Accueil / Nos sens / La Vue / Dans l’univers du Détour : Quand le DIY rencontre le cirque et la ruralité

Dans l’univers du Détour : Quand le DIY rencontre le cirque et la ruralité

texte Lysane Picker-Paquin | photos Mathieu Gosselin

Le Festival Détour revient les 6 et 7 septembre prochains sur le site de la Feste médiévale de Saint-Marcellin, pour une 2e édition. Petite histoire d’un festival DIY né dans la tête de quelques ami.e.s.

Hiver 2017, ça jase autour d’une table et on se dit : me semble qu’on voit pas souvent de cirque contemporain dans la région… on changes-tu ça ? Un lieu, un nom, une date et un logo plus tard, on annonce publiquement qu’il y aura un festival de cirque contemporain à l’été… et que ce sera le premier à l’est de Québec. Car oui, malgré un bassin relativement important d’artistes de cirque au Québec, peu de vitrines existent pour la création circassienne actuelle hors des centres urbains. Et, en bons néoruraux, c’était primordial pour nous que le festival s’ancre dans le territoire rural, que l’art soit accessible partout sur le territoire, pas seulement dans les villes où sont les grandes salles de spectacle.

Avec du recul, on s’est rendu compte qu’on a été bien ambitieux d’annoncer la tenue d’un événement avant même d’avoir la confirmation d’obtenir du financement, avant même de savoir si on allait trouver le matériel technique pour certaines disciplines circassiennes, parce qu’avouons-le, on s’y connaissait peu en arts du cirque, et on ne les connaissait pas les exigences logistiques… Bref, on a foncé tête première et c’est avec beaucoup de fierté qu’on a relevé le défi. Évidemment, l’aventure n’aurait pas été possible sans de précieux.ses partenaires qui ont cru au projet, ni sans les artistes et les bénévoles qui ont fait du festival une réussite. Encore merci !

Tournage de capsules promotionnelles avec l’équipe de Wazoom Studio

D’autre part, une grande force de notre équipe a été notre aptitude à s’auto-organiser et à croire en notre capacité de faire les choses nous-mêmes, suivant la logique du DIY. Des panneaux de signalisation peints à la main sur des retailles de bois à la réalisation d’un site Web en passant par la construction de kiosques à partir de matériaux récupérés à l’écocentre, la recherche de financement et la couture de guirlandes de fanions à partir de tissus donnés par des friperies, on peut dire qu’on a autoconstruit presque toutes les pièces qui ont mené à la réalisation de cette idée un peu folle au départ. L’avantage, selon nous, d’avoir adopté une telle méthode ? D’abord, elle s’impose par des ressources financières limitées, mais elle s’ancre également dans la volonté de créer un événement citoyen rassembleur… tout en apprenant énormément ! Parce que monter un projet de A à Z, ça amène des apprentissages et c’est aussi ça qui fait sa richesse.

Pour notre deuxième édition, on peut non seulement compter sur ces apprentissages et des partenaires engagé.e.s, mais également sur un nouveau support financier, dans le cadre du programme Développement des communautés par le biais des arts de Patrimoine Canada. On continue à s’occuper — bénévolement — de tous les aspects du festival, de la comptabilité (oui, oui, on a même appris à faire des états financiers !) à l’infographie pour les communications, mais disons qu’on pourra profiter de meilleures installations grâce au partenariat avec la Feste médiévale. Côté programmation, la ligne artistique reste la même : offrir du cirque contemporain de qualité, qui ne serait pas autrement diffusé dans la région, notamment en présentant des numéros courts sous la formule cabaret. De plus, cette année, on ajoute un élément nouveau où des artistes de la scène musicale locale performeront aux côtés d’artistes de cirque dans une perspective d’interdisciplinarité.

Numéro d’équilibre d’Évelyne Laforest présenté au Cabaret Pantagruélesque de la première édition du festival

Avec le Festival Détour, on souhaitait s’offrir un événement à notre image et le rendre accessible à toutes et tous. Comme mentionné plus haut, l’accessibilité physique à l’art était au coeur de nos intentions de départ, et l’accessibilité monétaire l’est tout autant. C’est pourquoi nous avons choisi de maintenir une formule où l’ensemble des activités extérieures sont présentées en formule « au chapeau » et qu’un camping gratuit est aménagé sur le site des festivités. Parce que l’art, c’est par nous et pour nous toutes et tous !

Retrouvez toutes les informations sur le festival au detourfestival.org.

À propos Marie-Amélie Dubé

Voir aussi

Gaspésia 100, une aventure inoubliable

texte Mathieu Lavoie-Dion | photo Marie-Claude Poirier Je prends le temps d’écrire ces lignes en …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *