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De toi à moi, il n’y a qu’un pas, L’immigration : Une responsabilité partagée

Stéphanie Jeanne Bouchard & Nathalie Laforest | Agentes de développement à l’immigration|Centre local de développement région Rivière-du-Loup

 

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… Il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer… Mais essayons quand même… » – B. Werber

 

Pourquoi le Québec s’ouvre-t-il à l’immigration?

Le Québec fait face à un défi démographique incontournable de dénatalité et du vieillissement de la population, les entreprises de plusieurs secteurs vivent des difficultés de recrutement menant à une pénurie de main-d’oeuvre. Le Québec désire et doit, pour se démarquer, s’ouvrir à la concurrence internationale et la mondialisation des marchés. Pour la MRC de Rivière-du-Loup, l’immigration représente la volonté de garder emplois et sièges sociaux dans la région, elle permet et donne les possibilités de développer de nouveaux projets, de nouveaux marchés et le territoire comme milieu de vie. La venue de nouveaux résidents permet de garder vivants les services de proximité, les milieux éducatifs, les organismes… Et bien plus encore !

 

D’où mon nouveau voisin vient-il?

Dans la région de Rivière-du-Loup, des gens de partout : Colombie, Maroc, Mexique, République dominicaine, Côte d’Ivoire, Guinée, Belgique, France, Haïti, Arménie, Moldavie, Costa Rica, Cameroun, Guatemala, Philippines, Catalogne, Chine, Angleterre, Rwanda, Laos, Mali, Guadeloupe, La Réunion, Italie, États-Unis, Espagne, Ukraine, Martinique, Japon, Argentine, Chili, Portugal, Pologne, Russie, Niger, Algérie, Tunisie, Syrie, Inde, Vietnam, Turquie, Cambodge… Encore cette année, plus d’une centaine de personnes ont fait le choix de s’installer dans la région et d’ainsi participer à bonifier le tissu social et économique du territoire. Que ce soit par l’arrivée de résidents permanents, de travailleurs temporaires qualifiés, d’enfants ou d’étudiants, la région de Rivière-du-Loup demeure un milieu d’accueil riche et prisé pour de nombreuses familles désirant une qualité de vie où l’on peut s’épanouir et prendre une part active dans cette société.

 

Comment le Canada et le Québec sélectionnent-ils les nouveaux arrivants?

L’histoire du Québec est une histoire de colonisation et d’immigration… Et avec le phénomène de migration des peuples et le contexte mondial actuel, on peut présumer que l’immigration fait maintenant partie intégrante du paysage… Cela dit, avant de pouvoir prétendre à une résidence permanente, les nouveaux arrivants qui se retrouvent dans nos régions sont habituellement passé par les trajectoires de sélection dictées par les critères spécifiques du gouvernement du Québec. Ces individus choisis et sélectionnés sont donc des travailleurs qualifiés. Dans d’autres conditions, ils peuvent être aussi des travailleurs sélectionnés temporairement pour venir combler une difficulté de recrutement provisoire dans certains secteurs d’activités dont les pénuries ont été encore une fois validées par le gouvernement.

 

Qui est la personne immigrante?

Un humain qui a décidé d’entreprendre un parcours d’athlète ! Ayant l’aspiration de venir s’établir au Québec, la personne immigrante, pour qui toutes les situations auront une portée de changement dans sa vie, présente une foule de qualités de son tempérament qui confirment le sérieux de venir s’établir en cette nouvelle terre d’accueil. La motivation, la volonté : cette personne est venue pour améliorer sa vie, vivre des succès et s’investir dans un nouveau projet de vie. L’adaptabilité, l’endurance, le sens de l’effort soutenu : cette personne n’est pas « une petite nature » et développe rapidement un sens aigu de l’adaptation. La débrouillardise, le goût du défi : cette personne n’a pas les deux pieds dans la même bottine ; pour passer toutes les étapes qu’exige le processus de migration, elle est engagée dans son projet. Le goût de l’enracinement, la reconnaissance : cette personne manifeste souvent de la gratitude et désire faire le pas de l’intégration. Attention aux pièges de la perception… Ou savoir démystifier nos façons de voir.

 

Un stéréotype

C’est une catégorisation, une généralisation à propos d’un groupe culturel. On l’applique à une personne en particulier sans savoir si le cas se rapporte à elle. Généralement, il s’agit d’une image mentale souvent caricaturale.

Un préjugé

C’est une idée préconçue, donc c’est juger avant de connaître. Les préjugés sont sous-jacents aux attitudes et aux perceptions.

Une valeur

C’est ce qu’on pose comme vrai, beau, bien. Souvent, les valeurs sont des principes moraux sur lesquels on base ses choix.

 

Mythes et réalité

L’accommodement raisonnable – On va devoir encore se plier à des concessions.

FAUX

Les plaintes relatives aux demandes d’accommodement liées au motif religieux ne représentent qu’un pourcentage minime des plaintes reçues par la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, soit 3 582 plaintes au total. Parmi celles-ci, 0,69 % portent sur une demande d’accommodement liée au motif religieux. 98 % des employeurs consultés par le Conseil du patronat du Québec affirment ne pas faire face à des problèmes ou des enjeux concernant les demandes d’accommodement. (Source : Sondage du Conseil du patronat du Québec.) 99 % des établissements de santé et de services sociaux où travaillent 230 000 personnes disent qu’ils ne rencontrent pas de problèmes significatifs concernant les demandes d’accommodement basé sur la religion. (Source : L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux [AQESSS].)

 

Ils sont des voleurs de jobs !

FAUX

Les immigrants qui s’installent ici ne viennent pas voler des emplois, mais plutôt permettre à nos entreprises régionales d’être compétitives, d’être en mesure de répondre aux contrats, de garder les sièges sociaux en région, de faire du développement, et par le fait même, de consolider les emplois des travailleurs de la région. Ils veulent, comme tout le monde, de bonnes conditions de travail dans un environnement sécuritaire.

 

Le chèque de BS, c’est facile, c’est encore nous qui allons payer pour !

FAUX

Pour ce qui est des gens qui demandent le statut de réfugié, le Canada a mis des lois en place et une petite aide financière est octroyée au début. Mais dès que ces gens ont un permis de travail, la première chose qu’ils vont faire, c’est aller trouver un boulot ; ils n’ont pas une tendance culturelle à rester à attendre leur chèque… Pour les autres personnes arrivant ici comme des travailleurs répondant à des besoins de main-d’oeuvre, l’aide sociale n’est donc pas l’alternative de revenu.

 

Ils ne veulent pas parler français !

FAUX

La réalité, c’est que les immigrants veulent apprendre le français. Ils viennent au Québec et ils le savent très rapidement que ça se passe en français. Ceux qui choisissent la région comprennent vite que c’est la première clé de voûte de l’intégration. Par la Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup et le Cégep de Rivière-du-Loup, les régions de Rivière-du-Loup et du Kamouraska offrent la francisation comme service aux individus et aussi aux entreprises qui embauchent des travailleurs issus de l’immigration et qui désirent les franciser directement en milieu de travail.

 

On va se faire envahir et on va tout perdre !

FAUX

Souvent, les gens se sentent menacés quand ils ne sont pas bien ancrés dans leurs bottines et alors « l’Autre » devient menaçant… Le fait de revisiter nos valeurs québécoises et de les vivre inspire les gens issus de l’immigration, par mimétisme, à adhérer à ces valeurs, par notre maîtrise de langue, par le respect de notre démocratie, par notre façon de nous traiter égalitairement entre homme et femme, par notre refus à la discrimination…

 

La richesse, c’est la diversité !

VRAI

Le vivre ensemble est une responsabilité partagée entre le nouvel arrivant et la société d’accueil. Plus l’intégration se fait au mieux et que tous se sentent concernés, plus la richesse des similitudes et de la diversité peut s’élever et rayonner dans la collectivité, avec fierté, ouverture et tolérance !
« Source d’échanges, d’innovation et de créativité, la diversité culturelle est, pour le genre humain, aussi nécessaire qu’est la biodiversité dans l’ordre du vivant. » (article 1 de la Déclaration Universelle sur la Diversité Culturelle de l’UNESCO)
Le CLD offre des services en immigration visant à accompagner les ressources du milieu, les entreprises et les nouveaux arrivants issus de l’immigration, et ce, à divers niveaux. Les mandats initiaux étant la sensibilisation, l’attraction, la promotion du milieu de vie, les services d’accueil et d’établissement, et s’ajoutent à ceux-ci le souci du développement et de la diversité de la MRC.

 

QUE PRÔNE LE QUÉBEC ?
Petit rappel des valeurs
Parler français, une nécessité.
Une société libre et démocratique.
Une société riche de sa diversité.
Une société reposant sur la primauté du droit.
Les pouvoirs politiques et religieux sont séparés.
Les femmes et les hommes ont les mêmes droits.
L’exercice des droits et libertés de la personne se fait dans le respect de ceux d’autrui et du bien-être général.

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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