Co-éco : 25 ans de consultation en environnement

Texte | Ophélie Deschamps Lévesque et Valérie Boulet-Thuotte, conseillères en gestion environnementale

Il y a 25 ans, nous mettions tout à la poubelle. Les lieux d’enfouissement techniques (nos dépotoirs) souffraient d’obésité morbide. Ils ne sont pas beaucoup moins en surpoids aujourd’hui, mais les politiques pour imposer une cure d’amaigrissement sont en place.

À terme, ces grands espaces génèrent au fond trois choses : des dépenses pour les municipalités et deux types de polluants. L’un de ces polluants, le méthane, est un gaz à effet de serre des dizaines de fois plus puissant que le dioxyde de carbone ; son impact sur les changements climatiques est donc très significatif. L’autre, le lixiviat, a le potentiel de polluer le sol et les eaux souterraines à long terme et doit être obligatoirement traité sur le site d’enfouissement, ce qui occasionne encore des coûts.

À la fin des années 90, les gouvernements, autant locaux que provinciaux, envisageaient des plans d’action pour réagir au problème de ces infrastructures nuisibles. Il n’est donc pas étonnant que les premières actions de Co-éco se soient rapidement concentrées sur de la consultation en gestion des matières résiduelles.

« Un Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR) doit établir les actions qu’une MRC compte continuer à mettre en place pour améliorer la gestion des résidus sur son territoire. Évidemment, on y retrouve des actions qui concernent les collectes du recyclage et des matières organiques, mais c’est plus large : améliorer la gestion des boues d’usine d’épuration et de fosses septiques, faciliter l’accès aux écocentres, créer des incitatifs au tri pour les citoyen.ne.s et en entreprise, faciliter les initiatives de réutilisation sur le territoire (ex. revente d’objets usagés) ne sont que quelques exemples. Co-éco a développé une expertise en rédaction et accompagnement à la mise en oeuvre des PGMR. On travaille étroitement depuis plusieurs années avec les MRC de Kamouraska, de Rivière-du-Loup et des Basques, et d’autres, en fonction des demandes que l’on reçoit », explique Mme Valérie Boulet-Thuotte, conseillère en gestion environnementale-gmr.

Ophélie Deschamps Lévesque

Une fois que ces politiques et infrastructures sont définies et mises en place, il faut demander aux citoyen.ne.s de faire leur part, on y reviendra dans les prochaines pages qui portent sur la sensibilisation. Il faut aussi travailler pour que les Institutions, Commerces et Industries (ICI) contribuent aux objectifs de réduction des déchets.

Mme Ophél ie Deschamps Lévesque, conseillère en gestion environnementale, met beaucoup d’énergie dans des dossiers impliquant des ICI : «Implanter de bonnes pratiques de gestion des matières résiduelles peut sembler complexe pour une organisation, à travers le reste des activités courantes, c’est pourquoi l’accompagnement de Co-Éco est utile. Par exemple, dans un cégep, il ne suffit pas de rajouter des bacs bleus et bruns, bien que ce soit un bon point de départ. Pour être efficace, il faudra agir sur les comportements des étudiant.e.s et des enseignant·e·s à la cafétéria, au salon étudiant et dans les salles de réunions. Il faudra proposer de nouvelles habitudes de travail aux employé·e·s de la cuisine de la cafétéria. Idéalement, il faudra aussi avoir une réflexion, en amont, sur quels déchets l’institution met en circulation et comment elle peut faciliter la tâche des utilisateur.rice.s. Ce travail m’amène à offrir des conseils sur place, dans les murs des ICI, avant, pendant et après les phases d’implantation. C’est très stimulant, les lieux et les clientèles sont tous différents, il faut donc trouver des ajustements propres à chacune de leur réalité.»

Pour l’instant, la performance de tri des ICI québécois est décevante ; selon le dernier bilan de Recyc-Québec, 95% de leurs matières putrescibles sont encore envoyées à l’enfouissement ou à l’incinération (excluant les grandes entreprises agroalimentaires) : «il y a encore beaucoup à faire. Cependant, les ICI ont de gros “gisements” de matières résiduelles, ça vaut la peine de maintenir nos efforts, car leur potentiel de contribution à la solution est énorme. Le travail en économie circulaire, déjà bien entamé dans notre région, aidera à améliorer ces résultats» de conclure Mme Deschamps Lévesque.

À propos Marie-Amélie Dubé

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