Élections Fédérales 2021

Image d’en-tête | Mohamed Hassan, pixabay.com

SIMON BÉRUBÉ, candidat du Bloc Québécois

Quelle sera la question de l’urne, d’après vous ? Sur quel enjeu principal portera-t-elle ? Et si c’était vous qui aviez à la créer, comment la formuleriez-vous ?

La question des changements climatiques est incontournable, alors que nous vivons l’été le plus chaud de notre histoire récente, ce qui a un impact direct sur de nombreuses industries et sur nos concitoyen·ne·s. La montée des eaux, l’érosion des berges et la perte de cultures, entre autres, sont d’importants signaux d’alarme qui devraient réveiller le gouvernement fédéral, qui est – malheureusement – un État pétrolier.

Un autre incontournable est le respect du Québec et de ses champs de compétence. Alors que les autres partis se lancent dans une surenchère d’ingérences au mépris total du Québec, le Bloc québécois est le seul parti à défendre systématiquement le Québec et les aspirations de son Assemblée nationale.

La question de l’urne est difficile à formuler puisque les électeur·trice·s ont plusieurs enjeux qui les touchent personnellement, mais dans l’ensemble, les électeur·trice·s doivent se poser la question : “ Qui défendra sans compromis les intérêts des Québécois·es à Ottawa ? »

Le Québec et le Canada dans 25 ans ? Où en est-on au niveau de l’inclusion sociale, de l’intégration des immigrant·e·s et de la transition énergétique ?

Avec un gouvernement majoritaire libéral ou conservateur, nous allons rater nos objectifs en matière de lutte aux changements climatiques, avec les conséquences désastreuses que nous commençons à peine à découvrir. Le Bloc québécois fera tout en son pouvoir pour forcer le gouvernement fédéral à revoir à la hausse ses objectifs en matière d’émission de CO2.

Quant à l’intégration des immigrant·e·s et à l’inclusion sociale, la politique multiculturelle du Canada nuit à l’intégration des immigrant·e·s, et c’est pourquoi le Québec a choisi son propre modèle, l’interculturalisme, qui vise à intégrer les personnes nouvelles arrivantes à la société québécoise. Nous voulons soustraire le Québec au multiculturalisme puisqu’il vient faire compétition et nuit à l’intégration des personnes nouvelles arrivantes, ce qui a de graves conséquences sur l’inclusion sociale.

Votre fierté en tant que citoyen du BSL, du Québec, du Canada et du monde ? Puis en tant qu’éventuel député ? La différence entre les deux ?

La fierté québécoise est au coeur de mon engagement politique et de celui des autres candidat·e·s du Bloc. Aucun autre parti que le Bloc québécois ne peut se targuer de défendre uniquement les intérêts des Québécois·es. Tous nos projets de loi, motions ou interventions à la Chambre des communes visent à promouvoir et défendre le Québec.

Si la transition socioécologique sous-tend une décroissance, et que nous devons collectivement diminuer, voire arrêter de consommer certaines ressources, que proposeriez-vous ?

Nous souhaitons couper toutes les subventions fédérales à l’énergie fossile. Nous devons dès aujourd’hui nous lancer pleinement dans la transition vers les énergies vertes. Le Québec est un leader mondial dans ce domaine, et Ottawa doit soutenir ses initiatives plutôt que de lui faire compétition.

Si la région avait à innover prochainement pour se réinventer après la pandémie, quel nouveau secteur serait à privilégier, d’après vous ?

Plusieurs secteurs d’activité sont en croissance, comme le secteur manufacturier et le secteur des services. De plus, avec un accès à Internet haute vitesse de qualité, les possibilités sont infinies alors que l’économie est de plus en plus numérique. L’entente récente entre Ottawa et Québec sur la connectivité Internet découle grandement des pressions du Bloc québécois et des autres acteurs. Nous croyons qu’en augmentant l’accès à Internet, plusieurs entreprises pourront se développer, rayonner davantage et effectuer une transition numérique, apportant de nombreux nouveaux débouchés.

Bernard Généreux, candidat du Parti conservateur du Canada

Quelle sera la question de l’urne, d’après vous ? Sur quel enjeu principal portera-t-elle ? Et si c’était vous qui aviez à la créer, comment la formuleriez-vous ?

La question de l’urne est : “ Pourquoi sommes-nous en élections ? »

Les libéraux·ales cherchent le pouvoir à tout prix. Il·Elle·s ne souhaitent pas diriger le pays. Seul·e·s les conservateur·trice·s sont une alternative crédible avec un plan complet et responsable pour agir dans les intérêts du pays, des Canadien·ne·s et des Québécois·es au lendemain du 20 septembre. C’est en formant le gouvernement qu’on peut agir !

Le Québec et le Canada dans 25 ans ? Où en est-on au niveau de l’inclusion sociale, de l’intégration des immigrant·e·s et de la transition énergétique ?

Nous n’aurons pas besoin d’attendre 25 ans pour voir des changements majeurs dans la circonscription de MLKRDL et partout au pays. Nous allons favoriser et accélérer l’électrification des transports. La géographie du Québec en fait un endroit enviable pour se prévaloir de cette ressource d’énergie propre et renouvelable. Nous n’allons pas suivre la parade. Le Canada sera de la parade avec notre plan, le plan mis de l’avant par Erin O’Toole, pour favoriser les technologies vertes et la recherche dans des alternatives sérieuses au point de vue énergétique. En immigration et inclusion sociale, le plan conservateur est clair : redonner au Québec les pouvoirs enlevés par les libéraux·ales.

Votre fierté en tant que citoyen DU BSL, du Québec, du Canada et du monde ? Puis en tant qu’éventuel député ? La différence entre les deux ?

Je me suis toujours considéré comme un citoyen du monde. Dès mon jeune âge, j’ai voyagé dans plusieurs pays et surtout au Canada, grâce à l’ouverture d’esprit de mes parents. J’ai toujours eu une très grande fierté de porter le drapeau canadien sur mon sac à dos et de présenter mon passeport. Au cours des six dernières années comme député, j’ai mis en oeuvre plusieurs tournées de la circonscription, autant touristiques, économiques que sociales. Je peux les résumer en un seul mot… Wow ! Notre région est tout simplement unique et habitée par des gens chaleureux, débrouillards et travaillants. Comme député, ma région, c’est ma carte de visite, et croyez-moi, mes collègues savent où j’habite ! Il n’y a pas un repas, une commission parlementaire ou un caucus où je ne vante pas nos attraits et notre potentiel entrepreneurial. Il n’y a pas de différence entre les Bernard citoyen, entrepreneur et député qui veulent relever les défis en matière de maind’oeuvre, d’infrastructures régionales et communautaires et d’amélioration de notre accessibilité au fleuve Saint-Laurent.

Si la transition socioécologique sous-tend une décroissance, et que nous devons collectivement diminuer, voire arrêter de consommer certaines ressources, que proposeriez-vous ?

Notre plan propose des cibles claires et ambitieuses de réduction des GES et met en toute première place une plus grande autonomie du Canada sur le plan sanitaire et de la sécurité alimentaire. Le monde est plus que jamais interrelié, et si nous souhaitons avoir une consommation plus responsable, cela doit inévitablement commencer par les finances publiques. Il faut être sans équivoque. Les déficits astronomiques des libéraux·ales ne contribuent pas à la décroissance, ils ne font qu’accélérer à un rythme infernal la spirale de la consommation. “ Pas grave, les déficits, notre ratio dette/PIB est excellent ! », disent les libéraux·ales. La vérité : la dette publique a augmenté de 250 % depuis 2015, et ça s’accélère ! Plus de dettes signifie inévitablement plus de consommation. Notre plan favorise l’arrivée de changements durables dans l’économie canadienne et permettra une croissance plus naturelle de notre patrimoine, car il y a des choses essentielles à la vie humaine dont on ne peut se priver.

Si la région avait à innover prochainement pour se réinventer après la pandémie, quel nouveau secteur serait à privilégier, d’après vous ?

Notre région étant déjà innovante dans plusieurs secteurs d’activité, dont l’agroalimentaire, les sciences de la vie, les technologies, l’environnement, pour ne nommer que ceux-là, dans notre plan, nous misons sur la recherche et le développement, l’autosuffisance alimentaire, la gestion du plastique, le traitement des déchets de façon responsable et l’économie circulaire. Nous agirons pour l’innovation. Je ferai la promotion de nos centres collégiaux de transferts technologiques auprès de nos instances pour que nous puissions aller chercher notre part du gâteau. Nous allons simplifier les programmes d’innovation qui sont, pour l’instant, un cauchemar administratif et les réformer pour qu’ils nous profitent.

François Lapointe, candidat du Parti libéral du Canada

Quelle sera la question de l’urne, d’après vous ? Sur quel enjeu principal portera-t-elle ? Et si c’était vous qui aviez à la créer, comment la formuleriez-vous ?

Inévitablement, les questions sur la consolidation de la relance seront au centre des débats. La question de l’urne revient presque toujours aux questions économiques, sauf dans la perception des Québécois·es qui affirment que les changements climatiques et l’environnement sont leurs plus grandes préoccupations.

Nos futures décisions budgétaires seront inhérentes aux conséquences du réchauffement climatique. L’impact des changements climatiques, juste sur le secteur de la santé, pourrait coûter 86 milliards $ par année d’ici 2050 seulement au Canada. Alors, si je devais formuler la question de l’urne, ce serait la suivante : sommes-nous prêt·e·s collectivement à prendre des centaines de décisions rapides et pragmatiques, autant chez les citoyen·ne·s, les entreprises que dans le fonctionnement de l’État, pour réduire de façon significative nos émissions de GES ? C’est la suite du monde qui en dépend, rien de moins.

Le Québec et le Canada dans 25 ans ? Où en est-on au niveau de l’inclusion sociale, de l’intégration des immigrant·e·s et de la transition énergétique ?

La pénurie de main-d’oeuvre est un dossier qu’il faut améliorer de façon significative, et ce, le plus rapidement possible. L’arrivée de travailleur·euse·s étranger·ère·s pour pallier cette pénurie de main-d’oeuvre est inévitable. L’intégration de ces nouvelles personnes arrivantes se passe bien, car quand les gens se rencontrent, c’est l’humanité de l’autre qui nous rejoint, bien plus fortement que les possibles préjugés. J’ai confiance que l’intégration des immigrant·e·s se fera avec succès.

Ce n’est pas l’identité de genre (laquelle doit être respectée, sans exception) ou l’origine ethnique qui sont les principales causes du sentiment d’exclusion, c’est la pauvreté. Il faut donc, dans un monde qui connaît de profondes transformations technologiques et climatiques, ne laisser tomber personne, un peu comme nous l’avons fait pendant la pandémie. La transition énergétique est un exemple de ces transformations majeures. Il faudra soutenir des milliers de travailleur·euse·s qui devront, eux·elles aussi, transiter entre deux métiers.

Si la région avait à innover prochainement pour se réinventer après la pandémie, quel nouveau secteur serait à privilégier, d’après vous ?

La pandémie a révélé plusieurs fragilités des systèmes en place ; les chaînes d’approvisionnement internationales ont donné des signes de faiblesse dans une situation de crise. La pandémie nous a donc rappelé l’importance d’avoir accès à des produits et des services locaux. Dans Montmagny-L’Islet, le confinement et l’envie de centaines de citoyen·ne·s de consommer de façon locale et responsable ont fait quadrupler en un peu plus d’un an les activités du marché virtuel La Chèvre et le Chou. Le marché permet aux citoyen·ne·s du territoire de commander en ligne un grand nombre de produits locaux. Il y a là un modèle intéressant pour d’autres MRC. Ce n’est pas de nouveaux secteurs qui me viennent en tête en réponse à la pandémie, mais plutôt des modes de fonctionnement différents : plus de circuits courts, prioriser l’économie circulaire et le retour du savoir-faire dans les métiers de réparation, comme la cordonnerie.

Votre fierté en tant que citoyen du BSL, du Québec, du Canada et du monde ? Puis en tant qu’éventuel député ? La différence entre les deux ?

Quand je suis témoin de la formidable capacité d’innovation de nos entreprises, de la générosité de nos gens lors d’événements marquants comme l’incendie de L’Isle-Verte, quand je vois l’impact positif que produisent les OBNL de notre territoire (autant en culture que dans l’action sociale, en éducation ou en environnement), quand j’observe le savoir-faire et l’immense capacité de travail des propriétaires d’entreprises, j’ai régulièrement un fort sentiment de fierté et d’admiration.

Le citoyen que je suis est heureux d’avoir contribué à plusieurs projets avec ces gens formidables : alphabétisation, production de magazines télé, créations musicales, promotion de projets touristiques, sensibilisation à l’environnement, etc. Le député que j’ai été, et celui que j’aurai possiblement l’honneur d’être à nouveau, est habité par cette même fierté pendant qu’il défend les intérêts de notre région dans le cadre de ses fonctions.

Si la transition socioécologique sous-tend une décroissance, et que nous devons collectivement diminuer, voire arrêter de consommer certaines ressources, que proposeriez-vous ?

Je possède une voiture usagée minuscule, j’habite une petite maison, je composte et recycle, je compense mes émissions de GES par de la plantation d’arbres quand je peux. Ce sont des choix personnels, je ne juge en rien le mode de vie d’autrui.

Pour éviter un réchauffement de plus de deux degrés, les comportements écoresponsables de millions de citoyen·ne·s ne suffiront pas ; il faut aussi des politiques publiques éclairées. Depuis des années, le coeur de ma réflexion se base sur les travaux du Project Drawdown, un collaboratif de chercheur·euse·s internationaux·ales qui définissent des solutions afin d’inverser le réchauffement climatique. Quelques solutions impliquent une forme de décroissance
graduelle de certains secteurs, mais plusieurs solutions portent sur le développement d’activités humaines qui captent ou réduisent des tonnes d’émissions de GES. L’être humain est capable d’innovation et de créativité ; c’est là-dessus qu’il faut s’appuyer pour réussir une transition socioécologique et économique efficace.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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