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Être travailleur autonome en région

par Josée-Ann Dumais | chargée de communications

 

Le monde du travail change actuellement. Comme de plus en plus de professionnels privilégient un style de vie flexible, le nombre de Canadiens travaillant en dehors de bureaux traditionnels augmente. D’ailleurs, plusieurs régions du Québec réfléchissent à miser sur le travail automne et le télétravail pour attirer de nouveaux résidents. Évidemment, tous les secteurs ne permettent pas cette souplesse. Par contre, le domaine des communications rassemble des professionnels pour qui il est possible et même avantageux de travailler autrement : de la maison, dans un espace de travail partagé, etc. Nous avons donc rencontré trois professionnels des communications qui exercent leurs fonctions en dehors du bureau traditionnel et qui sont établis à Rivière-du-Loup, afin d’en savoir plus sur les nouvelles formes de travail dans notre région.

 

Isabelle Ouellet

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Qui es-tu, depuis quand habites-tu à Rivière-du-Loup et quel est ton parcours ?

Je m’appelle Isabelle Ouellet et je suis Louperivoise. J’ai d’abord étudié au Cégep de Rivière-du-Loup en Arts, lettres et communications (un super programme qui m’a tellement appris), puis au baccalauréat en communication publique à l’Université Laval. Un an après mon retour en région et avec un emploi dans mon domaine, j’ai décidé de me consacrer « pour de vrai » à ce qui me passionnait vraiment : la création de contenus de marque, plus précisément en design. J’ai suivi une formation d’un an (AEC en graphisme) offerte en ligne avec le Cégep de Trois-Rivières puis, à mi-parcours académique, j’ai commencé à faire des contrats de design et à travailler de « 8 à 5 » comme employée dans mes domaines. J’ai fait ces deux boulots pendant trois ans. Aujourd’hui, je suis entrepreneure depuis 2 ans et demi à temps plein à Rivière-du-Loup. Je me spécialise en design graphique et en stratégie pour les marques, les entreprises et les organisations. Mon parcours atypique et complémentaire est ma force aujourd’hui.

 

Pourquoi as-tu décidé de revenir en région pour travailler ?

J’ai toujours ressenti un immense sentiment d’appartenance pour Rivière-du-Loup, que j’appelle affectueusement « Rdlove » (en clin d’oeil au mouvement Limoilove), qui m’a suivi à travers les années. Pour moi, c’était naturel de revenir « chez nous » après mes trois années d’études à l’extérieur pour y exercer ma profession à ma façon.

 

Quand as-tu jugé que c’était le bon moment pour faire le grand saut et travailler autrement ?

Il n’y a jamais vraiment de bon moment, il y a le moment où je me suis écoutée et où je me suis dit : « Go .»

 

Qu’est-ce que le fait d’habiter en région t’apporte personnellement et professionnellement ?

Une qualité de vie ! Les nombreux espaces verts et notre magnifique proximité avec le fleuve Saint-Laurent. L’accessibilité à tout en moins de 15 minutes et sans trafic ! Et surtout : ma famille, mes amis, mes racines. Pour mon entreprise, j’ai la chance de bénéficier d’un grand réseau de contacts et de le développer. La proximité avec les gens ici, c’est facilitant.

 

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Laura Martin

fev26

Qui es-tu, depuis quand habites-tu à Rivière-du-Loup et quel est ton parcours ?

Je m’appelle Laura Martin. Originaire de Saint-Antonin, je suis de retour dans la région depuis bientôt trois ans, après une absence d’une quinzaine d’années. J’ai travaillé comme journaliste au quotidien La Tribune de Sherbrooke pendant plus de dix ans, au cours desquels j’ai réalisé des couvertures à New York, Paris, Bruxelles et Toronto. En plus de diriger la section des arts et spectacles, j’ai tenu une chronique d’humeur et une page mode dans les pages de ce journal. Je suis maintenant travailleuse autonome en rédaction et en communication. Je suis notamment conceptrice et rédactrice de Ma Lafontaine, un site de primeurs, d’humeurs et de coups de coeur locaux.

 

À quel moment as-tu pris la décision de quitter ton emploi de « bureau » pour faire le grand saut ?

Cette décision s’est imposée naturellement, au constat des emplois dans le domaine du journalisme qui étaient rares et précaires dans la région. Mais mon choix s’est confirmé quand différentes entreprises m’ont contactée pour m’offrir des contrats, sans que j’aie même commencé à chercher. J’ai dès lors réalisé que les besoins pour des services de rédaction professionnelle étaient grands. Je me suis lancée il y a un an et je ne me suis jamais tourné les pouces depuis.

 

Qu’est-ce que le fait d’habiter en région t’apporte personnellement et professionnellement ?

Mon niveau de stress a chuté de moitié depuis que je travaille en région et que j’ai quitté le monde étourdissant de l’information. Dans ma vie personnelle, je suis donc plus apaisée. L’ordre de mes priorités a été complètement renversé. Sur le plan professionnel, je vois comme un atout travailler dans une région éloignée. À Montréal ou Québec, les rédacteurs et les blogueurs courent les rues. Ici, nous les comptons sur les doigts d’une main. Il est donc plus facile de se démarquer. Par exemple, pour Ma Lafontaine, mon angle de couverture est nécessairement original et différent des textes écrits sur un même sujet par des médias montréalais. Ça ajoute une dose d’exotisme !

 

C’est important dans le domaine des communications d’avoir une communauté de travailleurs autour de nous (graphistes, imprimeurs, créateurs vidéo, etc.). Comment est-ce que tu évalues cet environnement professionnel en région ?

J’ai été surprise par le nombre de créateurs et de fournisseurs locaux, ainsi que par leur talent. Vraiment, nous n’avons rien à envier aux grandes villes pour l’expertise et la créativité. Comme la communauté est petite, on tisse rapidement des liens de confiance avec nos collaborateurs.

 

 

Antoine Calatayud

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Qui es-tu, depuis quand habites-tu à Rivière-du-Loup et quel est ton parcours ?

Je m’appelle Antoine Calatayud, mais comme c’est un nom relativement compliqué à retenir, je propose aux gens de m’appeler « Chose » ! Je me suis installé à Rivière-du-Loup il n’y a que quelques semaines, après avoir habité 16 ans à Montréal. J’ai longtemps travaillé en création de contenus numériques pour des groupes médias (Radio-Canada, TVA, Évasion, Zeste) et des agences, mais je me suis lancé aujourd’hui dans la grande aventure du travail autonome !

 

Pourquoi as-tu décidé de t’installer en région pour travailler ?

Ce fut une grosse décision pour ma famille et moi, mais nous voulions trouver une vie plus douce que celle que nous offrait Montréal, une vie dans laquelle notre petite fille s’épanouirait peut-être plus facilement.

 

Quelle est la qualité la plus importante pour un travailleur autonome ?

D’abord, ne pas avoir peur du risque ! Parce qu’en étant travailleur autonome, on dit souvent adieu à la paye régulière du jeudi. Il ne faut pas non plus avoir peur du travail, parce que les 40 heures par semaine, ça n’existe plus vraiment, surtout lorsqu’on se lance en affaires. Et enfin, aimer apprendre, parce que c’est au contact des autres et des nouvelles choses qu’on se développe.

 

À quel moment as-tu pris la décision de quitter ton emploi de « bureau » pour faire le grand saut ?

C’est une réflexion qui s’est étalée sur deux ans. J’ai failli partir une première fois travailler dans un ranch en Patagonie. C’est là que j’ai su que j’avais envie d’autre chose ! Et puis, je voulais pouvoir passer plus de temps avec ma famille, voir ma fille grandir et pas juste 1 h 30, le soir, en rentrant du bureau. Après, c’est aussi une accumulation de signes qui m’ont fait dire : « Go. »

 

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À propos Marie-Amélie Dubé

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