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Fragilité

Texte | Amar Cherigui, docteur en géologie
Photo | TheAndrasBarta de pixabay.com

En mode « Science fiction » le monde tremble. Un « petit » germe de quelques microns microscopiques fait des siennes en se jouant de l’orgueil de la parfaite créature sur terre et notre univers. Cet être aussi intelligent et aussi fort met en clair toute sa fragilité et sa vulnérabilité face à des déséquilibres infimes soient-ils, que notre subconscient bombe son torse, en période de fantasmes sur une nature malmenée et aussi vulnérable que lui-même.

Combien de scénarios de Guerre des Étoiles à la prolifération de virus que l’homme a imagés pour décrire des lendemains incertains. Des scénarios apocalyptiques de l’imaginaire emplis d’effets invraisemblables se versent sur le monde moderne et se caracolent à travers les terres et les océans. La cruauté est partout ; le désastre atteint son paroxysme ; l’être humain ne doit son salut qu’à l’apparition d’une héroïne nommée Conscience avec la solidarité de petites gens humbles, luttant avec hargne au prix de leurs âmes contre le désespoir d’un monde dérivant dans l’insolence de la légèreté.

De la première alerte de ce jeune médecin, mort depuis (mes sincères hommages), les pays (grands ou petits, forts ou faibles) se barricadent et s’isolent ; le stress et la crainte deviennent le plat quotidien de la communauté et le petit germe appelé « covid-19 » ne connait ni frontières naturelles ni barrières imposées.

Le monde tremble et se réveille en gueule de bois. La fragilité frappe partout. Aucun territoire ne peut s’enorgueillir d’être une bulle évoluant à la périphérie du système humain. Tous, sans exception aucune, l’interdépendance fait notre nourriture au quotidien, tel ce corps, si un membre s’avilit, le mal se métastase. Le mal sévit et atteint des proportions incommensurables ; tout le système se dégénère et la survie est embarquée dans une lutte effrénée contre une affliction inodore, incolore et sans frontières. L’homme se réveille affligé par une situation des plus ubuesques. Dans ce climat délétère, l’humilité est de mise. Dans ce contexte, des centaines de milliers de gens anonymes, avec humilité et courage, sont engagés sur le front d’une guerre invisible ; une guerre qui chavire dans sa propagation des mémoires, des âmes vivantes et des cœurs.

Le paradigme serait de construire sur du réel, loin de la surenchère et du virtuel. Le monde doit comprendre que seule la sueur du front, la virtuosité et la solidarité peuvent lui garantir sa survie. Depuis la nuit des temps jusqu’au jour d’aujourd’hui, les guerres ont happé des millions d’âmes innocentes et sacrées pour des causes virtuelles d’égocentrisme et de narcissisme. Dans tout cet égoïsme et ces guerres, la nature n’est pas épargnée. À chaque déséquilibre et agression, celle-ci se manifeste à contre courant de nos faits. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide. À ce stade, l’homme apparait avec toute sa faiblesse et son incapacité à se propulser à la hauteur de son intelligence.

Demain, nos repères doivent instinctivement se porter vers le développement humain, la protection de l’environnement, la lutte contre le gaspillage et les faiseurs de guerres et leur corollaire.

À propos Marie-Amélie Dubé

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