D’Alger à Témiscouata-sur-le-Lac

Texte | Marie-Amélie Dubé
Photo | Catherine Roy

Mehdi Amir, peux-tu me raconter ton histoire d’immigration?

Je suis arrivé au Québec en 2000. Donc, je suis ici depuis 21 ans déjà. Moi, je suis né en Algérie, à Alger, et c’est directement à Rimouski que nous avons immigré, ma famille et moi. J’avais 11 ans. Nous avions déjà de la famille là-bas. Ça aide pour l’intégration !

Mon père souhaitait nous offrir une meilleure qualité de vie et une meilleure éducation. Mon secondaire et mon cégep ont été faits à Rimouski. Après, je suis allé à Montréal pour mes études. J’ai donc fait un baccalauréat en sciences politiques, profil relations internationales, à l’UQAM.

Depuis 2018, je suis de retour au Bas-Saint-Laurent, d’abord à Matane et depuis peu au Témiscouata, par amour ! Je ne connaissais pas ça ! C’est vraiment un très beau coin !

Quelles ont été tes premières impressions lors de ton arrivée, et est-ce que ta vision a changé au fils du temps ?

J’ai trouvé ça super beau ! C’est comme un coin caché du Bas-Saint-Laurent ! Je connaissais bien la côte, de La Pocatière à Sainte-Anne-des-Monts, mais le Témiscouata… jamais en 20 ans j’ai entendu parler de cette belle région-là. Je ne savais pas où j’allais. J’ai mis le GPS, mais je n’ai pas eu de réseau pendant 45 minutes ! [Rires.] Mais ça reste dans le Bas-Saint-Laurent, donc, c’est chez nous. Je n’étais pas trop inquiet !

Qu’est-ce que c’est pour toi « réussir son intégration » ? Ou quels sont les ingrédients de la recette de l’intégration ?

Je suis un vieil immigrant ! Que ce soit Rimouski ou Témiscouata-sur-le-Lac, je ne vois pas tant de différences pour moi. Mais c’est certain que la langue est un facteur déterminant pour entrer en contact avec les autres.

Il faut se faire un réseau: aller à la rencontre des gens, se faire des contacts et s’impliquer dans sa communauté. Le fait d’aller aux études et d’avoir un emploi, ou de démarrer son entreprise aide beaucoup aussi pour se faire un réseau.

Après tout, chaque personne est différente et chaque immigration est différente. Ce n’est pas tout le monde qui a les mêmes besoins ou qui a le même degré de sociabilité. Et ça, c’est dans toutes les cultures. C’est plus une question de personnalité.

Comment concilies-tu ta culture avec celle de ton nouveau milieu de vie ?

L’humour ! Nous, les Algérien·ne·s, on aime beaucoup rire ! L’amour de la nourriture, c’est certain ! La musique aussi !

Sens-tu des craintes ou des tabous envers la différence ? As-tu des trucs pour favoriser l’acceptation ?

C’est certain qu’il existe des tabous et du racisme, malheureusement. Comme partout, il y a de l’homophobie, de la transphobie et de la grossophobie. Je pense qu’il y en a de plus en plus parce qu’on est dans un monde qui semble être plus extrême, à mon avis. Je n’ai pas de solutions personnelles, mais plus des solutions communes qu’il faut trouver pour que ça aille mieux. L’attention médiatique peut parfois augmenter la peur chez les gens. Ça met une pression sur tout le monde, autant sur les nouveaux·elles arrivant·e·s que sur les populations de souche.

Comment ton intégration au Témiscouata se déroule-t-elle ?

Actuellement, en contexte de pandémie, ce n’est pas évident de rencontrer beaucoup de gens. Mais j’ai quand même pu socialiser un peu. Je viens de terminer un contrat et je suis en vacances actuellement. Je vais me chercher un emploi ici, mais je ne suis pas pressé. Je veux évaluer les possibilités qui s’offrent à moi au Témiscouata.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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