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Du choeur au coeur

Rencontre avec Gisèle St-Pierre et Jean-Marie Côté | texte Lydia Martel

 

Cet anneau d’or
Pour nous deux jusqu’à la fin du monde
Enchaînera nos coeurs d’une joie vagabonde
Et tu seras pour moi encore plus belle
Quand tu auras cet anneau d’or au doigt !

 

Qui aurait cru vivre une première date sur un air de Georges Guetary ? Bien sûr, nous ne sommes pas en 2018, mais bien en 1969. C’est ce qu’a vécu madame Gisèle et son époux Jean-Marie. Elle avait 24 ans lorsqu’elle l’a rencontré. Bien que la norme voulait que les femmes se marient jeunes, Gisèle ne se sentait pas prête à être en couple, préférant mettre l’accent sur son travail et ses amitiés. Elle était enseignante à la quatrième année depuis ses 18 ans et passait beaucoup de temps dans la correction, ne pensant pas trop à l’amour. Elle était dévouée pour son métier et y mettait tout son coeur pour le bien-être et l’apprentissage des enfants de sa classe. Gisèle faisait partie de la chorale du Choeur Saint-Louis, et ses cours de chant avaient lieu de 15 h à 16 h ; lui, de 16 h à 17h. Ils se croisaient donc lorsqu’elle sortait et que lui entrait, et se disaient « bonjour, bonjour » tout bonnement.

 

 

À la fin d’un de ses cours, la professeure de chant lui dit qu’elle doit cesser de chanter pour reposer sa voix. Elle fera le concert au mois de mai, mais devra ensuite quitter la chorale, bien déçue de ne plus pouvoir chanter. Elle ne croiserait donc plus cet homme à la fin de ses pratiques. Le mois de mai arrive, le concert se déroule au Centre culturel de Rivière-du-Loup devant une salle comble et des spectateurs bien heureux. À la fin du concert, à la sortie, elle tombe face à face avec l’homme. Après une visite à l’hôpital pour voir sa mère, il a décidé de se rendre au Centre culturel voir le concert du Choeur Saint-Louis sachant très bien qu’il la trouverait là. Gisèle allait ensuite souper au Tit Duc avec la chorale. Elle a donc invité Jean-Marie qui a aussitôt accepté l’offre. Après le souper, Jean-Marie lui a proposé de la reconduire chez elle. Le moteur travaillait pour monter la côte Saint-Pierre, ensevelie sous cinq pouces de neige. Alors que les flocons blancs tombaient au ralenti comme si le temps voulait s’arrêter à cet instant précis, les pensées de Gisèle se bousculant, se demandant ce qu’elle est en train de vivre, assise aux côtés de cet homme qu’elle connaissait à peine ; cet instant précis où à la radio, Georges Guetary chante des paroles d’amour, cet instant précis où, sans le savoir, sa vie s’apprête à changer. C’est à ce moment que leur histoire commence et ne se termine jamais. Après 48 ans de mariage, l’amour qui émane de leurs yeux est prenant, et les voir ensemble n’est qu’un baume de tendresse.

 

Il est impressionnant de rencontrer quelqu’un qui trouve du positif dans toutes les situations. Son calme est remarquable et rassurant. Elle vit et laisse vivre les autres à leur façon, ne portant aucun jugement sur les gens. Ça en est déconcertant ! J’ai vu en Gisèle une partie de moi, des similitudes troublantes et une façon de vivre que j’admire. C’est inspirant de voir quelqu’un être aussi serein avec ses choix de vie. Tout cela m’a ouvert les yeux sur l’importance d’être soi-même et de travailler fort pour atteindre ses buts. – Lydia

À propos Marie-Amélie Dubé

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