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Courir Québec-Montréal

texte Marie-Josée Saindon, enseignante de français, École secondaire Chanoine-Beaudet

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Ce magnifique proverbe africain résume très bien ce que 35 jeunes athlètes de l’École secondaire Chanoine-Beaudet ont vécu la fin de semaine des 11 et 12 mai lors de La Course au secondaire du Grand défi Pierre Lavoie.

Ensemble, il.elle.s ont parcouru les 270 kilomètres qui relient Québec à Montréal. En relais de deux kilomètres, par équipes de 2 à 4 coureur.euse.s, de jour comme de nuit, il.elle.s ont couru sous un soleil splendide, mais un solide vent de face, du samedi matin jusqu’au dimanche après-midi, pour terminer leur périple par une arrivée triomphale au Stade olympique. Aux dires de plusieurs, ce fut le moment fort de leur fin de semaine !

35 beaux.belles adolescent.e.s, des gars, des filles, de tous âges, uni.e.s, afin d’accomplir ce défi qui semblait bien grandiose au départ. Depuis septembre, à raison de deux fois par semaine, il.elle.s s’y sont préparé.e.s. Certain.e.s d’entre eux.elles n’avaient jamais vraiment couru avant de s’engager dans cette aventure. Certain.e.s ne faisaient même pas de sport. Voilà le but premier de ce défi ; sortir les jeunes de leur sédentarité. Exit Netflix et les écrans ! À Go ! Cours !

Ce qui est bien avec la course, c’est qu’au départ, c’est chacun.e pour soi, chacun.e à son rythme. Chacun.e part avec ses capacités et les développe tout au long de l’année. De les voir progresser durant tous ces mois est assurément une grande fierté. De les voir peiner à faire 500 mètres sans s’arrêter lorsqu’il.elle.s commencent et les amener à courir 40 minutes en continu vers la mi-décembre, c’est plus que satisfaisant.

Lors de la fin de semaine de La Course, c’est un colossal travail d’équipe où chacun.e participe à accomplir le défi un pas à la fois. En complète autonomie, nous sommes (les 35 élèves et les six accompagnateur.trice.s) pendant plus de 40 heures dans un autobus qui devient un peu notre maison, notre lit, l’endroit où l’on mange, où l’on dort (mais si peu) et où on se soulage ! Nous devenons vite une grande famille où tou.te.s s’encouragent et se motivent les un.e.s les autres ! Il faut voir leur sourire lorsqu’il.elle.s reviennent dans l’autobus après leur relais pour comprendre toute l’ampleur de ce qu’il.elle.s vivent !

Les relais de nuit, bien que ce soit toujours au final les plus appréciés, sont ceux qui demandent le plus de courage. Le thermomètre frôlait le -1 degré vers 3 h 50 alors que nous traversions Trois-Rivières. Les yeux collés, petits, le corps endormi, laissez-moi vous dire que les jeunes devaient puiser dans leurs réserves pour aller courir deux kilomètres. Au retour, bien réveillé.e.s, il.elle.s pétillaient de fierté. « C’est hot courir la nuit », disaient-il.elle.s !

Et c’est comme ça que nous sommes parti.e.s de Québec, tout près de la fontaine de Tourny et que nous nous sommes rendu.e.s à Montréal. Le convoi, qui regroupaient pas moins de 145 autocars et 5 800 jeunes, a roulé sur la 138 toute la fin de semaine sous les applaudissements et les encouragements de nombreux.ses spectateur.trice.s. Les jeunes m’ont confié qu’ils se souviendront toute leur vie de cette fin de semaine. Plusieurs ont même déjà confirmé leur présence pour La Course 2020.

L’activité physique n’a plus besoin d’être valorisée. Partout, les scientifiques, les médecins et tous les gens du domaine de la santé le disent : faire du sport apporte une tonne de bienfaits. Amener les jeunes à se surpasser, à leur faire réaliser que 30 minutes de course, c’est un exutoire pour chasser les problèmes. Que bouger, suer, ça fait du bien à la tête, en plus d’être bénéfique pour le coeur, les aptitudes cardio-respiratoires, l’endurance, la force musculaire, la flexibilité, la composition corporelle, et j’en passe. Si, par la participation à ce Grand défi, il.elle.s ont pu réaliser tout ce que la pratique d’un sport a de positif sur eux.elles et qu’il.elle.s conservent ces saines habitudes, alors mission accomplie. 30 minutes dans une journée pour chausser ses souliers de course et aller évacuer tout le stress accumulé, ça n’a pas de prix.

Par mon implication dans La Course au secondaire, je souhaite ardemment rendre notre Québec de demain plus en santé. Par ma passion pour la course et le sport, je souhaite transmettre aux jeunes que je côtoie, le désir d’être actif.ve.s pour toutes les années à venir. Et si, année après année, je réussis à en contaminer quelques-un.e.s, j’aurai atteint mon objectif !

À propos Marie-Amélie Dubé

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