Et toi ton casse-tête?

Texte Marie-Amélie Dubé, rédactrice en chef

Y’a rien de crunchy avec le fait de parler de pauvreté ou d’inégalités. La facilité serait de choisir de ne pas en parler en pensant que ça ne nous concerne pas. Avec le froid, l’hiver et Noël qui s’amènent, ce ne serait pas une nécessité d’en parler ?

Comme l’altruisme ou l’empathie ça ne se vend pas au dépanneur, ni ne se remporte à la lotto, ni ne s’emprunte, la Corporation du développement communautaire des Grandes Marées s’associe à la Rumeur du Loup pour vous donner en cadeau ce dossier sur les inégalités sociales et vous offrir une carte postale initiée par l’organisme un collectif pour un Québec sans pauvreté. Chaque année, une campagne de sensibilisation se fait par la distribution de cartes postales réalisées par des artistes et porteuses de solidarité sociale. Le thème de la campagne 2019 est :

« Être pauvre, c’est toujours un casse-tête. »

Cette année Élise Gravel* est l’illustratrice choisie pour imager la campagne. Elle est très connue des parents et des tout-petits, pour mettre en scène des personnes, bien souvent des femmes seules, touchées par un manque de moyens financiers. Elles ont souvent des choix déchirants à faire, par exemple, entre les soins dentaires et le camp de jour des enfants ; ou entre les lunettes à remplacer et garder des économies, ou payer la sortie scolaire et remplacer les bottes d’hiver.

Nous nourrissons tout plein de préjugés sur la pauvreté, par l’apparence des gens, les vêtements, par le langage, la démarche ou l’attitude. Mais on se trompe bien souvent, car une grande part des combats sont invisibles.

Pour y arriver, tous les mois en situation de pauvreté demande tellement d’organisation, de planification et de mobiliser toutes ses forces physiques et mentales en action.

Est-ce réaliste d’exiger autant de performance organisationnelle à quelqu’un dont l’énergie doit être grugée par le casse-tête du quotidien.

Quel est le prix à payer pour avoir une société en santé ?

Serions-nous plus gagnants à investir pour préserver la santé dans les ménages, plutôt que dans un système qui les soigne pour leur détresse ?

Avec la volonté politique, n’y aurait-il pas une possibilité de combattre la pauvreté ?

* Tout ce que fait Élise Gravel est complètement génial. Autant pour les enfants que pour les adultes. Suivez-là sur elisegravel.com.

PRÉJUGÉS

Les préjugés sont des énoncés simples, rapides, faciles à répéter, qui prennent souvent la forme de généralisations ou de raccourcis. Ils peuvent s’exprimer par des insultes, souvent déguisées, à l’endroit des personnes en situation de pauvreté.

Les préjugés peuvent être véhiculés par tout le monde dans la société. Ils peuvent même être reproduits et diffusés par des personnes qui sont elles-mêmes objet de préjugés. Cependant, lorsqu’ils sont véhiculés par des groupes d’influence, des partis politiques, des politicien.ne.s ou des médias, les préjugés ont un impact plus grand, peuvent contribuer à accentuer le pouvoir de certain.e.s et engendrer de la discrimination systémique.

Chez la personne qui les émet, les préjugés renforcent l’estime de soi en créant un sentiment de supériorité. Chez la personne qui est visée par les préjugés, ils produisent de la souffrance, un sentiment de rejet, une perte d’estime de soi et la honte de sa condition sociale.

Les préjugés accentuent les inégalités sociales, renforcent les privilèges des personnes qui ont du pouvoir, excluent et envoient dans la honte celles qui n’en ont pas. Ils brisent la communication et entraînent l’exclusion. Lorsqu’ils sont utilisés comme outil d’oppression, ils créent des boucs émissaires pour les problèmes sociaux et servent à manipuler la population pour conserver le pouvoir.[1] [1] www.pauvrete.qc.ca

À propos Marie-Amélie Dubé

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