Entre les branches : Alain Farah au Thé littéraire

Texte | Camille Bernier, agente culturelle du CLAC
Photos | Mathieu Gosselin

« Je suis en train de comprendre pourquoi j’entends toujours parler du Bas-du-Fleuve. » Alain Farah, l’auteur invité du deuxième thé littéraire de la saison, s’est fait accueillir avec joie par le public le 14 août dernier. « J’ai rencontré beaucoup de gens en chemin vers l’Arboretum, mais j’ai quand même réussi, j’étais fier de moi, à me faufiler entre les tests de son et le début de la rencontre vers le fleuve. J’ai pu aller voir un peu le belvédère et prendre quelques respirations. […] Ça me fait quelque chose, parce que mes parents sont nés au bord de la mer, et ils parlent encore de la mer quasiment tous les jours ».

C’est le lendemain du Thé littéraire du CLAC aux Jardins de Métis que nous discutons, au Château Landry à Mont-Joli. L’effet du contact avec les lectrices et lecteurs de Mille secrets mille dangers, son roman publié il y a un an maintenant, ne s’est pas estompé. L’auteur relate le plaisir d’être lu, que ce soit pour la première fois, ou lorsqu’une relecture de son oeuvre illumine de nouveaux mystères qui s’y cachaient: « De pouvoir dire que mon premier et mon dernier livre dialoguent, se regardent dans les yeux même s’il y a vingt ans entre les deux, pour moi ça me conforte dans mon choix d’avoir pris mon temps. Même Maxime Catellier, qui avait pourtant chroniqué mon premier livre, m’a dit ah ben là, quand je relis tes affaires, je vois les choses pas mal différemment. »

Alain Farah a pris plaisir à partager ces surprises avec le public venu l’écouter, accompagné de la multi-instrumentiste Rosaline Deslauriers et de l’auteur Maxime Catellier à l’animation. La musicienne lui a d’ailleurs offert le cadeau de morceaux suivant la trame de Mille secrets mille dangers, d’un poème de Khalil Gibran chanté à une interprétation de la fameuse pièce-titre du film de Coppola Le Parrain, qui fait une apparition marquante dans le roman. De petites exclamations se sont faites entendre dans l’auditoire, avec des sourires échangés pour marquer le moment.

« Hier il y a une des lectrices qui m’a dit : vous n’avez jamais pensé à faire du stand-up? » Même si l’écrivain fait rire, et qu’il affectionne l’idée de connecter avec les gens debout sur scène en faisant des blagues, le roman qu’il présentait carbure aussi à une forme d’angoisse invisible. « Ce que je constate de très émouvant, c’est que les gens sont très attaché-es à cette histoire-là, et s’attachent parce qu’on dirait qu’elle révèle quelque chose de leur propre vie. Nicolas Dickner, qui est un ami depuis longtemps, disait en lisant mes autres livres : Il y a le miel et le poison, le médicament, et tu sais tes dosages des fois… Là, peut-être que je suis arrivé à un équilibre un peu plus sucré qui fait en sorte qu’on est capable de prendre les bouts plus difficiles du livre. »

Après la lecture, une longue file s’est formée devant la table où l’auteur signait des livres. Ses dessins et mots « sucrés » ornent maintenant quelques copies de plus de son ouvrage de cinq cent pages, dont le poids n’effraie personne cette journée-là. Le lendemain, je demande à Alain Farah comment le livre continue à lui révéler des secrets depuis sa sortie. « Le secret le plus important, que je découvre, je le connaissais comme lecteur, mais je ne le connaissais pas comme auteur, c’est cette capacité-là qu’ont les livres de créer cette rencontre. Je me rends compte que les gens ne se font pas écouter si souvent. Ah, vous passez dix minutes avec moi! Ben oui, vous venez à moi, on se parle. J’ai des crayons de couleur, je prends le temps. Mes crayons feutres achèvent après tous les salons, il faut que je trouve de nouveaux outils. »Pour retrouver Alain Farah, rendez-vous à l’Usine C où il présentera avec Marc Beaupré Chants de Mille secrets Chant 3 (Insomnies, Protocole) dans le cadre du Festival International de la Littérature (FIL, Montréal), à la fin septembre 2022.

Pour plus d’informations sur la 22e édition des Thés littéraires, organisés par le Carrefour de la littérature, des arts et de la culture (CLAC), visitez les sites web inscrits ci-dessous.

Sites:

https://lepointdevente.com/billets/theslitteraires2022clacmitis

https://www.clac-mitis.org/

À propos de Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

Le bonheur du loup

Texte | Pierre Landry Je me promenais sur la plage à la Pointe avec ma …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *