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François Lévesque, l’homme-orchestre

Texte Priscilla Winling | Photo Carey Lévesque

C’est un retour aux sources pour le nouveau directeur de l’École de Musique Alain Caron, qui vient tout juste d’entrer en fonction.

Ce trentenaire affable et souriant, tromboniste de formation, a connu plusieurs vies professionnelles de Victoriaville à Vancouver, en passant par Québec.

Natif de Rivière-du-loup, il part à Victoriaville en 3e année, y fera tout son secondaire en concentration musique, où sa mère enseigne. Amoureux du trombone, il l’étudie à l’école dans un registre classique, mais joue également d’autres répertoires, jazz majoritairement, en dehors des cours.

Pourquoi le trombone, au fait ? François a pu essayer plein d’instruments de musique, quand il rejoignait sa mère, enseignante de musique, à la fin des répétitions. Piano, cuivres… C’est le trombone qui est resté, comme une évidence qu’il ne s’explique pas.

Avec une famille musicienne, qui comprend une grand-mère professeure de piano, on pouvait s’imaginer une période de rébellion ou de remise en question à l’adolescence, mais non.

François, même s’il n’avait pas exactement d’idée précise encore en tête, savait qu’il voulait travailler dans la musique.

La pédagogie est venue très tôt. Dès le secondaire 5, il enseigne le trombone à d’autres élèves, du stage band notamment.

Arrivé à Québec, il continue son cursus d’études musicales au Conservatoire de la Capitale-Nationale. François fait également ses premières armes de musicien en orchestre symphonique, comme surnuméraire.

François Lévesque
Nouveau directeur de l’ÉMAC

Ensembles de jazz, stage bands, musique d’ambiance, club de salsa parcourent ses soirs et fins de semaine, quand il étudie le jour. Classique, populaire, jazz, aucun répertoire ne reste inexploré pour ce tromboniste curieux.

Ensuite, baccalauréat en poche, direction Vancouver, pour suivre l’enseignement d’un tromboniste réputé, et continuer par une maîtrise de musique à l’Université de Colombie-Britannique, ce qui lui permettra de nouer des contacts précieux.

Là-bas aussi, il sera musicien surnuméraire, pour l’orchestre symphonique de Vancouver Island, le jour et, comme à Québec, tromboniste dans un club de salsa la nuit, en plus de multiples participations à d’autres ensembles et d’autres répertoires.

Mais c’est aussi le début de l’aventure comme musicien de tournée, avec I Trombini un « team Canada du trombone » qui l’amènera à voyager dans tout le pays et côtoyer un public jeunesse en concert et en classe de maîtres dans les écoles, du primaire au collégial.

En parallèle, il fera partie de l’équipe de développement du modèle d’affaire « Beethoven at home », une plateforme qui met en relation professeurs de musique et élèves, s’initiant au marketing, aux bases de données en ligne. Démarrée à Vancouver, cette plateforme s’est développée dans les grandes villes canadiennes.

Mais François et sa conjointe veulent se rapprocher de leur famille, et démarrer la leur, aussi. C’est décidé, en 2010, c’est le retour à Rivière-du-Loup, une ville qu’il juge pleine d’opportunités pour qui a des projets, et l’envie de s’impliquer.

C’est ce qu’il fait aussitôt arrivé, d’ailleurs, en se lançant dans la scène culturelle en tant qu’enseignant dans les écoles de la région.

Ensuite, plusieurs mandats en gestion de projet le font passer par le Carrefour Jeunesse Emploi (qui a fusionné avec d’autres organismes pour devenir Univers Emploi depuis), où il était en charge de promouvoir l’entrepreneuriat auprès des jeunes.

Là encore, François a puisé dans sa récente expérience professionnelle dans l’entrepreneuriat et a par la suite développé un réseau de contacts avec les gens impliqué.e.s de la région et les entreprises.

Il devient ensuite coordonnateur à Cosmoss pour le Kamouraska, pendant quatre ans.

Un mandat pas forcément étranger à la musique puisque celle-ci était un formidable outil dans les objectifs de développement des tout-petit.e.s, de persévérance scolaire, saines habitudes de vies et intégration sociale, pour cet organisme de concertation dont la mission est d’appuyer les projets d’organismes orientés vers la clientèle jeunesse, des bébés aux jeunes adultes.

Mais la musique est toujours là, en parallèle. François a été une des chevilles ouvrières au développement du projet de conciliation musique-études au Cégep de Rivière-du-Loup, et a été impliqué avec divers projets du Camp musical Saint-Alexandre, le Festival-concours de Musique de la région de Rivière-du-Loup et Rivière-du-Loup en spectacles.

C’est un homme à la croisée des chemins, au milieu des milieux, quand on regarde son cheminement professionnel, avec la musique ; que ce soit en trame de fond ou au premier plan, toujours, pour faire le pont, le lien entre toutes les expériences.

C’est donc tout naturellement que François postule quand, au printemps dernier, l’ÉMAC annonce rechercher un nouveau directeur. C’est son expérience complète, comme musicien professionnel, enseignant, entrepreneur, chargé de projet qui rend sa candidature particulièrement intéressante. C’est donc une expérience de plus de 20 ans qui se retrouve mobilisée dans sa nouvelle fonction de directeur de l’ÉMAC.

Les cartons à peine déballés, ce trentenaire calme et souriant vient de vivre sa première rentrée à l’École de musique.

Il a hâte d’explorer des avenues qui positionneraient l’école au centre d’une ruche musicale, créant, accueillant, encourageant et développant les initiatives musicales, dans la volonté de rendre la musique accessible à la communauté, tout en consolidant l’accompagnement des élèves désirant se professionnaliser, grâce à la préparation aux examens du programme préparatoire du Conservatoire de Rimouski, par exemple. François est tourné vers des projets rassembleurs, mêlant sa compréhension de la vie des musicien.ne.s, des professeurs, et des étudiant.e.s à une vision qui englobe la communauté, que ce soit la clientèle d’élèves habituels ou d’autres publics, voire d’autres milieux artistiques, pourquoi pas. Tout est possible, tout est ouvert.

Une partition collaborative, en somme, qui vient de commencer à s’écrire.

À propos Marie-Amélie Dubé

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