarr
LES MUSICIENS
Fred Fortin : voix, guitare, basse
Olivier Langevin : guitare, basse, voix
Jocelyn Tellier : guitare, basse, pedal steel
François Lafontaine : claviers, voix
Samuel Joly : batterie

 

Bref, j’ai passé une belle soirée.

 

dec47

À propos Marie-Amélie Dubé

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