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Fidèle à soi-même

Rencontre avec Jocelyne Lepage | texte Lydia Boulianne-Lévesque

 

L’aventure débute. Jocelyne et moi nous sommes donné rendez-vous au Café Van Houtte. Ça sent bon et c’est chaleureux. Je fais visuellement un tour de la salle avant d’apercevoir Jocelyne. Elle est assise à une table, un café dans les mains. Son sourire est accueillant et ses yeux sont pétillants. Déjà à ce moment, je me sens bien, en confiance, et l’ambiance est tout à fait propice à la discussion. Je ne la connais pas du tout et je ne sais pas qui je m’apprête à connaître. J’ai envie d’en savoir plus. Ses propos me font comprendre qu’elle est un exemple de force et d’ambition. En quittant la maison à 18 ans, Jocelyne n’aurait jamais pu croire quelle vie et quels deuils elle allait traverser. Des deuils qui sont tantôt amoureux, familiaux et économiques. Évidemment, ils lui font perdre peu à peu sa confiance en elle, sa liberté et son autonomie. Heureusement, il y a 20 ans, Jocelyne vit une union fusionnelle et inséparable avec son « Tetou » André. Elle marche la tête haute et comprend davantage la valeur qu’elle a. André est un homme très charmant qui aime faire rire et rendre les gens heureux. Ils sont très actifs socialement. Les deux s’encouragent dans leurs passions. Tetou est un amoureux de la chasse et de la pêche. Jocelyne est motivée face à ses projets : le déménagement dans une autre ville, le changement de carrière, les plans de retraite, le retour aux études.

 

 

Après 32 mois de maladie, le corps d’André met fin à ses souffrances et laisse sa douce moitié. Jocelyne l’accompagne depuis le début. Elle a vu le cheminement de la maladie s’en prendre à son charmant amoureux. Le 16 novembre 2017 sera marqué à jamais dans la mémoire de Jocelyne. C’est lors de cette journée qu’elle lui a prononcé ses dernières paroles : « Apporte
avec toi ce doux baiser jusque dans l’éternité. » Somme toute, un an après ce décès, Jocelyne continue de croire que les deuils, même s’ils lui font mal, lui permettent de se redécouvrir. La réflexion Le voilier de William Blake est une source de réconfort pour Jocelyne. De plus, elle continue de parcourir sa créativité en jouant du piano, en préparant des soupers thématiques avec ses amis et ses proches, et en décorant, à son goût, son domicile. Chacun vit ses deuils à sa manière et Jocelyne les vit avec détermination et résilience. Après ces rencontres, je comprends davantage qu’un mauvais jour ne fait pas une mauvaise vie. Qu’on peut se sortir de ses épreuves en vivant nos émotions, en allant chercher de l’aide et en travaillant sur soi tout en restant fidèle à soi-même.

 

Parfois, au quotidien comme au travail, je me plais à dire que rien n’arrive pour rien. Je crois qu’il faut être attentif aux événements. D’ailleurs, cette rencontre n’est sans doute pas arrivée sans raison. Au fil des rencontres, Jocelyne et moi avons créé une complicité. Elle m’a permis de faire un bout de chemin dans ma vie personnelle. De plus, nous nous sommes rendu compte que, malgré notre différence d’âge, nous avons la même phrase de vie : « Toujours rester fidèle à ses valeurs. » Pour ma part, ce concept est tatoué sur ma peau afin de m’orienter dans les moments difficiles, et pour elle, au fil du temps, il s’est tatoué sur son parcours de vie. – Lydia

À propos Marie-Amélie Dubé

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