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Chronique féministe no.54 : Élections municipales

par Améli Beaulieu, Centre-Femme du Grand-Portage

 

Au lendemain des élections municipales du 5 novembre, l’heure est au bilan. Quelle est la place des femmes dans l ’ensemble du Bas-Saint-Laurent et particulièrement dans le KRTB ? Ce sont 252 femmes qui ont été élues au Bas-Saint-Laurent, tous postes confondus, ce qui représente 31, 3 % de l ’ensemble des personnes élues.

 

De façon plus détaillée, 17 mairesses seront aux commandes de leur municipalité, représentant 14,9 %. Localement, elles sont quatre mairesses dans la MRC de Rivière-du-Loup (Rivière-du-Loup, Cacouna, L’Isle-Verte et Notre-Dame-des-Sept-Douleurs), trois dans le Kamouraska (Saint-Alexandre-de-Kamouraska, Sainte-Hélène-de-Kamouraska et Saint-Joseph-de-Kamouraska), trois dans le Témiscouata (Pohénégamook, Saint-Elzéar-de- Témiscouata et Saint-Louis-du-Ha ! Ha !). En ce qui concerne les conseillères, elles sont 233 au Bas-Saint-Laurent qui siégeront au conseil, soit 33,9 % de l’ensemble des conseillers et conseillères. Le tiers est donc dépassé en ce qui concerne le nombre de conseillères. Plus spécifiquement sur notre territoire, on en dénombre 23 dans la MRC de Rivière-du-Loup, 30 dans le Kamouraska, 38 dans le Témiscouata et 20 dans Les Basques. La MRC de Témiscouata se place au 3e rang et la MRC de Rivière-du-Loup au 5e rang pour le pourcentage de femmes élues au Bas-Saint-Laurent.

 

Et la parité dans tout ça?

Sur les 114 municipalités qui composent le Bas-Saint-Laurent, 38 ont élu un conseil paritaire, soit le tiers des municipalités. Quatre de ces conseils se trouvent dans la MRC de Rivière-du-Loup (Cacouna, L’Isle-Verte, Notre-Dame-du- Portage, Saint-Paul-de-la-Croix). On en trouve également quatre dans la MRC de Kamouraska (Sainte-Anne-de-La-Pocatière, Mont-Carmel, Saint-Alexandre-de-Kamouraska, Saint-André et Saint-Germain), quatre dans le Témiscouata (Rivière-Bleue, Saint-Louis-du-Ha ! Ha !, Témiscouata-sur- le-Lac et Saint-Marc-du-Lac-Long) et trois dans Les Basques (Saint-Mathieu-de-Rioux, Trois-Pistoles et Saint-Jean-de-Dieu). Il n’y a que deux villes centres paritaires au BSL : Témiscouata-sur-le-Lac et Trois-Pistoles. À l’opposé, 13 municipalités n’ont élu aucune femme (11,4 %)… Dans la MRC de Rivière-du-Loup, ce sont deux municipalités (Saint-Antonin et Saint-Arsène), deux également dans la MRC de Kamouraska (Kamouraska et Saint-Philippe-de-Néri), trois dans MRC des Basques (Notre-Damedes- Neiges, Sainte-Françoise et Saint-Médard) et deux dans la MRC de Témiscouata (Saint-Michel-du- Squatec et Biencourt).

 

Le Bas-St-Laurent en constante progression

Bonne nouvelle ! Depuis 2005, le Bas-Saint-Laurent connaît une augmentation du nombre de conseillères élues sur son territoire ! Les billets dans le dossier présente l’évolution du nombre de femmes élues de 2005 à 2017.

 

dec05

 

Ginette Caron, mairesse de l’Isle-Verte

Beaucoup de femmes au Québec ont accédé à des postes de mairesse lors des élections du 5 novembre dernier. À quoi cela est-il dû selon vous?

On entend beaucoup parler des femmes au poste de mairesse depuis les élections du 5 novembre dernier, mais c’est une augmentation de 2,5% pour un total de 34,5%, donc petit train va loin. Selon moi, les femmes ont décidé de prendre leur place en politique et je crois que ce n’est qu’un début. Je jasais dernièrement avec des femmes de 30-40 ans très occupées par la famille et la carrière et j’étais agréablement surprise d’entendre que la politique fait partie de leur prochain projet d’implication sociale.

 

Croyez-vous que cela pourrait influencer la gestion municipale québécoise?

Oui, certainement, je crois que, comme dans tous les domaines, l’implication de la femme est un incontournable et amène une approche complémentaire à celle des hommes.

 

Pensez-vous que le fait d’être un homme ou une femme puisse orienter ou influencer les actions d’une personne au poste de maire?

Au-delà d’être un homme ou une femme, c’est d’avoir du leadership, d’être rassembleur et surtout d’être à l’écoute de son équipe et des citoyens. C’est certain que le modèle de dirigeant/dirigeante autoritaire n’est plus du tout populaire!

 

Avez-vous un modèle féminin qui vous inspire?

Mon modèle féminin est Madame Suzanne Roy, mairesse de Sainte-Julie.

 

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Sylvain Dionne

Quel apport à la société aura l’augmentation de la présence féminine en politique municipale?

C’est une question délicate et qui mérite réflexion. Quand on me parle de la parité à atteindre simplement pour le principe de la parité, je n’y crois pas. Ce que je crois, par contre, c’est que la présence accrue des femmes en politique municipale, comme ailleurs, est susceptible de nous faire sortir du schéma traditionnel de la stricte vision économique. J’y vois une ouverture favorable à une considération plus holistique de la vitalité des milieux municipaux. Il y a des préoccupations économiques dont il faut tenir compte, certes, mais une municipalité en santé et prospère, c’est plus que ça. Et je crois que les femmes ont une sensibilité plus grande à l’égard des facteurs qui dynamisent une collectivité : conciliation études-travail-famille, environnement, tissu social et communautaire, animation des quartiers, ouverture à la différence… Mais bon, comme personne n’est parfait, vous trouverez aussi de mauvais exemples en matière de gestion municipale tant chez les femmes que chez les hommes. Et il y a aussi un dernier aspect à considérer : ces femmes, malgré toutes leurs qualités et compétences, à quel type d’influences ou de pressions seront-elles soumises en cours de mandat ? Cela peut aussi avoir des incidences qu’on ne soupçonne pas sur leurs décisions et leurs façons de faire malgré toute leur bonne volonté.

 

dec07

 

Fabien Chevaucher

« On remarque une nette augmentation du nombre de femmes impliquées dans des conseils municipaux ces dernières années, aussi bien en tant que conseillère qu’en tant que mairesse. C’est une bonne chose ! Il faut encourager les initiatives permettant une meilleure représentation des citoyens. »

 

dec08

 

Maryse Rancourt, membre du Conseil d’Administration Femmessor Québec

Je suis très heureuse de constater que les femmes voient davatange qu’elles ont leur place en politique municipale et qu’elles peuvent contribuer à une meilleure gestion de leur municipalité. Elles souhaites que celle-ci soit plus proche de ses citoyens, de ce qu’ils souhaitent pour leur municipalité. Je pense aussi qu’un équilibre hommes-femmes serait salutaire dans tous les conseils municipaux et conseils d’administration, car c’est bien connu que les hommes et les femmes pensent et gèrent différemment.

 

dec09

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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