Cooke-Sasseville : Des univers fantasques

Texte | Marie-Amélie Dubé

C’est tout un cadeau que s’offre- et nous offre- le Musée régional de Rimouski pour ses 50 ans ! Rien de moins qu’un programme double au sein de univers cartoonesque, faste et fantasque de Cooke- Sasseville. Les Deux pieds dans le patrimoine et État mortifère sont commissariés par Ève De Garie-Lamanque1, conservatrice de l’art contemporain au Musée régional de Rimouski, en collaboration avec EXPRESSION, Centre d’exposition de St-Hyacinthe.

Le duo d’artistes québécois contemporain Jean-François Cooke et Pierre Sasseville, actifs depuis une vingtaine d’années, est fort connu pour ses oeuvres publiques exubérantes aux allures de comédies déjantées. Les Deux pieds dans le patrimoine propose un retour sur les dix dernières années de création du duo; « En 10 ans, le duo a produit un nombre important d’oeuvres d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement. Ce qui prévaut dans leur pratique, c’est l’idée, le concept. Ainsi, leur travail peut se déployer dans divers contextes de monstration – autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les contraintes et les publics changent, mais l’esprit demeure le même.» La rétrospective comprend des oeuvres sculpturales et installatives, un tableau et des maquettes d’oeuvres d’art public.

Pour État mortifère le contexte de création était idéal, les artistes ont eu une liberté presque complète. Le projet inédit a mis à profit l’expertise qu’ils ont développée en art public et donné libre cours à leur imagination foisonnante. « La seule limite était la salle ! Voir Cooke-Sasseville travailler sur un projet ça fait penser à une petite équipe de cinéma. Il y a des gens qui travaillent sur des faux décors et d’autres sur des faux-finis ! Quand on élabore des installations du genre, on travaille souvent à partir d’un plan. L’ampleur de tels projets ne permet pas d’effectuer de prémontage ou de travailler dans un espace aux dimensions aussi vastes que la salle d’exposition. Ainsi, il y a une part de la création qui opère seulement une fois rendue en salle. Chose qui ne peut absolument pas se faire en art public ! ! ! Dans ce cas-ci, les artistes ont passé 6 jours et demi au musée à monter et à peaufiner leur installation. Ils ont, en quelque sorte, vu ça comme une résidence de création. »

Alors à quoi doit-on s’attendre avec État mortifère ?

« Ça commence dans le mystère. En entrant dans la salle, on ne voit pas tout de suite d’oeuvres ou d’installations. On ne sait pas trop vers où on s’en va, ni dans quoi on s’embarque. Puis on arrive dans un espace alternatif. La notion de temps devient floue. On pourrait à la fois être dans l’océan, dans un aquarium, dans une morgue ou à la banque. Partout et nulle part à la fois. On se situe presque dans le rêve. L’ambiance tantôt magique, tantôt violente, évoque également l’univers du cartoon des années 1940-1950 – à la Bugs Bunny et la Merrie Melodies. Il y a donc plusieurs jeux qui nous mettent dans une posture de flottement déstabilisant, curieux, mais fort attirant ! »

Par ce programme-double, un dialogue s’installe entre les deux propositions, alors que l’une permet d’évoquer, ou de préciser, des clés de lecture pour l’autre. Ainsi, des allers-retours entre les deux expositions sont possibles pour une compréhension et une expérience plus approfondies de l’univers du duo de créateurs loufoque. Une liberté d’action vous permet ainsi de décider dans quel sens vous souhaitez vivre l’aventure suggérée par le Musée.

Pour vous plonger davantage, un opuscule est disponible en ligne sur le site du Musée, museerimouski.qc.ca.

Cooke-Sasseville, « État mortifère », 2022.
Détail de l’installation.
Crédit photo : Nathalie Dion

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