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Entre chats et griffes

texte Marilyn Lemire

 

Le dégriffage des chats est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre cette année. Les débats sont houleux. Nombreux sont ceux qui ont une opinion tranchée sur la question, pour ou contre. Les médecins vétérinaires se retrouvent ainsi au coeur du débat. Un regroupement de 7000 vétérinaires canadiens, l’Association canadienne des médecins vétérinaires, a émis un énoncé de position l’an dernier dans lequel cette association se prononçait contre le dégriffage. Depuis le 15 mars 2018, la Nouvelle-Écosse a interdit cette procédure sur son territoire. La Colombie-Britannique a fait de même le 8 mai dernier. Plusieurs cliniques au Québec ont décidé d’arrêter de faire des dégriffages sans que cela ne soit encore interdit dans la province. À l’Hôpital vétérinaire de Rivière-Du-Loup, nous avons décidé de laisser le choix au client. Nous jugeons que l’éducation est encore la meilleure voie pour que chacun puisse agir selon ses valeurs. Le dégriffage est une procédure chirurgicale que l’on pratique lorsque l’animal est complètement endormi, sous anesthésie générale. Durant celle-ci, on retire la 3e phalange, celle qui porte la griffe et qui se rétracte lorsque le chat marche et qu’il n’utilise pas ses griffes. Il s’agit donc d’une amputation. Plusieurs techniques sont prises pour limiter la douleur : anesthésie locale, combinaison de médicaments pour le contrôle de la douleur, etc. Plus l’animal est jeune, plus il est facile pour lui de s’adapter à cette procédure. Il est par contre fortement déconseillé de la pratiquer sur un chat adulte. Qu’en est-il des solutions au dégriffage ? Il est relativement facile de couper les griffes des chats. Il faut couper la partie blanche en laissant 1 à 2 mm devant la partie rosée, comme pour un ongle humain. Un bon coupegriffe adapté aux griffes de chat (comme sur l’image) est idéal, car il coupe rapidement et n’effrite pas les griffes. On peut également installer des protège-griffes, le temps que l’on habitue le chat aux bons endroits où faire les griffes dans la maison. Le chat fait ses griffes pour marquer son territoire, pour dire : « C’est chez moi ici. » Pour que ce soit bien clair, il privilégiera un endroit bien en vue, souvent le divan du salon. Ce sera donc l’endroit où il faudra installer le poteau à griffes. Magasinez bien votre poteau à griffes ou, encore mieux, faites-le vous-même. Il est bon d’avoir deux types de griffoirs, un poteau vertical et une surface plus horizontale qui va simuler une bûche sur laquelle les chats vont aussi marquer leur territoire dans la nature.

 

« Le chat fait ses griffes pour marquer son territoire, pour dire : “C’est chez moi ici.” »

 

Le poteau vertical doit être assez haut pour que le chat puisse s’étirer de tout son long une fois adulte. Aussi haut que la poignée d’une porte est une hauteur idéale. Il peut être recouvert de tapis, de corde, de bois ou d’un mélange de textures. Les deux types de griffoirs doivent être stables et bien supporter le poids du chat. Si votre poteau vertical manque de stabilité, coincez-le sous la patte du divan. Les lignes verticales vont inciter le chat à faire ses griffes. Probablement que son instinct cherche à camoufler les traces de ses compétiteurs. Vous pouvez profiter de cette habitude et faire des stries verticales au marqueur aux endroits où vous voulez que votre chat fasse ses griffes. De plus, un produit nommé Feliscratch, fraîchement sorti sur le marché, nous aide également à attirer le chat au bon endroit. Ce sont des phéromones de marquage qui vont stimuler le chat à faire ses griffes. On étend le produit en faisant des lignes verticales et le tour est joué ! De plus, vous devez réparer ou camoufler les endroits précédemment endommagés par le chat, le temps de l’éduquer à aller au bon endroit. Vous pouvez recouvrir le coin du divan avec une toile de plastique, du papier aluminium ou du ruban double-face, de façon à dissuader minou. En plus de protéger les meubles, il est souvent question de dégriffer les chats pour protéger les enfants. Tout repose encore là sur l’éducation. On doit apprendre aux enfants à comprendre les signaux envoyés par minou. Lorsqu’un chat bouge la queue, cela veut dire qu’il s’impatiente et n’est pas confortable. De même, s’il plie ses oreilles, il n’est pas content du tout. Il faut alors permettre au chat de se retirer. Car même si le chat est dégriffé, si l’on ne comprend pas son mécontentement, il prendra alors d’autres moyens pour se défendre. Ainsi, s’il n’a plus de griffes, il aura tendance à mordre. Voici donc un rapide survol du sujet du dégriffage. Dans tous les cas, le succès de la cohabitation réside donc dans un environnement enrichi adapté aux besoins de notre compagnon.

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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