En mouvement, vers une culture du consentement

Texte | Clémence Harvey
Photo | Cliff Booth

Le CALACS du KRTB (Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) est un organisme communautaire à but non lucratif fondé par et pour les femmes en 2003. Le CALACS a comme but de venir en aide à toutes les femmes et adolescentes de 14 ans et plus victimes d’une agression à caractère sexuel ainsi qu’à leurs proches.

L’agression à caractère sexuel est un acte de domination, d’humiliation, d’abus de pouvoir, de violence, principalement commis envers les femmes et les enfants. Cette définition s’applique quelle que soit la nature de la relation avec l’agresseur·e, l’âge, le sexe, la culture, la religion, les conditions physiques ou intellectuelles et l’orientation sexuelle.

Agresser sexuellement, c’est imposer des attitudes, des paroles, des gestes à connotation sexuelle contre la volonté ou malgré l’absence de consentement de la personne, et ce, en utilisant le chantage, l’intimidation, la manipulation, la menace, les privilèges, la violence physique, psychologique ou verbale. Les conséquences et les réactions d’une agression à caractère sexuel peuvent se manifester de multiples façons. Elles peuvent être physiques, psychologiques, existentielles, sexuelles, économiques, sociales et peuvent varier d’une personne à l’autre et dans le temps.

Au quotidien, le travail d’intervention auprès des femmes se caractérise par la réalisation de leur plein potentiel. Nous avons comme objectif d’amener les femmes agressées sexuellement à libérer leurs émotions et à exprimer leurs besoins. Nous les aidons à prendre conscience de l’ampleur et de l’aspect social du problème de violence sexuelle. Il permet donc aux femmes de ne plus se sentir responsables de l’agression vécue et de reprendre du pouvoir sur leur vie.

De plus, nous souhaitons que les agressions à caractère sexuel ne soient plus associées aux victimes ni à leurs comportements, mais bien aux agresseur·e·s qui commettent les gestes de violence. La prévention et la sensibilisation à la problématique et aux conséquences des agressions sont alors essentielles pour défaire les préjugés, de même que les actions sociales et politiques permettant d’obtenir des changements contre la violence faite aux femmes.

C’est dans cette optique que nous avons décidé de faire la refonte de notre site Internet. Le KRTB (Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata, Les Basques) est un vaste territoire à couvrir pour une petite équipe de trois travailleuses. Avec notre nouveau site web, nous espérons pouvoir répondre aux questionnements que certaines victimes des milieux plus éloignés peuvent avoir. Nous croyons également que ce genre de site internet incitera les femmes à venir parler de leur agression avec une de nos intervenantes.

Faire le dévoilement d’une agression à caractère sexuel n’est pas une tâche facile. Beaucoup de femmes ont de la difficulté à reconnaître qu’elles ont vécu une agression ; ceci est principalement dû aux mythes qui entourent les agressions sexuelles. Pourtant, on dit qu’une femme sur trois a été victime d’au moins une agression sexuelle depuis l’âge de 16 ans, et ce, juste au Québec[1]. Cela démontre clairement que le besoin est présent.

Décider de parler de son agression, ce n’est pas forcément de porter plainte à la police, mais de raconter son expérience à une personne bienveillante qui va écouter et reconnaître ce que l’on a vécu.

[1] Gouvernement du Québec, Orientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle, Québec, 2001.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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