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Démystifier son bac brun avec Co-éco

texte Noélie Hébert Tardif, chargée de communication Co-éco

Au Québec, il y a deux grands types de traitements pour les matières organiques issues des bacs bruns, soit le compostage et la biométhanisation. La biométhanisation produit un digestat et du biogaz tandis que le compostage produit uniquement du compost. Ces deux produits n’ont pas la même valeur sur les marchés.

Pour les régions de Kamouraska, Rivière-du-Loup et Les Basques, lorsque vous mettez vos restes de table au bac brun, ceux-ci vont à l’usine de biométhanisation de la Société d’économie mixte d’énergie renouvelable (SÉMER) de la région de Rivière-du-Loup. Le processus de décomposition de la matière se déroule alors sans oxygène, comme dans un estomac. Le biogaz ainsi produit peut être utilisé comme source d’énergie renouvelable en substitution des gaz naturels comme le gaz de schiste ou encore comme biocarburant pour remplacer le diesel dans les camions. Le digestat riche en éléments nutritifs et en minéraux est épandu dans les champs de la région de Rivière-du-Loup pour enrichir les sols.

AVANTAGES ENVIRONNEMENTAUX

L’usine de biométhanisation permet de répondre aux cibles gouvernementales en matière d’environnement en ce qui a trait à l’élimination de la matière organique des sites d’enfouissement et à la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Saviez-vous que les matières organiques seront bannies de l’enfouissement d’ici 2020 ? En effet, les municipalités du Québec ont l’obligation de se conformer à la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles qui prévoit de bannir de l’enfouissement 100 % des matières organiques d’ici 2020. Les régions du Kamouraska, de Rivière-du-Loup et des Basques sont prêtes à répondre à cet objectif en desservant plus de 90 % du territoire par la collecte des bacs bruns.

Les sites d’enfouissement sont responsables d’environ 5 % des émissions de GES en Amérique du Nord. La SÉMER contribue à la diminution des GES en captant les gaz émis par le site d’enfouissement à proximité. Ceux-ci seront intégrés dans le procédé de purification et de transformation en biogaz des matières organiques. De plus, l’utilisation du biogaz créé à partir de la matière organique est carboneutre. Ce qui signifie que l’utilisation du biogaz comme biocarburant ou comme source d’énergie renouvelable ne contribue pas à l’augmentation des GES, car le CO2 rejeté équivaut au CO2 qui a été capté par les matières organiques lors de leur croissance (animales ou végétales).

De cette manière, nous pouvons réduire notre dépendance au pétrole en utilisant une énergie renouvelable, carboneutre et qui contribue en plus à enrichir les sols grâce à la production du digestat.

« Nos restes de table ont de la valeur, alors mettons-les au bac brun ! »

ÉVOLUTION

Depuis l’entrée en fonction de l’usine de biométhanisation en 2016, toute la matière qui a été mise au bac brun a été traitée sur place puis transformée en digestat et en biogaz. De cette façon, l’usine remplissait ses objectifs d’un point de vue environnemental. D’un point de vue économique, l’usine a rencontré quelques difficultés techniques pour ce qui est du raffinage et de la liquéfaction (quantité de biogaz, inondation, équipement, etc.). Ces défis ont entraîné un retard quant à l’atteinte des objectifs économiques du projet.

Pour redresser la situation, la SÉMER a annoncé en avril dernier un changement stratégique en adaptant ses installations pour produire à la fois du biogaz liquéfié et du biogaz comprimé. Actuellement, le biogaz comprimé a une plus grande valeur sur le marché et la SÉMER a conclu une entente avec Gaz Métro qui s’engage à acheter 100 % de la production pour les prochaines années. De cette manière, l’usine vise à répondre autant à ses objectifs environnementaux qu’économiques.

En 2018, l’usine de biométhanisation de la SÉMER a traité plus de 8 000 tonnes de matières en provenance des industries, notamment des boues d’abattoir, ainsi qu’environ 3 600 tonnes provenant du secteur résidentiel. À l’origine du projet, le gisement annuel en provenance des résident.e.s avait été évalué à 17 000 tonnes de matière dans les quatre régions participantes, Kamouraska, Rivière-du-Loup, Les Basques et Mitis-Matapédia. La SÉMER s’était donné de 8 à 10 ans pour atteindre cet objectif.

Ce que l’on constate de ces chiffres, c’est que les industries ont répondu à l’appel pour une meilleure gestion de leurs résidus organiques et que c’est au tour des citoyen.ne.s d’y répondre et de contribuer au bien-être des générations futures par une diminution des GES et la création d’une énergie renouvelable pouvant remplacer les énergies fossiles.

RÔLE DE CO-ÉCO

Depuis 2015, Co-éco met en oeuvre la campagne de sensibilisation des bacs bruns Une collecte qui carbure ! Par son volet d’éducation, Co-éco s’est donné comme mandat d’aider la collectivité à acquérir les valeurs, les connaissances, les compétences et le sens de l’engagement qui lui permettent d’agir, individuellement et collectivement, à améliorer la qualité de vie et à conserver l’environnement.

Dans le cadre d’Une collecte qui carbure !, Co-éco a réalisé des ateliers dans les écoles et a mis sur pied un service d’accompagnement pour les institutions et les commerces afin de faciliter leur participation à la collecte des bacs bruns. De plus, pour répondre aux questions des citoyen.ne.s, une ligne info a été créée, des capsules vidéo et audio ont été réalisées et les citoyen.ne.s ont été rencontré.e.s lors d’évènements municipaux.

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Né en 1995, lors de l’arrivée de la récupération au Kamouraska, Co-éco est un organisme à but non lucratif qui se spécialise dans le domaine de la gestion des matières résiduelles.

À cet effet, Co-éco accompagne les MRC dans la révision et la mise en oeuvre de leur plan de gestion des matières résiduelles. Co-éco fait également la gestion des écocentres en partenariat avec les MRC de Kamouraska et de Rivière-du-Loup.

À propos Marie-Amélie Dubé

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Un commentaire

  1. Wow c’est bien intéressant et bien écrit!

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