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En marche pour demain !

texte Marie-Amélie Dubé

 

La décroissance économique comme solution à la crise écologique est sur toutes les tribunes. La guerre au plastique et au suremballage est assurément en cours. Le partage de solutions innovantes pour réduire l’empreinte écologique de la consommation humaine se multiplie partout sur la planète. Je pense entre autres à ce centre commercial en Suède qui ne vend que des objets et du matériel recyclé, je pense à cette ferme dans Charlevoix qui produit l’énergie pour ses bâtiments à partir de la biométhanisation du lactose et je pense au projet de biométhanisation de notre MRC. Bien entendu, la démission de Nicolas Hulot à son poste de ministre de la Transition écologique a jeté une onde d’extrême lucidité par rapport au manque cruel de volonté politique sur ce sujet. Le grand cirque ordinaire que nous ont livré les élections provinciales, mis à part la rafraîchissante formation de QS composée de Catherine Dorion, Sol Zanetti, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois (on voudrait tous être dans Taschereau), démontre encore une fois que l’environnement est au bas de la liste des to do. Le pessimisme de Patrick Lagacé, chroniqueur vedette à La Presse, est venu jeter de l’eau sur le feu, comme si on avait besoin de cela ! Nous faire traiter d’utopistes par des lâches… paresseux qui se vautrent dans l’argent et leur incapacité, voire leur manque de volonté, à changer leurs habitudes… Bon, je sais, j’y vais fort dans l’image… Voulez-vous que je vous en nomme, des utopistes ? Steve Jobs ça vous dit quelque chose ? Martin Luther King ? Des visionnaires, des utopistes qu’on a pris pour des fous ? Les plus grands fous de ce monde ont fait les plus grandes révolutions. S’il y a une chose que j’ai apprise à coup de nuits blanches, c’est que des solutions, il y en a toujours. Dans ce cas, je dirais de ralentir, travailler moins — donc, consommer moins — et développer des réflexes d’autonomie alimentaire, énergétique et d’économie circulaire. Revenir à nos besoins essentiels. Éviter l’achat d’objets à usage unique, composter pour son propre jardin ou participer à un projet collectif de biométhanisation. Échanger, faire du troc, penser à amener ses propres contenants réutilisables pour le lunch, le smoothie ou le café sur le pouce. Plusieurs commerces ont déjà mis en place des solutions du genre pour consommer leurs produits de manière responsable, tel LE VRAC, où l’on peut amener ses contenants pour faire ses emplettes, et Bébé Loup, qui offre aussi cette possibilité pour les produits ménagers et corporels. Je pense aux commerces qui ont commencé à mettre leurs repas pour emporter dans des emballages compostables ou recyclables, comme le St-Hubert.

Autre point, nos maisons sont souvent trop grandes, peu efficaces énergétiquement. L’habitat écologique est aussi une voie à explorer. Mais la réglementation actuelle des municipalités permet-elle vraiment ce changement ? Quand je pense aux minimaisons, il s’agit d’un choix d’habitation écologique, mais peu de municipalités possèdent une législation favorable à celles-ci. La flexibilité des normes de construction ou d’environnement urbain peut-elle faciliter le changement vers un nouveau mode de vie visant l’autonomie alimentaire et l’habitat écologique ? Si je veux me construire un habitat responsable doté d’un système d’aquaponie pour produire mes propres légumes et poissons en circuit fermé, le tout dans une maison minimaliste et autonome énergétiquement faite à partir d’un conteneur, quelle municipalité aura les normes de construction pouvant accueillir ce genre de projet ? Nous avons déjà approché une municipalité à ce sujet et on nous demande que la maison soit absolument recouverte pour qu’on ne voie pas le métal du conteneur. Combien devrais-je payer de plus simplement pour plaire aux normes de construction ? Combien de matériaux supplémentaires, dont je n’ai pas vraiment besoin, devrais-je obtenir ? Dossier à suivre… Voici un dossier non exhaustif sur la décroissance, car, bien évidemment, les contenus sont le résultat de la participation citoyenne. En espérant que la lumière et l’optimisme vous animent. Repoussons la grisaille et l’amertume. Impliquons-nous dès maintenant dans la poursuite du monde.

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Un commentaire

  1. À une certaine époque, on évoquait l’humilité comme une qualité personnelle enviable. Autrefois, on a même magnifié la pauvreté comme un bien avant de la décrier comme un mal. Puis on a commencé à parler plus subtilement de simplicité volontaire. Plus tard, on s’est mis au concept du développement durable et enfin aujourd’hui on parle volontiers de décroissance alors que le message de fond qui se décline de toutes sortes de façons (on le voit bien) ne semble pas passer auprès d’une grande partie de la population. S’agit-il d’un problème de communication ou de valeur ? Tous deux relèvent de l’éducation qui demeure un vaste chantier autant d’un point de vue collectif qu’individuel.

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