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En deux temps : Les exergues du printemps au Musée

texte Oriane Asselin Van Coppenolle, conservatrice au Musée du Bas-Saint-Laurent | photos David Ouellet

Ce printemps, le Musée du Bas-Saint-Laurent présente deux expositions dont les titres introduisent tous deux la notion de temporalité. Hélène Sarrazin nous offre de plonger dans ses dernières créations et d’arrêter le temps, l’instant d’un moment, à travers son exposition « D’autres infinis ». Il y a dans le travail pictural d’Hélène Sarrazin un rapport à la méditation, à la fois dans la création de l’artiste et pour le public. L’artiste propose une série d’oeuvres de petites tailles, de grands dessins et une courte vidéo rassemblant des moments d’inspiration captés sur le vif. Nous retrouvons dans toutes ces oeuvres picturales un minutieux travail de superpositions que ce soit par soustraction ou par addition de la matière. Parfois, l’artiste superpose de multiples couches de peinture à l’huile puis procède à la soustraction de fines portions de matières afin de révéler les couleurs qui s’y cachent. Happé par la texture induite par le geste de l’artiste, notre regard se prolonge au coeur des tableaux dont la surface est saturée par les marques. Les plus petits formats appellent à un rapport plus intime avec l’oeuvre, alors que ceux de plus grande taille invitent à une immersion dans la composition.

Hélène Sarrazin détient une maîtrise en arts plastiques de l’UQÀM et a complété une scolarité de doctorat en études et pratiques des arts. Elle a présenté plusieurs expositions individuelles (Montréal, Alma, Rouyn-Noranda) et participé à de nombreuses manifestations collectives. Elle s’est impliquée activement dans le milieu des centres d’artistes et a travaillé comme responsable de la formation au Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec jusqu’en 2013. Au fil des ans, elle a reçu de nombreuses bourses du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts du Canada.

L’exposition « Arcadia : Archéologie du futur », de Pierre Durette nous transporte dans un autre espace-temps, celui d’un futur post-apocalyptique dont nous serions les témoins. Par l’utilisation de la photographie, de la peinture et de la sculpture, l’artiste nous mène à la frontière de la réalité et de la fiction en provoquant des détournements qui nous font remettre en question notre rapport au monde et à ses enjeux. Placés sous vitrine, des artefacts du futur, tel un casque ou un ordinateur portable, reposent sur un feuillage recouvert de cendre ou de goudron. Enduites de porcelaine, puis cuites individuellement dans un four et finalement peintes d’un noir mat, les feuilles permettent une mise en contexte de ces artefacts. Ces objets agissent à titre de témoins de l’obsolescence programmée de nos civilisations et illustrent ce fantasme de la conquête spatiale et de la perte de contrôle globale qui en découle, non sans une touche d’humour. L’artiste crée également des images-archives, mémoires de notre histoire qui, par exemple, mettent en scène des hommes en habit de protection jouant aux échecs ou encore une ville en flammes. Avec cette exposition interdisciplinaire, Pierre Durette introduit plusieurs questionnements sur notre société et sur la manière dont l’Histoire s’est composée, tout en extirpant du chaos une certaine splendeur.

Pierre Durette, détenteur d’un baccalauréat en arts visuels (UQÀM), vit et travaille dans sa ville d’origine à Causapscal depuis 2015. Il a exposé dans de nombreux lieux, dont le Musée d’art contemporain de Montréal et le Musée national de l’estampe à Mexico. Son travail fait partie de plusieurs collections tant privées que publiques à travers le Canada et à l’étranger.

À propos Marie-Amélie Dubé

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