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En période d’insomnie

texte Simon Fournier

 

Qu’est-ce que je fais, en période d’insomnie ? Je fais du ménage, j’avance des dossiers et, parfois, je me plonge dans le quotidien en m’exprimant sur certains sujets et débats de notre société. Est ce que ça me fait plus dormir? Non. Mais ça passe le temps. On entend parler de la baisse de la main d’oeuvre. C’est incroyable ! Il manque du monde partout. Plusieurs secteurs et entreprises sont hypothéqués ou menacés par cette situation. Que devons-nous pointer du doigt ? La baisse démographique qu’a connue notre société ? Les assistés sociaux qui refusent de retourner sur le marché du travail ? Le manque de scolarisation de notre belle jeunesse ? Le décrochage scolaire ? Les salaires trop bas ? Peut-être. Il faut se questionner.

Moi, je me pose de plus en plus la question. Et si la faute n’était pas attribuable aux causes mentionnées plus haut (malgré qu’elles ont toutes un rôle à jouer dans ce contexte), mais plutôt à notre entêtement à vivre dans une mentalité nord-américaine basée sur le profit et l’expansion, la conquête des marchés et la mondialisation ? Je n’ai rien contre ces principes et ces valeurs, et même le développement économique est dans les éléments clé afin de développer des milieux prospères, etc. Mais avons-nous oublié par la bande certains principes et un élément des plus importants ? Je m’amuse à dire que je suis une machine, mais tous me connaissent comme un humain avant tout. Oui, le côté humain, le travail, la famille, la santé, l’équilibre, quoi ! Mais la pression de compétition que les entreprises se sont mise et la place de la consommation ont pris de l’importance au point de nous piéger. 2018 : Des commerces sont ouverts 7/7 et certains sont ouverts 24 heures. Pour devenir compétitifs et augmenter leur part de marché, ils doivent assister rapidement à des fusions. Mais maintenant, il y en a de moins en moins et ils ont de plus en plus besoin de main-d’oeuvre pour survivre à un roulement naturel d’employés et aux nombreuses expansions rapides du commerce. Bien sûr, la compétition a aussi un impact dans ce besoin de performance.

Parlons aussi des critères de performance que nous n’arrêtons pas d’élever, même si de plus en plus n’atteignent pas ce niveau ou abandonnent à cause du temps nécessaire pour y arriver et des épuisements professionnels provoqués. On préfère toujours le résultat au bien-être de la personne, les profits au bienêtre de la personne, le nombre de services proposés au bien-être de la personne. Oui, on doit en discuter, et c’est important de le faire sans critiquer notre réalité, sans apporter de nouvelle vision. Moi, je vois des choses réalistes et simples qui ont fonctionné dans le passé et qui pourraient très bien le faire aussi aujourd’hui. Mais les choix de société que nous faisons aujourd’hui nous useront jusqu’à la corde. Travailler la nuit et le dimanche pénalise la famille. Parcourez la France et vous serez surpris de voir des dépanneurs, restos, stations-service fermés la nuit et le dimanche. Je ne veux pas généraliser, mais chose certaine, cela donne plus de temps à passer en famille et permet aux jeunes mères de s’occuper de leurs enfants. Cela permettrait aussi à des pères d’être plus souvent à la maison pour plein de bonnes raisons. Cela permettrait à des étudiants de poursuivre des études sans finir complètement épuisés. Après tout, leur vraie job est d’étudier pour enfin combler des emplois dans tous les secteurs. (Je n’ai pas dit non aux jobs étudiantes, mais dans mon temps, plus de 15 heures de travail en période scolaire, c’était beaucoup.) La santé humaine globale (physique et mentale) s’en porterait mieux. Est-il nécessaire que les commerces soient ouverts 7 jours sur 7 et 24 heures par jour ? Non. En Angleterre, un pays industrialisé avec une idéologie et des principes néolibéralistes, les magasins ferment à 18 h du lundi au mercredi, à 21 h le jeudi et le vendredi et à 17 h le samedi. À quelle heure ouvrent-ils ? Entre 8 h et 10 h. Et que font les habitants le dimanche ? Ils se reposent !

Quand j’étais plus jeune, toutes les épiceries et les commerces de détail étaient fermés le dimanche, et personne n’est mort de faim, à mon souvenir. Que collectivement on prenne le temps de souffler une journée par semaine n’est que sensé. Ceux qui le font déjà ne sont pas à l’abri du manque de main-d’oeuvre, mais je considère que cela diminue les risques que le problème grossisse. Après tout, le dimanche n’est-il pas le jour du Seigneur, le jour familial ?

À propos Marie-Amélie Dubé

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