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Colle. Papier. Ciseaux.

juin56

texte et photos par La-La Shadel

 

J’ai écrit un courriel à ma prof de maternelle. Pour lui dire merci de m’avoir appris, en 2000, à découper sans déchirer. À coller sans tout beurrer. À colorier sans sortir des sentiers… (je ne lui ai pas dit que je ne suis pas toujours ses indications plastiques aujourd’hui, pour ne pas lui faire de peine. Chut.) Quand je n’entends plus rien. Quand je repousse l’heure d’aller me coucher. Quand j’ai la même position depuis au moins une heure et que mes yeux fixent mes mains qui dansent. Qui travaillent. Qui bricolent. Quand je ne peux plus m’arrêter, mais que le temps s’arrête. Je suis en 2000 pour toujours. Mes 5 ans qui prennent toute la place. J’ai l’humour mature comme une banane verte. Je ne suis plus responsable de rien. Je ne veux pas aller souper. Je suis concentrée. Je crée.

juin57

J’ai en grande partie pondu cette expo dans mon lit. Comme un accouchement. J’ai eu bin mal. Dans le dos. Courbée sur les images. Crampée sur les mots. Engourdie. Dans la lune. Dans l’espace. Mon univers. Ou pour être plus terre à terre, mon jardin. Nostalgie d’une époque où les décisions se prenaient à grand coup de papier qui emballe la roche (ou de vache qui n’en finit plus d’avoir mal aux pattes). Je suis de la génération où l’allumette vient fucker la patente. Je joue une game contre la petite fille de 5 ans qui chante toujours fort en moi. Mains cachées… roche, papier, ciseaux, allumettes, qu’est-ce que tu vas mettre… Elle a gagné. Elle m’a dit, t’es pas game de sortir du confort de ton Instagram et de faire une expo dans la vraie vie là-là. Mets-en que j’suis game.

juin58       juin59

Alors voilà, elle et moi on t’invite à venir manger un riz au saumon au café L’Innocent, tout le mois de juin, et du même coup jeter un oeil (c’est mieux deux, mais c’est ton choix) sur ce que j’aurai finalement choisi d’accrocher sur les murs. Pour te préparer un peu sans te vendre de punch, je peux te glisser doucement ces quelques mots sur ma démarche. Parce que rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Comme y disent. Je fouine dans des vieux livres pour faire revivre ce qui est beau. Ça ne m’intéressait pas de fouiller pour trouver LA chose qu’on n’avait pas déjà vue. Me casser le « bécyc’ » à réinventer la roue. Je prends les premières idées qui résonnent et je les fais exister. En simplicité volontaire (et OK, peut-être aussi par manque de patience ou par urgence de dire, de partager). Je veux laisser de l’air dans l’oeuvre pour que toi aussi tu fasses ton bout de chemin. Des images et des mots pour stimuler ton intellect poétique. Fais le montage de ton histoire à toi. Raconte-moi si tu veux. Au plaisir de te voir. Au plaisir tout court. Bisous.

juin60

À propos Marie-Amélie Dubé

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