Contemplations élémentaires

Texte | Magalie Morin

Le château se dresse sur l’avenue Morel, émergeant de la grisaille qui prédomine depuis des lustres. Du haut des marches, le ciel surplombant le fleuve se zèbre d’éclaircies savaltrices, découvrant le relief de Charlevoix dans un contrejour absolument réjouissant. À l’intérieur, une dizaine de personnes s’affairent aux derniers préparatifs; fébrilité et excitation sont palpables. D’ici quelques minutes, les premiers convives franchiront la grande porte du Centre d’art, guillerets, ragaillardis par le beau temps – et la promesse d’un été qu’on se souhaite on ne peut plus… normal.

Mais avant de pénétrer dans cet ancien palais de justice qui a revêtu ses plus beaux atours pour le vernissage de la programmation estivale, le·la visiteur·euse aura pu s’interroger sur l’installation extérieure qui flanque les deux côtés de l’escalier. Proposition satellite du Festival international de jardins, des Jardins de Métis. Mer du vent imaginée par les architectes paysagistes Emmanuelle Loslier et Camille Zaroubi capte le vent du large et émet des mélodies rappelant les cornes de brume au moyen de 150 bouteilles de verre disposées en éventail. On s’y penchera pour entendre le doux murmure de ce tableau de slow art, qui fera également l’objet d’une oeuvre sonore du musicien, Antoine Létourneau-Berger.

OEuvre audiovisuelle «Traînées pyroclastiques» (2019)
issue de l’exposition La Terre en suspens par François Quévillon
Crédit photo de l’image au format initial : JF Papillon

18 h 19. Après les discours d’usage, la foule se fait moins dense, dispersée. On cherche la 5e oeuvre, une création de La Société des plantes. Installée à l’extérieur, sur le terrain arrière de la bâtisse à l’abri de panneaux brise-vent de tôle ondulée orangée, Mi-sauvage questionne notre rapport aux mauvaises herbes en les exhibant fièrement dans d’immenses jardinières. Au menu également : une oeuvre sonore, un zine didactique et poétique et une série d’ateliers, à découvrir en juillet et en août. Ce projet collaboratif interdisciplinaire en patrimoine immatériel évoluera au fil de la saison, alors que l’installation végétale de design ornemental fera ce que la nature fait de mieux : prendre de la/sa place.

Et c’est en se retournant vers le fleuve, pour regagner le château, qu’on en prend la pleine mesure : le jour descendant doucement nous amène à poser un regard bienveillant sur ce qui nous entoure. Son, mouvement et paysage; l’environnement au coeur de nos préoccupations contemporaines.

Le Centre d’art de Kamouraska et sa boutique accueillent les visiteurs tous les jours de 10 h à 18 h, jusqu’au 5 septembre. Pour tous les détails de la programmation et des activités estivales de médiation culturelle en lien avec les oeuvres, on peut visiter le centredartkamouraska.ca.

À propos de Marie-Amélie Dubé

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