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Existe-t-il des REER plus « payants » que d’autres ?

Texte | Annabelle Dumais, planificatrice financière

Pour plusieurs, la motivation première d’investir dans un REER est de bénéficier d’une économie d’impôt. Certains REER semblent plus généreux que d’autres, mais est-ce réellement le cas ?

Une cotisation REER offre toujours une déduction équivalente, peu importe auprès de quelle institution elle est faite. Par contre, certains fonds d’investissement pouvant être détenus dans un REER donnent droit à un crédit d’impôt non remboursable au provincial et au fédéral. C’est le cas notamment des fonds FTQ et CSN.

Ces fonds, communément appelés fonds de travailleurs, sont des sociétés à capital de risque de travailleurs (SCRT) parrainées par un organisme syndical. Ces fonds offrent du capital-risque (du financement) aux petites et moyennes entreprises provinciales. L’objectif de ces fonds est de participer au développement économique, de créer et maintenir des emplois et de favoriser le développement de la main-d’oeuvre.

Afin d’être considéré comme une SCRT, le fonds doit investir au minimum 60 % de ses capitaux propres dans des investissements admissibles, généralement des investissements dans des petites et moyennes entreprises. Le risque est donc élevé et c’est pour cette raison que les gouvernements offrent des crédits d’impôt de 30 % pour le fonds FTQ (15 % fédéral, 15 % provincial) et de 35 % pour le Fondaction de la CSN (15 % fédéral, 20 % provincial).

LE JEU EN VAUT-IL LA CHANDELLE ?

À priori, bénéficier de cette économie d’impôt supplémentaire semble un choix judicieux. Mais il serait faux de s’arrêter uniquement à cela pour baser sa décision d’investissement. En effet, toute stratégie d’investissement devrait considérer le potentiel de rendement à long terme en fonction du risque. Ces dernières années ont été bien favorables pour les fonds de travailleurs. Par exemple, en date du 30 novembre 2019, les rendements composés annuels pour le fonds FTQ (sans tenir compte des frais de gestion) étaient de 11 % sur 1 an, 8,6 % sur 3 ans, 8,11 % sur 5 ans et 7 % sur 10 ans. Toutefois, lorsqu’on compare le rendement des fonds de travailleurs à celui de l’indice boursier canadien S&P/TSX et à celui de l’indice obligataire canadien DEX Universe sur différentes périodes de référence, il est toujours plus bas, peu importe la période de référence. Évidemment, le passé n’est jamais garant du futur.

RÈGLES PARTICULIÈRES

Contrairement à la majorité des provinces, où les fonds peuvent être retirés après huit ans sans perdre le crédit, le retrait des fonds au Québec peut seulement se faire dans des situations précises, comme le départ à la retraite[1].

EN RÉSUMÉ

• Investir uniquement dans les fonds de travailleurs est risqué, car les actifs sont concentrés, mais s’atténuent s’ils s’inscrivent dans une stratégie globale d’investissement ;
• Le crédit d’impôt compense les rendements plus faibles, mais l’effet s’amoindrit au fil des années ;
• Donc, plus on est proche de la retraite, plus il sera avantageux d’investir dans les fonds de travailleurs.

[1] Pour plus de détails : www.fondsftq.com.

À propos Marie-Amélie Dubé

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