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Ceux qui se cachent dans leur grange

texte Simon Croz | photo Alambik Films

 

Nous avons tous des secrets, des trésors cachés, des histoires qu’on ne raconte pas, ou si peu… ou seulement à ceux qui savent écouter. Et les écouter, c’est se voir offrir un voyage dans le temps et l’espace, à travers le Québec, le Canada, les États-Unis, la vieille Europe… C’est partager l’histoire d’un voyageur des années 1940, d’un enfant des années 1950, d’un draveur des années 1960. Nous sommes allés écouter ce qu’ils avaient à dire, voir ce qu’ils voulaient nous montrer. Et à travers les objets qu’ils remisent dans leur grange ou leur grenier, nous avons écouté leurs souvenirs… Et j’ai tant appris. Laissez-moi vous parler de nos ramasseux et de ce qui se cache dans leur grange.

 

 

Tout a commencé lors de la visite d’une grange qui débordait d’objets et de la rencontre de son propriétaire. Il n’en fallait pas plus pour piquer ma curiosité. À moi de poser les questions, à lui de répondre, et la machine à histoires était lancée. De là est née une idée, un concept d’émission que j’ai proposé à MAtv Bas-Saint-Laurent, dans le cadre des projets citoyens. L’accueil a immédiatement été positif. La production a été prise en charge par Alambik Films, le financement provient de MAtv et d’une contribution financière et matérielle de l’École des métiers du cinéma et de la vidéo (ÉMCV). Nous avions le champ libre pour constituer notre équipe, recruter notre animatrice et, surtout, partir sur les routes du KRTB à la recherche de ramasseux. Nous avons donc décroché nos téléphones, lancé des bouteilles à la mer sur les réseaux sociaux pour trouver des hommes et des femmes, des ramasseux et des ramasseuses. Le plus souvent dans la soixantaine et plus, ils entreposent et remisent dans leur grange, dans leur garage, des objets qui n’attendent qu’à être dépoussiérés, tout comme les histoires qu’ils racontent, parfois après des décennies d’entreposage.

 

 

À la réalisation, l’équipe d’Alambik Films, assistée pour chaque tournage d’un étudiant de l’ÉMCV et à l’animation, Laura Lardeux, une étudiante de l’ÉMCV. Commencent alors, au printemps 2018, huit journées de tournage, avec huit ramasseux (les rares ramasseuses ayant malheureusement annulé leur participation). Afin de compléter l’équipe, nous avons intégré Charles-Omier Roy, un monteur vidéo lui aussi issu de l’ÉMCV, qui a travaillé tout l’été au montage des huit émissions. Une jeune équipe réunie en l’espace de quelques mois pour réaliser un projet qui me tenait à coeur : approfondir la grande Histoire du Québec à travers les petites histoires des habitants du KRTB. En regardant Les Ramasseux, ce sont les histoires de Pierre, Adélard, Roger, Yvan, Patrick, Claude, Rémi et Jacques que vous découvrirez et, à travers elles, notre patrimoine et nos racines, qu’elles soient canadiennes, québécoises, françaises ou autochtones. C’est aussi une réflexion sur notre mode de vie actuel, sur un système qui repose sur la consommation d’objets qui, bien souvent, ne sont plus porteurs d’histoire, mais de statut social. Dans 50 ans, quelles histoires raconteront nos iPhone fabriqués en Chine ? Nos voitures coréennes ? Nos ustensiles de cuisine en plastique ? En attendant, laissez-vous accompagner par Laura et découvrez Les Ramasseux sur MAtv ou en suivant Alambik Films sur Facebook.

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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